L'édito de Claude Ribbe
Appel pour la formation d’un Conseil représentatif
des Antillais et Africains de France
On me demande souvent pourquoi je dénonce le Cran.
C’est très simple : le Cran a été formé dans l’urgence
et en catimini par un quarteron de petits arrivistes
d’origine africaine qui ont cru pourvoir manipuler,
dans la foulée de la crise des banlieues et de la campagne
anti-Dieudonné, les Antillais et les Africains de France.
Avec une incroyable naïveté, ils pensaient se poser
en interlocuteurs uniques face à un gouvernement déboussolé
par la crise, empêtré dans des préjugés racistes et
incapable de gérer la loi Taubira. Avec le soutien de
quelques journalistes incultes et d’un cabinet de communication
bien connu sur la place de Paris, l’affaire a marché
quelques temps. Mais le gouvernement a vite compris
qu’il se tirait une balle dans le pied en faisant le
jeu de l’extrême-droite. En effet, en se servant du
préjugé racial et du communautarisme comme d’un slogan,
la propagande faite autour du Cran a fait progresser
Jean-Marie Le Pen de plusieurs points. Le Cran a finalement
explosé lorsque l’exploitation honteuse et rémunératrice
que Patrick Lozès entendait faire de la mémoire de l’esclavage
a été révélée. Comment a-t-on imaginé que le Cran puisse
prospérer alors qu’il a été imaginé par un Pap Ndiaye,
larbin de Pétré-Grenouilleau, l’historien ignorant et
menteur qui accuse les Africains d’être responsables
de l’esclavage, alors qu’il a été tenu sur les fonts
baptismaux par un Pocrain qui a frayé avec les illuminés
racistes de la tribu Ka, par un Lozès fils de ministre
béninois prosterné devant le pouvoir ?
Quelques agités m’accusent de m’en prendre aux Africains.
Je ne m’en suis jamais pris qu’aux Africains racistes
et communautaristes, aux demi-solde de la Françafrique,
aux lèche-bottes, aux béni-oui-oui, aux défenseurs de
Napoléon et de l’idéologie révisionniste.
Les vrais Africains – et ils n’étaient pas nombreux
– étaient à mes côtés à Port-au-Prince le 1er janvier
2004 pour célébrer le bicentenaire d’Haïti. Non, nous
n’étions pas nombreux, mais parmi nous, il y avait Thabo
Mbeki, l’homme qui protège mon ami Jean-Bertrand Aristide
au nom des 53 pays de l’Union africaine. Je n’ai donc
pas de leçons à recevoir des petits auxiliaires coloniaux
à la solde de l’énarchie franchouillarde Béké-Banania.
Puisque le Cran est mort, je propose donc aujourd’hui
à tous les Français antiracistes originaires des Antilles
ou d’Afrique de se rassembler non pas en fonction du
critère absurde et ségrégationniste de la couleur de
peau mais en fonction de leurs origines et de leurs
problèmes spécifiques en formant, dans un esprit de
transparence et de respect des autres, un Conseil représentatif
des Antillais et Africains de France.
Claude Ribbe
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