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Les nègres vous emmerdent !

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Les "nègres" vous emmerdent !

par Claude Ribbe


  

Le 30 mars 2016, quelques jours après le lancement d’une campagne invitant les Français à s’unir contre le racisme, quelques jours aussi  après la diffusion d’images choquantes montrant un jeune lycéen  roué de coups par la police, parce que sa couleur de peau, peut-être, équivalait à une autorisation de frapper, Laurence Rossignol, une ministre de la République, comparait  le port du voile par les femmes musulmanes qui font librement ce choix aux « nègres qui étaient pour l’esclavage ».  

Tandis que la ministre, croyant se rattraper, évoquait par la suite une prétendue « faute de langage », certains s’empressaient de parler de «dérapage».

« Il y avait des nègres afric… Des nègres américains qui étaient pour l’esclavage ! » : tels sont les propos de Laurence Rossignol, tenus en direct sur RMC, l’une des radios les plus écoutées de France.

Si le mot «nègre» a parfois été utilisé par des Afro-descendants, c’était pour dénoncer l’esclavage et le racisme qui en fut le ciment. Mais à celui qui le traitait de nègre, Césaire répondait aussitôt : « Le nègre vous emmerde ! »

Quels sont donc ces « nègres  afric…», pardon, ces « nègres  américains » qui étaient « pour l’esclavage » ? Nat Turner ? Harriet Tubman ? Frederick Douglass ? Henry Bibb ? Solomon Northup ? Toussaint Louverture ? Louis Delgrès ? Solitude ? Flore Gaillard ?

À quelques semaines de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, qu’une loi votée en 2001 déclare crime contre l’humanité, la déclaration de cette ministre et l’absence de réactions officielles immédiates conduisent, hélas, à se poser des questions.

En 2012, les descendants de ces « nègres » dont certains auraient, selon la ministre, été favorables à leur propre déshumanisation, à leur propre martyre, à leur propre génocide, ont majoritairement porté François Hollande à la présidence de la République, espérant que le nouveau quinquennat permettrait de contribuer à éradiquer le racisme, à donner plus de sens au mot « fraternité », espérant que les promesses électorales - suppression immédiate du mot « race » de la constitution, création d’un centre de mémoire pour les descendants d’esclaves - seraient honorées.

Beaucoup se sont interrogés durant ce quinquennat. Et pas seulement lorsque François Hollande l’inaugurait en déposant une gerbe pour honorer Jules Ferry, l’homme qui déclarait à la chambre des députés :  "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.  Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. »

Le 10 mai 2015, Manuel  Valls s’est publiquement déclaré favorable à l’ouverture d’un centre Dumas à Paris, dans les locaux vacants de l’hôtel Gaillard, place du général-Catroux (17e), là où, tous les ans, l’esclavage est dignement commémoré. Pas une cabane bambou, ni un centre commercial. Non, un lieu de culture, de mémoire et d’histoire pour combattre l’ignorance et le déni. Un endroit qui empêcherait les ministres de faire des « fautes de langage ».

Manuel Valls  a prôné un dialogue avec la banque de France, propriétaire des lieux. La banque de France, institution portée sur les fonts baptismaux de l’esclavage en 1800 par une poignée de négriers.

Certains se sont étonnés que le nouveau gouverneur de la banque de France, nommé par le Président de la République, après s’être déclaré incompétent, ait déclaré que la banque de France n’avait rien à voir avec l’esclavage et que l’hôtel Gaillard, grâce à des fonds publics, serait affecté à un musée à la gloire de la finance, destiné aux élèves collèges et des lycées, dirigé par le frère de M. Strauss-Kahn.

Glorification de la finance, accusations portées contre les « nègres » d’avoir été « pour l’esclavage » : est-ce donc là le bilan de ces quatre années où, de manière rituelle, le président de la République, presque tous les 10 mai, derrière les grilles closes du jardin du Luxembourg, semblait pourtant considérer que l’esclavage fut un crime et que les victimes ne doivent pas être confondues avec les bourreaux ?

Laurence Rossignol a parlé de « faute de langage ». Plus qu’une faute, les propos qu’elle a tenus sont peut-être une erreur, une très grave erreur politique.
 

Allocution de Claude Ribbe le 10 mai 2015, Paris, place du général-Catroux

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Pour la 10e année consécutive, le 10 mai est une date nationale incontournable.

Pour la 6e année consécutive, la manifestation parisienne de la place du général-Catroux est  un temps fort de cette journée. 

Pour la seconde année consécutive, en l’honneur du général Dumas, la commémoration commence à Villers-Cotterêts.

Mais à quoi bon commémorer l’esclavage, la traite et leurs abolitions ? 

Tous les ans, nous entendons ceux qui sont dérangés par cette journée nous dire que le 10 mai, il faut commémorer l’esclavage en général, qu’il ait eu lieu dans le passé ou qu’il se déroule dans le présent, et non pas l’esclavage spécifique  que pratiqua l’Europe contre l’Afrique, du 15e au 19e siècle.

Tous les ans, nous entendons ceux qui sont dérangés par cette journée nous dire que l’esclavage organisé par l’Europe contre l’Afrique ne serait rien par rapport à l’esclavage que les Africains auraient perpétré les uns contre les autres, rien par rapport à l’esclavage que les musulmans auraient imposé aux Africains. 

Tous les ans, nous entendons ceux qui sont dérangés par cette journée nous répéter qu’il faut prendre du recul, que cela n’était pas si grave, que l’Europe n’est pas coupable, qu’il y aurait eu à l’époque un consensus favorable à l’esclavage, comme on nous dirait qu’aujourd’hui  le consensus est favorable au racisme.

Ce discours remonte au 17e siècle. Dès le 17e siècle, on tentait de justifier la mise en esclavage d’êtres humains par le fait que ces êtres humains auraient déjà été en esclavage, par le fait que ce n’étaient pas tout à fait des êtres humains, que leur couleur en était bien la preuve. 

L’esclavage et la traite que nous commémorons tous les 10 mai, de manière tout à fait officielle puisque c’est la loi française qui nous y invite, ce sont l’esclavage et la traite qui ont été organisés  de manière tout aussi officielle par les plus grands pays d’Europe pour développer leurs colonies et faire prospérer leurs trésors publics.

Ce sont ces États européens qui étaient esclavagistes et qui, de manière institutionnelle, parce que cela leur était profitable, ont mis en œuvre ce qui est aujourd’hui officiellement reconnu - au moins en France - comme un crime contre l’humanité, c’est-à-dire un crime imprescriptible. 

L’esclavage et la traite que nous commémorons tous les 10 mai, c’est l’esclavage et la traite d’État fondés sur une idéologie raciste et négrophobe. Insistons bien sur ce mot. S’il n’apparaît  qu’en 1927, dans la revue Le cri des nègres de Lamine Senghor,  la chose, elle, est manifestement survenue au moment où l’esclavage encouragé, codifié, subventionné par l’Europe à commencé.

L’esclavage d’État européen n’aurait pas été possible si le racisme et la négrophobie institutionnalisés ne l’avaient soutenu. 

Jamais, dans l’histoire de l’humanité, des textes ayant une portée juridique n’avaient dénié à l’esclave son humanité, du fait de sa couleur.  Jamais !

Ceux qui tentent, parfois sous l’alibi de la recherche scientifique financée par l’État, de justifier des pratiques ou des textes, criminels, ignobles, qui les encadrèrent, devraient être traités comme ceux qui font l’apologie des crimes contre l’humanité.

Mais il ne suffit pas de se rassembler une fois par an pour commémorer. 

Si la traite, puis l’esclavage d’État, ont été abolis, par la révolte des victimes d’abord, par le fait qu’ils n’étaient plus rentables ensuite, le racisme et la négrophobie, qui étaient le ciment de ce système, sont dans une phase  de progression incontrôlée.

Les raisons sont connues. 

D’abord l’absence totale de politiques d’éducation et de culture pour combattre ce fléau, tout simplement parce que le racisme et la négrophobie restent le ciment des politiques paternalistes, pour ne pas dire colonialistes en Afrique.

Et peut-être même aussi dans la Caraïbe.

N’est-ce pas pourtant à l’éducation nationale d’enseigner les fondamentaux ? 

Est-il possible qu’on puisse sortir de l’école au 21e siècle en ignorant ce qui fait que l’homme est un homme, en ignorant que les êtres humains sont des frères et des soeurs, quels que soient leur apparence, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur religion, leur culture, leur langue, et même les vêtements qu’ils portent ?

Est-il possible qu’on puisse sortir de l’école au 21e siècle en ignorant que les Européens sont les descendants d’Africains qui se sont dépigmentés voici 100 000 ans en quittant leur terre pour explorer les froides contrées du nord ? 

Est-il possible qu’on puisse sortir de l’école au 21e siècle en ignorant que la France, entre 1650 et 1850, a déporté 1 250 000 Africains pour les mettre en esclavage, principalement aux Antilles, avec une espérance de vie ne dépassant guère dix ans, et que ce crime a causé, en Afrique, rien que pour la part française, 6 millions de morts. Peut-être davantage.

Même s’il y aura toujours des gens pour dire que ces 6 millions d’Africains tués sur place pour en tuer 1250000 autres au travail après déportation dans les colonies, ce ne fut pas un génocide, même s’il y aura toujours des gens pour dire que le code noir était un texte libérateur, il faut que l’éducation nationale assume sa mission en donnant aux enfants un minimum de moyens pour ne pas succomber au racisme et à la négrophobie. Tel n’est pas le cas aujourd’hui. 

La faute ne revient pas qu’à l’éducation nationale. La radio, la télévision, et en particulier la télévision publique, ne font pas non plus beaucoup d’efforts pour lutter contre le racisme et la négrophobie. Il suffit d’écouter, de regarder, pour entendre et pour voir. Le racisme et la négrophobie sont certainement rentables pour faire de l’audience. Mais rentables, à quel prix ?

L’expansion du racisme et de la négrophobie françaises sont d’autant plus difficiles à endiguer qu’ils sont institutionnels. Le système politique, économique, culturel et social français, est fondé subrepticement sur l’idée que le pouvoir revient de droit à ceux dont le phénotype est européen, mâles de préférence. 

Ce sont les mêmes principes qui ont permis au système esclavagiste français de durer trois siècles, et au système colonial français de prendre ensuite le relais.

D’aucuns disent que le temps est aujourd’hui  venu, si crime il y a eu, de le réparer d’une manière générale, comme on a réparé en 1849, avec une dotation d’un équivalent de 4 milliards d’euros, la perte des esclaves dont se plaignaient les négriers, comme on a réparé, en 1825, en imposant par la force aux Haïtiens le versement d’une indemnité de 21 milliards, la perte de cette colonie esclavagiste qui faisait vivre un Français sur cinq. 

Ce n’est peut-être pas le moment de prendre position dans ce débat d’un point de vue général.

Mais d’un point de vue particulier, il faudrait que l’État prenne au moins ses responsabilités en facilitant l’ouverture prochaine, place du général-Catroux, dans les locaux de l’hôtel Gaillard, propriété de la banque de France (une entreprise respectable dont les origines le sont beaucoup moins, puisque liées à l’esclavage) d’un centre Dumas qui ne sera pas seulement une cité de l’outre mer français, au sens ou l’actuel président de la République l’a promis, mais plus largement un lieu de culture, d’éducation et de mémoire qui puisse sinon réparer, du moins rattraper 380 années de négrophobie entretenue ou au mieux tolérée par notre nation. 

La figure héroïque du général Dumas émerge parmi les grandes figures exemplaires issues de la traite et de l’esclavage, parce qu’il incarnait, plus que quiconque, les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont celles qu’affiche, plus qu’elle ne les défend vraiment, hélas, la France d’aujourd’hui.

Ce nom de Dumas qu’il s’était donné a ensuite été illustré avec éclat par deux générations d’écrivains mondialement connus. 

Au moment où le président de la République française se rend en Haïti, le pays d’où les Dumas sont originaires, le pays aussi que la France a dévasté - par l’esclavage, par une rançon indigne et plus récemment encore en appuyant un coup d’État pour qu’on ne reparle là-bas ni de l’esclavage ni de la rançon -la prise de décision donnant le jour à ce centre Dumas, que la ville de Paris a par ailleurs appelé de ses vœux en octobre 2014, de fait à l’unanimité, semble, plus qu’une nécessité, une issue inévitable. Et le plus tôt serait le mieux.

 

 

L'Association des Amis du général Dumas

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L’association des Amis du général Dumas a été officiellement créée à l’initiative et sous la présidence de l’écrivain et cinéaste Claude Ribbe le 26 février 2006, à l’occasion du 200e anniversaire de la mort du général Dumas, pour relayer et soutenir le travail engagé par Claude Ribbe, à titre individuel depuis 2002 afin de faire émerger la figure du général Dumas dans l’histoire de France.

En 2002, Claude Ribbe avait publié un premier ouvrage sur le général Dumas et était intervenu auprès de la ville de Paris pour que le monument érigé en 1913 place du général-Catroux, détruit par les collaborateurs en 1943, soit réinstallé.

Ce monument formait un triangle avec ceux érigés en mémoire d’Alexandre Dumas, fils du général et de son petit-fils, Alexandre Dumas fils.

Claude Ribbe était intervenu officiellement au Sénat en prononçant une allocution à la mémoire du général Dumas, devant le cercueil de son fils, juste avant son entrée au Panthéon.

L’association a été déclarée au journal officiel de la République française du 5 août 2006 avec le but principal suivant:

« Faire connaître la vie du général Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie dit Alexandre Dumas (1762-1806), figure emblématique issue de l’esclavage, général républicain originaire d’Afrique par sa mère, né esclave à Saint-Domingue (République d’Haïti), mort libre à Villers-Cottterêts (Aisne) ; honorer et défendre sa mémoire, au regard notamment de ses origines africaines et de la condition d’esclave qui fut la sienne dans sa jeunesse, honorer et défendre la mémoire de sa famille : ascendants, descendants ou collatéraux.»

La première action de l’association a été de faire installer à Villers-Cotterêts le 26 février 2006, à l’occasion du bicentenaire de la mort du général Dumas, une plaque commémorative sur la façade de la maison où il est mort de chagrin, victime de la haine raciste de Napoléon le 26 février 1806, laissant une veuve sans ressources et un orphelin de trois ans qui devait reprendre le pseudonyme de son père - Alexandre Dumas - puis devenir l’écrivain français le plus lu dans le monde.

Le président Chirac ayant fixé en janvier 2006 au 10 mai la date nationale de commémoration de l’esclavage, la plaque apposée à l’initiative de l’association des amis du général Dumas a été désignée, conformément à la loi de 2001 sur l’esclavage et à son décret d’application, par le préfet de l’Aisne - en accord avec la municipalité de Villers-Cotterêts – comme le lieu de mémoire du département de l’Aisne pour la commémoration annuelle de l’esclavage.

Cette commémoration a été célébrée tous les ans à partir du 10 mai 2006 devant la plaque du 41 de la rue du général-Mangin en présence du préfet et de la municipalité.

La nouvelle municipalité (PS) élue à Villers-Cotterêts en 2008 a maintenu et amplifié cette tradition qui a été préservée pendant 8 années consécutives.

Le nouveau maire, Franck Briffaut, élu sous l’étiquette du Front national en mars 2014, a déclaré au journal L’Express le 16 avril 2014 qu’il romprait avec cette tradition le 10 mai 2014.

En réaction, l’association des Amis du général Dumas, après avoir vivement condamné l'attitude du maire FN de Villers-Cotterêts, a taxant de racisme, a annoncé dans un communiqué du 24 avril 2014 que - vu la défection de la municipalité - elle prendrait en charge l’organisation de la commémoration traditionnelle de Villers-Cotterêts qui entre de toute évidence dans son objet.

La prise en charge de la commémoration de Villers-Cotterêts par l’association des amis du général-Dumas le 10 mai 2014 à 11 h.

L’association a appelé dès le 24 avril 2014 à se réunir à 11 h le 10 mai 2014 devant la plaque commémorative du général Dumas, 41 avenue du général-Mangin à Villers-Cotterêts.

Elle s’est déclarée, comme l’exigent la loi et la réglementation - trois jours francs à l’avance - responsable de la manifestation tant auprès de la municipalité de Villers-Cotterêts, que de la préfecture de l’Aisne qui n’a pas vu d’objection à cette manifestation.

De nombreuses associations, collectifs d’associations et personnalités, tant locales que nationales (CM98, Crefom, cifordom, LDH, Mrap, Licra, Sos racisme etc.) ont répondu à l’appel de l’association des Amis du général Dumas qui a ainsi pris en chargé la responsabilité et la coordination de la commémoration, pour en assurer le bon déroulement et attribuer équitablement les temps de parole aux associations et personnalités présentes tout en veillant à ce que les associations et personnalités locales – en particulier les originaires d’Outre-mer de Villers-Cotterêts - soient mises en valeur.

Le monument et la manifestation de la place du général-Catroux

Suite à la demande de Claude Ribbe, futur président de l’association des Amis du général Dumas, le conseil de Paris, en juin 2002, a voté à l’unanimité une résolution tendant à installer un monument, place du général-Catroux à Paris, en remplacement du monument vandalisé pendant l’Occupation nazie.

Ce monument au général Dumas, évoquant l’esclavage par d’immenses fers brisés réalisés par Driss Sans-Arcidet, a été inauguré le 9 avril 2009 par le maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, aux côtés de Claude Ribbe, président de l’association, et de nombreuses personnalités de la majorité et de l’opposition, dont Victorin Lurel et George Pau-Langevin, futurs ministres des Outre-mer.

Le 10 mai 2009, l’association des Amis du général Dumas a pris l’initiative d’organiser tous les 10 mai, en collaboration avec la ville de Paris et la mairie du 17e arrondissement, une cérémonie commémorant la journée nationale de l’esclavage. Cette initiative a été approuvée unanimement par le conseil de Paris. A partir du 10 mai 2009, la mairie de Paris, la mairie du 17e, et l’association des Amis du général Dumas, ont ainsi célébré la journée de l'esclavage devant un large public populaire.

Tous les ans depuis 2009, le gouverneur militaire de Paris a accordé à l’association des Amis du général Dumas un détachement comprenant une musique militaire chargée de rendre les honneurs au général Dumas et – à travers lui – aux esclaves et à leurs descendants.

Le combat pour l’attribution posthume de la Légion d’honneur au général Dumas

Depuis 2002, l’association des Amis du général Dumas se bat pour que la Légion d’honneur, créée par Napoléon Bonaparte le 19 mai 1802 - la veille du rétablissement de l’esclavage - soit décernée au général Dumas, soit à titre posthume (après modification de la réglementation en vigueur) soit de manière symbolique, le Président de la République, grand-maître de l’ordre national de la Légion d’honneur, déclarant solennellement que le général Dumas est membre de droit de cette institution depuis sa création.

Le général Dumas a en effet reçu en 1798, en récompense de sa bravoure, un sabre d’honneur de Bonaparte à Alexandrie (Égypte) ainsi qu’en atteste un document acquis par le musée de Villers-Cotterêts grâce à l’intervention de l’association des Amis du général Dumas.

L’attribution de ce sabre d’honneur ouvrait de droit au général-Dumas, à condition qu’il en fasse la demande, l’ordre de la Légion d’Honneur à sa création.

Il est prouvé que le général a fait cette demande par une lettre de Murat de 1806 qui assure le général de son intervention auprès de Napoléon. Cette lettre est également conservée au musée de Villers-Cotterêts.

Mais Napoléon - qui avait mis le général à la retraite d’office et pris des arrêtés racistes le concernant et lui interdisant en principe de résider à Villers-Cotterêts - a refusé de faire droit à la demande légitime du général Dumas qui est le seul officier général divisionnaire français depuis 1802 à avoir été privé de toute récompense.

Les présidents de la République Chirac et Sarkozy, saisis à maintes reprises par l’association du général Dumas au sujet de la Légion d’Honneur, ont catégoriquement refusé de faire droit à cette demande, pourtant appuyée par les élus PS et UMP de l’Aisne et soutenue par une pétition ayant recueilli plus de 6000 signatures.

Fin 2011, l’association du général Dumas a écrit à tous les candidats déclarés à la présidence de la République pour leur demander quelle serait leur attitude, une fois élus, quant à la mémoire du général Dumas et en particulier quant à son admission dans l’ordre de la légion d’Honneur.

L’association n’a reçu qu’une seule réponse écrite : celle de Jean-Louis Borloo, lequel a déclaré qu’il répondrait ultérieurement, après examen du dossier, ce qu’il n’a jamais fait.

Cependant, jeudi 2 février 2012 Marine Le Pen, lors d’une conférence de presse où l’avocat Gilbert Collart présentait le comité de soutien de la candidate, a annoncé que si elle était élue présidente de la République, elle décernerait la Légion d’honneur à titre posthume au général Dumas. L’information, confirmée à l'époque par les journalistes présents, n’a pas été relayée dans la presse qui la jugeait, à tort, négligeable. Le refus du maire FN de Villers-Cotterêts de rendre hommage au général-Dumas lui donne, rétrospectivement, un éclairage particulier et souligne les ambiguïtés de ce parti.

 

Les actions menées individuellement par Claude Ribbe en faveur du général Dumas

Depuis 2002, l’écrivain et cinéaste Claude Ribbe a consacré une bonne partie de son énergie au général-Dumas qui est au centre de son œuvre littéraire et cinématographique.

Deux ouvrages biographiques sont essentiellement consacrés au général Dumas, dont Le Diable noir (Alphée, 2008, épuisé). Cet ouvrage a été adapté par Claude Ribbe en docu-fiction de 52' coproduit par France télévisions sous le titre Le Diable noir (diffusion sur France 3 Paris Ile de France Centre en mai 2009 et sur France 2 en mai 2010) avec le comédien Stany Coppet dans le rôle du général Dumas. Le Diable noir est la seule oeuvre audiovisuelle jamais réalisée sur le général Dumas.

Claude Ribbe développe actuellement, avec le soutien de la région Picardie, Le général Dumas, un long métrage de fiction évoquant  la vie du général Dumas.

 

L’appel aux plus hautes autorités de a République française lancé par l’association des amis du général Dumas le 8 mai 2014

 

Le 8 mai 2014, l’association des Amis du général Dumas a lancé un appel aux plus hautes autorités de la République françaises - Président et Premier ministre - afin qu’elles réagissent à l’attitude du maire de Villers-Cotterêts en rendant officiellement hommage au général Dumas et annoncent des mesures concrètes pour sa réhabilitation, à l’occasion de la journée de commémoration nationale de l’esclavage du 10 mai 2014.

 

 

 

Esclavage : le Général Dumas, emblème du 10 mai 2014 Villers-Cotterêts-Paris

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L’association des amis du général Dumas et son président, l’écrivain et cinéaste Claude Ribbe, appellent pour le 10 mai 2014, journée nationale de l’esclavage et de ses abolitions, à se rassembler dignement autour de la figure emblématique du général Dumas :

- à 11 heures à Villers-Cotterêts (Aisne) 41 avenue du général-Mangin, devant la plaque en mémoire du général-Dumas, sans la présence du maire de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut (FN).

- et à 18 h, comme chaque année, place du général-Catroux, Paris 17e devant le monument au général Dumas (fers brisés) en présence de la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS).

Toutes les associations, toutes celles et tous ceux qui luttent contre le racisme et pour la mémoire de l’esclavage sont invités à soutenir cet appel, à le relayer le plus largement possible et à y répondre massivement.

Ce rassemblement républicain, à l’occasion du 10 mai 2014, salue la mémoire de plus d’1 million d’Africains déportés dans les colonies françaises, des 5 millions d’Africains qui sont morts au cours des opérations de déportation subventionnées par l’État français.

Ce rassemblement républicain salue et honore la mémoire des esclaves des ex-colonies françaises - Antilles, Guyane, Réunion - victimes de ce que la République a reconnu comme un crime contre l'humanité.

Ce rassemblement républicain salue leurs descendants- Antillais, Guyanais, Réunionnais - exposés tous les jours à un racisme plus virulent que jamais et au mépris de certains de leurs compatriotes.

Ce rassemblement salue les Haïtiens, compatriotes des Dumas, qui luttèrent pour leur liberté et donnèrent un sens universel à la déclaration des droits de l’homme.

Ce rassemblement salue l’Afrique, par laquelle l’humanité est entrée dans l’histoire, tous les Français originaires d’Afrique et tous les Africains de France.

Ce rassemblement, en ce centenaire de la guerre de 14, et en ce 70e anniversaire de la libération de la France, salue les dizaines de milliers de combattants d’Afrique ou originaires d’Afrique, issus de l’esclavage et de la colonisation, qui, sur le modèle du général Dumas, se sacrifièrent en 14-18, en 1940-1945 pour les valeurs inscrites au fronton des édifices publics de France, mais que la France semble avoir du mal à faire respecter : la liberté, l’égalité, la fraternité.

 

 

 

Ce rassemblement salue tous les sans-papiers qui aspirent, par leurs vertus et leurs talents, à voir leur situation régularisée et à devenir français.

Ce rassemblement salue toutes les femmes de France qui, à l’instar de Marie-Louise Dumas, épouse du général, ont réagi au racisme en donnant la vie et en combattant aux côtés de l’homme qu’elles ont choisi sans se préoccuper de sa couleur.

Ce rassemblement est une réponse au mépris d’une bonne partie de la classe politique française qui ne voit dans la mémoire de l’esclavage qu’une aubaine électorale, qui ose comparer l’esclavage raciste et déshumanisant, codifié, subventionné par l’État, à d’autres formes d’esclavage, qui refuse ou n'ose pas retirer de la Constitution l’ignoble mot de race, qui a honte de rappeler que Louis XIV officialisa l’esclavage en France et que Napoléon le rétablit; une bonne partie de la classe politique qui se complaît à maintenir en place - coûte que coûte, quitte à déclencher une nouvelle Révolution - un système politique, économique, social et culturel archaïque, fondé à tous points de vue sur une prétendue aristocratie de la couleur de l’épiderme.

Ce rassemblement, enfin, est la seule réponse possible au maire Front national de Villers-Cotterêts, Franck Briffaut, dont le refus de commémorer l’esclavage et son abolition et l’affront fait à la mémoire des Dumas, sont une tache qui éclabousse le parti dont il se réclame et qui ne l’a pas désavoué.

La commémoration de l’abolition de l’esclavage tous les 10 mai devant la plaque à la mémoire du général Dumas apposée pour le bicentenaire de sa mort par l’association des amis du général Dumas est depuis 2006 une tradition dans le département de l’Aisne.

Cette tradition, plus que jamais, doit être préservée.

Né esclave à Saint-Domingue, arrivé en France sans papiers, Thomas-Alexandre s’engagea dans la cavalerie sous le pseudonyme d’Alexandre Dumas et fut accueilli à bras ouverts par la population de Villers-Cotterêts en 1789. Devenu général d’Armée, ayant épousé une fille de Villers-Cotterêts, l’héroïque Dumas sauva la République française en 1793-1795.

 

 

 

 

Refusant les guerres coloniales en Égypte (1799) et le rétablissement de l’esclavage à Saint-Domingue, cet homme d’honneur, modèle de patriotisme, mourut de chagrin à Villers-Cotterets, victime de la haine raciste de Napoléon, laissant une veuve sans ressources et un orphelin de 3 ans qui devait devenir l’écrivain français le plus lu dans le monde sous ce nom d’Alexandre Dumas qu’il avait repris avec fierté.

Le général Dumas, ardent républicain, homme respectueux qui démissionna de son poste de commandant de l’armée de l’Ouest pour épargner la Vendée, est l’une des plus belles figures de l’histoire de France. Une France qui lui refuse depuis 1802 l’ordre de la Légion d’honneur dans lequel il aurait été admis de droit si sa peau avait été plus claire.

Il est de notre devoir de placer le 10 mai 2014 sous l'emblème du général Dumas en répondant à cet appel et en étant présents à ces deux rendez-vous.

Pour l’Association des Amis du général Dumas,

Claude Ribbe, président,

 

contact :

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1. cérémonie du 10 mai à 11 h (02600 Villers-Cotterêts, 41 rue du général-Mangin)

pour se rendre à Villers-Cotterêts en train le 10 mai depuis Paris gare du Nord :

08 h 13 (arrivée Villers-Cotterêts à 09 h 16)

09 h 46 (arrivée Villers-Cotterêts à 10 h 35)

accès manifestation 2 minutes à pied depuis la gare.

le plan d’accès à Villers-Cotterêts

 

2. cérémonie du 10 mai à 18 h (Paris, place du général-Catroux 75017)

accès RATP métro Malesherbes ligne 3 et Bus 94

le plan d'accès place du général-Catroux Paris 17e
en savoir plus sur le général Dumas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de l’association des amis du général Dumas, présidée par Claude Ribbe, écrivain et réalisateur, à propos du refus de M. Franck Briffaut, maire FN de Villers-Cotterêts (Aisne), patrie du général Dumas et d’Alexandre Dumas, issus de l’esclavage,

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Le maire de Villers-Cotterêts, M. Franck Briffaut (Front National) a déclaré le 17 avril 2014 dans une vidéo publiée sur le site du journal  L’Express qu’il refuse de célébrer dans sa commune la journée nationale d’abolition de l’esclavage le 10 mai 2014.

Cette journée résulte des dispositions de la loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité et qui prévoit qu’ « en France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée par le Gouvernement après la consultation la plus large. »

Le décret n°2006-388 du 31 mars 2006, pris en application de cette loi, dispose qu’ « en France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée au 10 mai», que « chaque année, à cette date, une cérémonie est organisée à Paris » et qu’ « une cérémonie analogue est organisée dans chaque département métropolitain à l'initiative du préfet ainsi que dans les lieux de mémoire de la traite et de l'esclavage ».

 Villers-Cotterêts est principalement connue pour être la patrie des Dumas et en particulier du général Dumas, né esclave à Saint-Domingue (aujourd’hui République d’Haïti), glorieux soldat de la Révolution, victime en son temps de la haine raciste.

En 1789, le futur général Dumas, simple dragon et « homme de couleur »  fut accueilli chaleureusement par la population de Villers-Cotterêts et épousa une fille du pays. C’est à Villers-Cotterêts que naquit sont fils, Alexandre Dumas, afro-descendant, fils et petit fils d’esclaves antillais, écrivain français talentueux, populaire et mondialement connu.

L’Association des Amis du général Dumas est à l’origine de  l’installation, en décembre 2006, à Villers-Cotterêts, d’une plaque commémorant le bicentenaire de la mort du général Dumas, qui repose auprès de sa femme dans le cimetière communal.

Cette plaque a été apposée sur l’ancien hôtel de l’Epée où est mort le général.

Depuis le 10 mai 2007, c’est devant cette plaque que le préfet de l’Aisne et la municipalité de Villers-Cotterêts, commémorent, tous les 10 mai, la journée de l’esclavage et de son abolition.

La manifestation, célébrée en présence des enfants des écoles,  a toujours rassemblé la population, au-delà de toutes les opinions.

La plaque indique clairement que le général Dumas, né esclave, est mort libre à Villers-Cotterêts.

De ce fait, Villers-Cotterêts est manifestement un lieu de mémoire de l’esclavage et un site emblématique du refus du préjugé de couleur.

L’association des Amis du général Dumas ne peut dès lors que condamner fermement les déclarations du maire de Villers-Cotterêts qu’elle juge extrêmement choquantes et dont elle déplore la connotation raciste.

Elle rappelle qu’il appartient au préfet du département de l’Aisne de fixer le lieu de commémoration départemental  de la journée du 10 mai.

Sachant que la cérémonie a toujours eu lieu à Villers-Cotterêts - lieu de mémoire de l’esclavage - depuis 2007, l’association considère qu’il appartient au préfet de prendre toutes dispositions pour assurer, en vertu de la loi et de son décret d’application, la continuité de la cérémonie, nonobstant les préjugés de M. Franck Briffaut.

En refusant une commémoration qui s’est déroulée harmonieusement durant 6 années consécutives, M. Briffaut, bien au-delà d’une prise de position qu’il présente comme le refus d’une supposée «culpabilisation», s‘en prend à la mémoire du général Dumas et de son fils, figures majeures de Villers-Cotterêts depuis 1789.

Il fait en outre offense  à tous les descendants d’esclaves, notamment  français, qui sont encore en butte à un racisme particulièrement virulent en 2014.

Beaucoup de ces descendants d’esclaves furent des soldats qui, lors de deux guerres mondiales, versèrent leur sang – à l’instar du général Dumas de 1792 à 1799 – pour défendre la France et particulièrement la région de Villers-Cotterêts.

Africains et tirailleurs sénégalais - notamment au chemin des Dames le 16 avril 1917 où 1400 Africains tombèrent en une seule journée - ont défendu la terre de France.

Des aviateurs afro-américains et antillais, descendants d’esclaves, comme Eugene Bullard, Pierre Réjon ou Guibert Jean-Marie luttèrent pour que le ciel de l’Aisne ne soit pas envahi et pour protéger des bombardements les communes de Picardie, particulièrement Villers-Cotterêts.

Le lieutenant Guibert Jean-Marie, descendant d’esclaves martiniquais, trouva une mort glorieuse le 2 septembre 1918  à Chavigny, près de Soissons, après un combat désespéré à un contre dix, pour défendre le ciel de Villers-Cotterêts, au nom des mêmes valeurs que celles qui animaient le général Dumas.

Nombreux sont les  descendants d’esclaves aujourd’hui  encore engagés sous le drapeau français, et qui exposent chaque jour bravement leur vie au service de la Nation.

L’attitude honteuse et  insidieusement raciste du maire de Villers-Cotterêts, qui s’en prend  à une Afrique et à des « Barbaresques » qui seraient encore esclavagistes, est de nature à encourager la haine en France.

L’Association des amis du général Dumas invite à réagir contre l’attitude du maire de Villers-Cotterets en participant au rassemblement traditionnel qu’elle organise en mémoire de l’esclavage et du général Dumas  le 10 mai 2014 à 18 heures, place du général Catroux à Paris (17e), devant le monument au général Dumas qui évoque, par des chaînes brisées, ce moment fraternel unissant  les Français de l’Hexagone contre le racisme, cette abolition de l’esclavage que M. Franck Briffaut refuse de commémorer.

Anne Hidalgo, maire de Paris,  invitée par l’association des Amis du général Dumas, a déclaré qu’elle assisterait à cette manifestation, à l’instar de diverses personnalités.

Claude Ribbe

écrivain et réalisateur, président de l’association des Amis du général-Dumas

L’association des Amis du général Dumas et son président, l’écrivain Claude Ribbe - nonobstant le refus tonitruant du nouveau maire FN de Villers-Cotterêts de commémorer l’abolition de l’esclavage  - appellent les Cottereziens, les Axonais et tous ceux qui refusent le racisme, la xénophobie et la haine, à se rassembler à 11 heures à Villers-Cotterêts  le 10 mai 2014 devant la plaque à la mémoire du général Dumas pour commémorer l’abolition de l’esclavage.

 

 



 


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