le Blog de Claude Ribbe

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lundi 7 mai 2012

Le changement c’est maintenant ? Alors tournons la page des années Napoléon !

L’élection de François Hollande ne marque pas seulement le terme d’un quinquennat.



C’est le tournant d’une décennie. Que dis-je ! C’est la fin de dix-sept ans de scandale. Que dis-je ! C’est la borne que nous plantons après tant de siècles pour dire que ça suffit.



Pour ma part, sans jamais désespérer, mais avec de la tristesse parfois, je me suis suffisamment exprimé, toutes ces années au cours desquelles j’ai mené une lutte constante d’homme libre, sur ce système qui consistait à attiser les divisions à travers la promotion de tant d’imposteurs et de faux nez, plus inutiles, plus médiocres, plus vils les uns que les autres.



Ils ne traduisaient que l’expression du racisme exacerbé et du mépris colonial que les décideurs - politiques, économiques, médiatiques- avaient de cette histoire de France qu’on n’apprend pas dans les écoles et des séquelles qu’elle a laissées dans notre société fracturée et meurtrie.



La mise en place systématique de ces professionnels de la «diversité», de ces mercenaires de la négritude, de ces aventuriers de la mémoire, de ces racketteurs de l’antiracisme, dont le rôle était de parler à notre place, nous qu’on n’avait pas envie d’entendre, c’est fini.



Les copains et les coquins, les cabinets noirs, l’éloge de la nullité, le droit de cuissage systématisé au plus haut niveau, le vice, l’arrogance, l’impunité, c’est fini.



Les kermesses coloniales du 10 mai- jour de reconnaissance officielle d'un crime par la République - les kermesses coloniales célébrées en catimini devant des monuments risibles, dans des jardins qui ne sont fermés que ce jour-là, c’est fini.



Les rejetons de négriers et de colons qui prétendent commémorer l’esclavage pour mieux humilier les vrais descendants d’esclaves, c’est fini.



Le népotisme, c’est fini.



Les salauds qui se bousculent pour être en vue au Panthéon au nom de Césaire, c’est fini.



Les danseurs, les footballeurs et les chanteurs qu’on déguise en intellectuels parce qu’on méprise profondément la pensée, c’est fini.



Les «statistiques ethniques» et la «race», c’est fini.



La dénonciation de l’ «auto-flagellation», de la «repentance» et de la «concurrence des mémoires», c’est fini.



Les gens de droite qui se disent de gauche, c’est fini.



Les nègres de service, c’est fini.



Les procès diligentés avec l’argent de l’État, c’est fini.



Les journalistes à la botte qui invitent sur instructions ministérielles, c’est fini.



Les filles violées, insultées quand elles se plaignent, c’est fini.



Les magistrats aux ordres, c’est fini.



Les historiens révisionnistes, c’est fini.



Les plongeurs et les cuisiniers cachés au fond des restaurants parisiens où se goinfrent les soi-disant progressistes qui font semblant de ne rien voir, c’est fini.



Les caïds et les grandes prêtresses de la télévision qui décident, au nom de la redevance, que les nègres - sauf s’ils sont bêtes ou martyrisés - ce n’est pas intéressant ou tout juste bon pour être vu passé minuit, c’est fini.



Les années Napoléon, c’est fini. Fini ! Fini !



Du moins, nous l’espérons.



Les décideurs qui nous ont imposé ces souffrances, ces outrages, viennent d’être balayés par nos suffrages qui sont universels, ne leur en déplaisent. De ceux là, l’histoire ne retiendra rien.



Quant à ceux qu’ils ont mis en place pour exprimer leur mépris, les voici aujourd’hui réduits à ce qu’ils étaient avant de se vendre au plus offrant, réduits à leur néant.



Le problème n’est pas que tous ces charlatans aient accumulé tant de prébendes, décorations, sinécures et vaines gloires aux dépens de la République, ni qu’ils aient exhibé leur abyssale vacuité dans leurs carrosses de mamamouchis, c’est qu’ils aient eu les moyens de faire quelque chose mais qu’ils n’aient jamais eu le courage ni l’intelligence de le faire. C'est qu’ils ne laissent rien derrière eux si ce n’est le souvenir de leur incapacité et de leur déshonneur.



Aujourd’hui, à la veille de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, et de la formation d’un nouveau gouvernement, il faut tourner la page.



Mais ceux qui nous représentent, nous les indigènes, les gueux, les proscrits, les indésirables, les suspects, les racailles , les caillasseurs, doivent désormais savoir que si le changement c’est maintenant, alors il va falloir, tout de suite, aujourd’hui même, en finir avec ces méthodes.



Parce que ceux qui, comme moi, avec moi, se sont battus tous les jours depuis toutes ces années qui étaient des siècles ne désarmeront jamais s’ils devaient s’apercevoir que ceux qui décident, ceux qui sont à présent sur le podium, ont toujours, auront toujours la même couleur.



S’ils devaient s’apercevoir que la «diversité», ce ne serait bon que pour les figurants, ceux qui applaudissent, ceux qui courent à côté des voitures à gyrophares des VIP avant qu’elles ne prennent de la vitesse.



S’ils devaient s’apercevoir qu’on va, en fin de compte, reprendre les mêmes, ceux qui sont interchangeables, sous contrôle, pas dérangeants, toujours du côté du manche, ceux qui savent d’autant mieux se taire qu’ils n’ont jamais rien à dire.



Si c’était cela, le «changement», alors la lutte continuerait de plus belle, sans merci.



Et s’il ne restait que les mots pour se battre, ces mots-là, les miens en tout cas, on s’en souviendrait longtemps.



Car parfois, grâce aux mots, à ces mots-là, les miens en tout cas, des monuments qu’on avait abattus ressurgissent de la terre.



Pendant toutes ces années, la seule chose que nous ayons obtenue, la seule chose qui restera, c’est d’avoir fait apparaître à Paris, sur la voie publique, des chaînes imposantes, incontournables, dérangeantes. Pas les chaînettes mignonnettes du Luxembourg. Non ! Les chaînes, les vraies, celles qui font peur, celles qu’ils font semblant de ne pas voir depuis trois ans, place du général-Catroux.



L’une est déjà ouverte. L’autre, c’est à nous de la briser.



C’est donc là et pas ailleurs que nous devons nous rassembler pour tourner la page jeudi 10 mai 2012 à 18 heures devant le monument au général Dumas pour montrer qu’on ne nous paiera pas de mots, puisque les mots, c’est notre affaire et que nous saurons toujours nous en servir.



Pour montrer que nous ne sommes pas seulement une réserve de voix.



Pour faire savoir qu'on ne nous emprisonnera plus jamais derrière des grilles le 10 mai, à l’heure où les travailleurs sont à la peine, blancs-becs et petits marquis devant, nègres matraqués, expulsés, derrière.



Pour rappeler qu’on ne nous mènera plus jamais en bateau.

Jeudi 10 mai 2012 à 18 h, place du général-Catroux (Paris 17e) L3 métro Malesherbes Rassemblement pour la commémoration officielle de l’abolition de l’esclavage et du 250e anniversaire de la naissance du général Dumas



avec François Hollande

Président de la République française

vendredi 4 mai 2012

10 mai 2012 à 18 h paris place du général-Catroux commémoration de l'abolition de l'esclavage

Mes chers amis,







J’ai le plaisir de vous inviter à vous rassembler, à 18 heures précises à Paris, le 10 mai 2012, place du général-Catroux (17e) métro Malesherbes (L3).




Sans esprit de parti, sans distinction de couleur, ni de sexe, pour célébrer la commémoration de l’abolition de l’esclavage, le refus de la haine et du mépris.



Pour couvrir de fleurs les chaînes brisées qui honorent la mémoire du général Dumas et, à travers lui, toutes celles et tous ceux qui ont souffert et souffrent, dans leur chair et leur esprit, de l’esclavage, de la traite, de la colonisation et de leurs séquelles qu’on désigne ordinairement sous le vocable de racisme.




Toutes celles et ceux qui ont des chaînes à briser.




Il se peut que le président qui, d’ici là, aura été élu par le suffrage universel, soit à nos côtés, devant ces chaînes dont l’une est symboliquement ouverte et dont l’autre reste à ouvrir.




C’est en effet place du général-Catroux qu’a été inauguré en 2009, grâce à une ville de Paris unanime, un mémorial significatif autour duquel nous convergeons chaque année, tous les 10 mai, de plus en plus nombreux, en dépit de l’indifférence des uns, des manœuvres de division des autres.




Le 10 mai 2012, pour la sixième année consécutive, va être célébrée la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, dont le principe résulte de la loi Taubira, et la date d’une décision du président de la République.




Le 10 mai 2012 revêt un aspect particulier puisque, comme le 10 mai 2007, il intervient dans une période marquée par l’élection à la magistrature suprême, qui sera presque aussitôt suivie de l’élection de l’assemblée nationale. En outre, c’est le 10 mai que le conseil constitutionnel proclamera officiellement les résultats du second tour de l’élection présidentielle.




Dans ce contexte, on peut souhaiter que le président qui aura été désigné par les Français, quel qu’il soit, ne restera pas indifférent à cette journée de commémoration et que, au-delà des kermesses coloniales indignes auxquelles, hélas, nous sommes habitués, il adressera un signe fort à la Nation et en particulier à toutes celles et tous ceux qui se considèrent comme les descendants des esclaves et des populations décimées par la traite.




Le 10 mai 2012 correspond également à la commémoration du 250e anniversaire de la naissance, en Haïti, du général Alexandre Dumas, père de l’écrivain français le plus populaire de tous les temps et le plus lu dans le monde.














Comme je le répète depuis 10 ans, le général Dumas est né esclave en 1762. C’est l’une des figures les plus attachantes de l’histoire de France, du fait de son parcours exemplaire, de son attachement sans faille à la République et à ses valeurs, du rôle décisif qu’il a joué en tant que général en chef pendant les guerres de la Révolution.

Depuis très exactement 10 ans, en tant qu’écrivain, cinéaste et militant, je bataille pour que la mémoire de cet homme soit enfin réintégrée dans le panthéon national. Je l’ai fait à travers pas moins de quatre ouvrages, dont une biographie qui lui est entièrement consacrée.




À travers aussi un film documentaire, que j’ai réalisé en 2009 et qui a été diffusé en 2010 sur France 2 (à une heure hélas tardive) mais qui a été néanmoins vu par plus de 600 000 téléspectateurs.




À travers un monument aussi pour lequel j’ai beaucoup lutté, celui devant lequel nous nous retrouverons et dont l’existence marque déjà une belle victoire.




Pourquoi une telle persévérance ?




Parce que j’ai la certitude, confortée par l’expérience de ces dix dernières années, qu’une partie des Français ne se reconnaît pas dans l’imaginaire qu’impose une petite minorité de décideurs, trop souvent incultes et arrogants, de sorte que la France telle qu’elle est et qu’elle a toujours été depuis qu’elle s’est aventurée pour découvrir le monde, non sans violences faites aux autres, hélas, n’est pas du tout la France qui est présentée dans les programmes scolaires, à la télévision, dans les médias.




Un certain nombre de figures majeures, parmi lesquelles le général Dumas, ont été délibérément occultées, du fait de la couleur de leur peau et de leur origine.




Ce n’est pas seulement une injustice et le signe d’un inquiétant obscurantisme. C’est aussi un préjudice extrêmement grave qu’ont subi tous les Français.




En privant la Nation des figures héroïques et exemplaires d’hommes et de femmes qui ont marqué son histoire, certains décideurs ont pris le risque de cantonner leur compatriotes - celles et ceux qu’on stigmatise sous les vocables de «diversité» ou de «minorités visibles» - dans les rôles mineurs ou dévalorisants que la période coloniale a octroyés aux opprimés.




Une telle attitude a joué un rôle décisif dans la montée du racisme, de l’intolérance et de la xénophobie que je dénonce depuis dix ans. On voit très exactement aujourd’hui où cela peut conduire.




Je suis convaincu, au contraire, que la valorisation des héros et des héroïnes positifs de notre histoire qui ont eu à souffrir de l’intolérance est de nature à reconstituer un tissu social mis en lambeaux au cours des dix dernières années par la libération et la promotion systématique de la parole discriminatoire.




Les jeunes de toutes couleurs et en particulier ceux qui, du fait de l’immigration ou du Bumidom, se sont retrouvés relégués dans de véritables ghettos, ont le droit de savoir que des hommes et des femmes de toutes couleurs et de toutes origines ont, depuis toujours, significativement marqué l’histoire de France et pas seulement en tant que sportifs ou artistes, les deux seuls domaines où une tolérance relative est accordée à celles et ceux que les racistes considèrent comme «différents».




On ne se construit pas sans héros qui vous ressemblent.




On ne se grandit pas en méprisant ceux qui, en apparence, ne vous ressemblent pas.




Tout mon travail, au cours de ces dernières années, malgré les difficultés, les sarcasmes, la guerre ouverte déclarée par les défenseurs, plus ou moins masqués, du racisme qui gangrène une certaine France, heureusement très minoritaire, a été de rendre à ces personnages la place éminente qui leur revient.




J’ai la conviction profonde qu’il sera impossible de célébrer durablement l’abolition de l’esclavage sans rendre leur place à ces personnages de notre histoire : le général Dumas, le chevalier de Saint-George, ou Eugène Bullard, un héros franco-américain oublié de la Première guerre mondiale auquel je m’apprête à rendre, notamment à travers un livre actuellement sous presse et un film, un hommage appuyé.







Eugène Bullard




C’est pourquoi la commémoration du 250e anniversaire du général Dumas revêt, en ce 10 mai 2012, une importance exceptionnelle si l’on souhaite en finir enfin avec un XXe siècle qui nous poursuit encore.




Depuis 1802, le général Dumas est privé d’une récompense symbolique qui lui revenait plus qu’à tout autre : l’admission dans l’ordre national de la Légion d’honneur. Cette admission était de droit. Elle n’a pu être obtenue du fait de la législation ouvertement raciste mise en place le lendemain même de la création de cet ordre.




Depuis dix ans, j’ai demandé en vain aux présidents de la République successifs que cette injustice insupportable soit réparée. Cette requête a été relayée par une association que je préside, par plus de six mille personnes qui ont signé une pétition, par des élus de toutes tendances puisqu’on y trouve non seulement le maire de Villers-Cotterêts, où a vécu et où est mort le général Dumas, mais aussi le sénateur-maire de Laon qui, voici quelques jours, a officiellement interpellé dans le même sens le ministre de la Défense.




Il est triste de constater que le ministre de la Culture de la France, pourtant sollicité dès 2011, n’a pas cru utile de faire figurer, sur la liste des commémorations nationales 2012, le 250e anniversaire de la naissance du général Dumas. De même que le ministre de la Culture, en 2006, n’avait pas cru utile de faire figurer au même calendrier officiel, le bicentenaire de la mort du général Dumas.




Je vois dans ce qu’il faut bien appeler un acharnement particulier contre un grand héros français, du seul fait de sa couleur et de la couleur de celui qui, deux siècles plus tard, en demande à bon droit la réhabilitation, plus qu’une faute, une erreur.




Et à titre personnel, après tant de mises en gardes adressées aux uns et aux autres, je suis bien obligé d’en tirer toutes les conséquences.




Je tiens à ajouter, de la manière la plus claire, que, de mon point de vue, le mot de «race» n’a jamais eu sa place dans la constitution de la République française et j’espère qu’un consensus, nécessaire pour modifier ce texte, s’imposera pour faire oublier tous les sophismes odieux que j’ai pu lire à ce sujet et que la bêtise n’excuse pas.




Le 10 mai 2012, une nouvelle séquence s’ouvrira. C’est pourquoi j’ai demandé au président qui sera officiellement proclamé ce jour-là d’être avec nous à 18 heures précises, devant les fers brisés, place du général-Catroux, là où se rassemblent, depuis le 10 mai 2009, toutes celles et ceux qui refusent la «race» et le racisme.




En cette année où les droits des femmes ont été si odieusement bafoués, je voudrais que cette commémoration soit aussi l’occasion de rendre hommage aux épouses, aux mères, aux compagnes, à celles qui, méprisant le racisme, prouvent depuis des siècles que l’amour se moque bien de la couleur, de l’origine, de la religion.




Ayons une pensée pour la femme du général Dumas, une blonde aux yeux bleus de l’Aisne qui, trente deux ans encore après la mort de celui qu’elle aimait, se battait avec honneur, non seulement pour ce fils, l’écrivain Alexandre Dumas, que le monde entier admire encore, mais pour que la France rende hommage à celui qu’elle aimait.




C’est avec beaucoup de fierté que j’ai repris son combat posthume.




Le fils repose depuis 10 ans au Panthéon. La mère est restée auprès du général, au cimetière de Villers-Cotterêts.




Ayons une pensée émue pour elle en ce 10 mai 2012, et à travers elle pour toutes celles, pour tous ceux qui, malgré une couleur de peau apparentée à celle du plus grand nombre, partagent le mépris que les préjugés imposent à leur compagne, à leur compagnon, à leurs enfants.







Comme chaque année, le 10 mai 2012, à 18 h, place du général-Catroux, un hommage officiel sera rendu sous l’égide de la mairie de Paris, avec la collaboration d’associations, dont celle des amis du général Dumas.




Cette fois, ce sont les sapeurs-pompiers de Paris, à travers une formation de cinquante musiciens et un piquet d’honneur, qui feront retentir l’hymne national entonné par la soprano guadeloupéenne Leïla Brédent. Une centaine d’enfants des écoles chanteront à la mémoire des martyrs, relayés ensuite par les tambours et les Ka du groupe Miyo.




Je ne doute pas que si le président de la République désigné le même jour par le conseil constitutionnel répond à cette invitation, ce que je pense, les Françaises et les Français auront, d’ici là, vraiment fait le bon choix.




Au jeudi 10 mai, à Paris, place du général-Catroux, à 18 heures pour écrire ensemble une nouvelle

page de notre histoire !







Je vos remercie de me faire l’amitié de faire circuler ce texte partout où vous le pourrez.




Claude Ribbe

jeudi 22 septembre 2011

Troy Davis, Strauss-Kahn : deux poids deux mesures.

"Justice est faite !" s'était bizarrement exclamé Barack Obama après que ses troupes, paraît-il, eurent jeté en mer la dépouille de Ben Laden. Le président américain dira-t-il la même chose après l'exécution de Troy Davis, que des témoins ont prétendu reconnaître comme l'assassin d'un policier simplement à cause de la couleur de sa peau?

Lorsque j'étais enfant, à la fin des années soixante, en voyant les images de la répression visant les militants des droits civiques, je me disais que les USA étaient un pays particulièrement barbare où je n'irais jamais. Un mois après l'abandon des poursuites contre un homme que je crois coupable de viol et au matin de l'exécution d'un homme qui s'est dit jusqu'au bout innocent du crime dont on l'accusait, je me demande si les USA ont vraiment évolué, malgré l'élection d'un président à la peau ( un peu) noire dont on a fait tant de cas.

New-York : Strauss-Kahn, blanc de peau, riche et puissant, est accusé d'avoir sadiquement violé une femme de chambre à la peau noire, pauvre, immigrée : il ne passe que trois nuits en prison et, grâce aux avocats de la mafia payés à prix d'or, il repart dans son pays au bout de quelques semaines et s'invite sur la chaîne de télévision la plus regardée où le reçoit une amie journaliste. Sa présumée victime, pour sa part, est lynchée par la presse. Troy Davis, noir de peau, est désigné comme coupable par 9 témoins, dont 7 se rétractent. Après 22 ans passés dans le couloir de la mort, il est exécuté sans preuve, malgré le tollé que déclenche cette injustice, condamnée par le pape en personne.

Imaginons qu'un Troy Davis, travaillant dans un hôtel new-yorkais, ait été accusé par Anne Sinclair d'avoir essayé de la violer. Serait-il en liberté aujourd'hui ? Non, il serait détenu à Rikers Island et le procès qui l'enverrait en prison pour le reste de ses jours ne serait qu'une formalité.

Le procureur de Paris va très prochainement rendre un avis sur la plainte pour tentative de viol déposée par Tristane Banon. Même si cet avis ne changera rien au fait que, de toute façon, une instruction aura lieu dans cette affaire, on aimerait que la justice française, par l'attention qu'elle portera à cette plainte, nous donne l'impression d'être un peu moins injuste que la justice américaine.

Que de bonnes raisons d'aller protester le 24 septembre à 14 h devant le palais de Justice de Paris, en soutien à Tristane Banon, à Nafissatou Diallo et à toutes les femmes violées et maltraitées, quelle que soit leur couleur !

mardi 20 septembre 2011

Pour Troy Davis (bis)

Voici copie de l'appel adressé le 23 septembre 2008 à Nicolas Sarkozy et à Rama Yade et que je ne peux que renouveler aujourd'hui à Nicolas Sarkozy, au moment où Troy Davis risque à nouveau d'être exécuté

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dimanche 18 septembre 2011

En réponse à la scandaleuse exhibition cathodique de Strauss-Kahn : toutes et tous devant le palais de Justice de Paris samedi 24 septembre 2011 à 14 h (métro Cité)

Pas de surprise pour celles et ceux qui ont regardé l’écœurant show à la gloire du mensonge, de l’impunité et de la connivence sur TF1. Cet homme qui récite la leçon que lui ont apprise ses "communicants", cet homme qui se sert de la fortune d’une femme pour s’exhiber en politique et passer à la fois pour un vrai socialiste et un économiste sérieux, cet homme qui bafoue d’autant plus son épouse qu’elle en redemande, cet homme toujours accusé de viol et de tentative de viol et qui se dit "blanchi", cet homme qui ose venir au journal télévisé devant des millions de téléspectateurs non pas pour dire la vérité ou donner sa version des faits, mais pour jouer la comédie, abrité derrière le rapport complaisant d'un procureur de New York, cet homme enfin est l’arrogance, le mépris, la malhonnêteté, la vulgarité personnifiés.

Il aurait pu attendre au moins que le procureur de la République de Paris rende un avis sur la plainte entre ses mains déposée par Tristane Banon pour tentative de viol. Mais non. La brutalité de l’appétit qu’inspire à Strauss-Kahn une France de toute évidence non consentante est telle que rien, désormais, pas même son intérêt, ne peut lui faire entendre raison. Oui, même s’il prétend n’être candidat à rien, même s’il feint le repentir par rapport à une «faute» dont il ne nous dit rien, c’est bien à une tentative de viol des Français que nous avons assisté, en direct, médusés. Il le sait qu’une bonne majorité d’entre eux ne veut plus de lui dans la vie politique et encore moins en trouble-fête dans les primaires socialistes.

Mais peu lui chaut. Alors que la France lui dit non, non et encore non, il s’impose, il insiste, il revient, il s’acharne, tout en répétant qu’il ne veut rien. Comme si ce refus qui lui est froidement opposé l’excitait davantage.

Cette relation non consentie entre DSK et les Français, entre DSK et le parti socialiste, entre DSK et toutes les femmes, est une pièce de plus dans le dossier des accusatrices. La participation d’une journaliste-vedette - et une femme qui plus est ! - à ce nouvel épisode de la campagne de communication de cet exhibitionniste est un bien mauvais coup pour l’image des journalistes de France

Une nouvelle page est tournée dans l’histoire de notre démocratie. Quand bien même on serait non seulement un vicieux avéré, mais aussi un violeur en série (ce dont Strauss-Kahn, fût-il présumé innocent, est bel et bien accusé), peu importe, si l’on dispose de millions, d’un culot inouï et qu’on est inscrit au parti socialiste.

J’invite celles et ceux qui, comme moi, n’en peuvent plus d’assister à ce spectacle nauséabond, à descendre dans la rue pour protester contre la promotion cathodique des dévoyés, contre l’impunité dont bénéficient la plupart des violeurs, contre le mépris affiché par la caste politique française à l’égard des femmes, contre la négrophobie décomplexée, contre la fascination qu’exercent les nantis et les puissants sur la presse, je les invite à se réunir nombreuses et nombreux avec le comité de soutien à Nafissatou Diallo, je les invite à grossir les rangs des compagnes et des compagnons de Tristane Banon, elle aussi insultée, calomniée, en un mot «noircie», puisqu’elle aussi victime d’un homme qui croit encore possible aujourd’hui, avec la bénédiction de ses pairs, d’escalader les marches du pouvoir pour le seul plaisir d’aller brandir son sexe un jour sur le podium.

Celles et ceux qui ont défendu Strauss-Kahn et calomnié ses victimes présumées sont les mêmes qui défendent habituellement les négrophobes.

N’ayons pas foi en eux ! Ne le laissons pas récidiver !

Contre le viol, le mépris voué aux femmes, le racisme et la négrophobie,

Samedi 24 septembre 2011 toutes et tous à 14 h devant le Palais de Justice de Paris (métro Cité)

samedi 17 septembre 2011

TF1 18 SEPTEMBRE : STRAUSS-KAHN DOIT NOUS DONNER DES DETAILS SUR CE QUI S’EST PASSE AVEC DIALLO

Communiqué des avocats de Nafissatou Diallo à propos de l’intervention de Dominique Strauss-Kahn au JT de TF1 dimanche 18 septembre (traduction Comité de soutien à Nafissatou Diallo)

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vendredi 16 septembre 2011

Connivence ? DSK s'invite chez son amie Claire Chazal pour faire l'apologie de l'impunité

"La loi pénale française est applicable à tout crime commis par un Français hors du territoire de la République." article 113-6 du Code pénal

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vendredi 9 septembre 2011

LE COMITE DE SOUTIEN A NAFISSATOU DIALLO APPELLE AU RASSEMBLEMENT CONTRE LE VIOL DIMANCHE 11 SEPTEMBRE PARIS PLACE DES VOSGES 14 H

LE COMITE DE SOUTIEN A NAFISSATOU DIALLO APPELLE AU RASSEMBLEMENT CONTRE LE VIOL DIMANCHE 11 SEPTEMBRE PARIS PLACE DES VOSGES 14 H

Le Comité de soutien à Nafissatou Diallo a décidé de soutenir l'initiative de l'assemblée générale féministe qui, réunie le lundi 5 septembre à Paris, sous l'égide de la Marche Mondiale des Femmes, organise un rassemblement contre le viol ce dimanche 11 septembre à 14 h, place des Vosges (côté jardin) métro St Paul Bastille ou Chemin Vert. Nous vous appelons donc à vous rassembler à 14 h, ce dimanche, à Paris, place des Vosges et à relayer partout l'information.

Pour le comité, Claude Ribbe

dimanche 4 septembre 2011

Négrophobie française : après Gérard Depardieu en Dumas, voici Johnny Hallyday grimé en « mulâtre »

On a peine à y croire et c’est pourtant vrai. Au XXIe siècle le théâtre français renoue avec la tradition raciste des « minstrel shows », très en vogue dans le Sud des USA après la guerre de sécession, à l’époque du Ku-Klux-Klan et des lynchages, dans lesquels les Africains ou les personnes d’ascendance africaine étaient, au théâtre, joués par des acteurs à la peau blanche grimés et maquillés.

En 2010, déjà, un film ouvertement raciste, destiné à vilipender Alexandre Dumas nous avait montré Gérard Depardieu maquillé et affublé d’une perruque frisée pour représenter le prolifique écrivain et voici qu'un an plus tard, pour incarner le rôle de Chicken dans Le paradis sur terre, une pièce rarement jouée (et pour cause…) de Tennessee Williams, à compter du 6 septembre 2011, au théâtre Edouard VII, le directeur-metteur en scène, Bernard Murat, choisit… Johnny Hallyday.

Voici donc l’ex-chanteur « yé-yé », qui est devenu, apparemment, l’une des références de la culture française, lui aussi grimé et affublé d’une perruque pour incarner un « mulâtre ». La question n’est pas de mettre en doute les qualités d’acteur de Jean-Philippe Smet. La n’est d’ailleurs pas le problème puisque l’une des lois de la minstrelsy, c’est que l’acteur grimé doit être ridicule puisque le nègre et, plus encore, le "mulâtre", serait ridicule.

Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’au pays de Tennessee Williams on ne pourrait imaginer une pareille provocation. Mais en France, aucun problème. Avec les organisations antiracistes et la presse que nous avons, peu probable qu’une seule voix audible s’élève. Audible ou non, la mienne s’élèvera néanmoins.

Les comédiens talentueux susceptibles d’incarner Chicken, sans qu’on ait besoin de les grimer, ne manquent pas en France. Mais ils ne sont pas engagés. Bernard Murat ne le sait que trop.

Si, pour jouer n’importe quel rôle du répertoire, par exemple dans Le prénom, qui lui a valu un Molière, le metteur en scène avait choisi ses acteurs sans tenir compte de leur couleur de peau, il n’y aurait rien à dire. Au lieu de Patrick Bruel dans le rôle principal, il aurait pu penser par exemple à Alex Descas, salué par Le Monde comme le meilleur comédien français. Mais tel n’est pas le cas. Pour une des rares pièces qui permette à un comédien « de couleur » de jouer un premier rôle, Murat choisit un acteur au phénotype « aryen », cheveux teints et grimés. Cela ne peut être un hasard. D’autant que l’expérience de Depardieu en Dumas a valu une polémique et un échec.

La campagne de presse mise en œuvre est censée pallier tout risque et Johnny Hallyday, éminent négrologue puisqu’ayant interprété « Noir c’est noir » explique lui-même sans complexe qu’il joue le rôle d’un « demi-noir… qui n’est pas vraiment noir ». Il a été invité par toutes les télévisions à commencer par la chaîne TF1 qui lui a fait les honneurs du journal avec 6’18’’ de publicité. Les médias français ont salué cette mascarade ouvertement raciste comme une «performance» montrant une « facette différente » de son travail d’artiste.

Nous prenons acte de cette minstrelsy, comme nous avons pris acte du fait que Johnny Hallyday, naguère lui-même accusé de viol (mais ayant bénéficié d’un non-lieu) fut l’un des plus ardents défenseurs de Strauss-Kahn, qui plastronne du fait de son impunité malgré les accusations de viol portées contre lui notamment par une immigrée africaine de New York.

Nul doute que pour sa première sortie publique, DSK aura eu l’idée assister à la première de cette pièce et que Bernard Murat n’aura pas manqué de l’inviter, comme il l’aura fait pour les autres grands négrophiles français que nous connaissons bien et qui se seront pressés aux premières loges.

L’ironie terrifiante de cette histoire c’est que sur le site de ce théâtre, on apprend qu’ « aujourd’hui, sous la houlette de Bernard Murat, il continue d’être le théâtre de la diversité ».

Communiqué du comité de soutien à Nafissatou Diallo

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo tient à exprimer sa stupéfaction de voir la presse française donner un écho triomphal et spectaculaire au retour en France d’un Dominique Strauss-Kahn dont beaucoup de journalistes affirment qu’il serait « blanchi » et lavé de tout soupçon. Cette manière de présenter un homme qui est toujours sous le coup de deux accusations de viol et qui tire gloire, avec le soutien de sa propre épouse, de son immoralité, est une mauvaise nouvelle pour toutes les femmes et particulièrement pour toutes les Françaises.

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo tient à rappeler que, contrairement à ce qu’affirment certains commentateurs, le refus des magistrats américains, MM. Vance et Obus, de poursuivre M. Strauss-Kahn, ne signifie nullement que l’accusé ait été déclaré non coupable des graves accusations portées contre lui par Mme Diallo, mais seulement qu’un homme riche et puissant, qui bénéficiait de soutiens jusque dans l’entourage du procureur, a obtenu à New York un traitement de faveur, c'est-à-dire un déni de justice.

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo rappelle que le volet judiciaire américain n’est pas clos pour autant puisque M. Strauss-Kahn est sous le coup d’une accusation de viol devant une juridiction civile et qu’il peut parfaitement, tôt ou tard, être reconnu coupable par la justice américaine. Si tel état le cas, le fait qu’il ait pu échapper à toute sanction pénale apparaîtrait comme un grave dysfonctionnement du système judiciaire américain.

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo rappelle également que M. Strauss-Kahn est sous le coup d’une accusation de viol portée par Mlle Tristane Banon devant la justice française. Il forme des vœux pour que cette plainte ne soit pas traitée à Paris comme elle a été traitée à New York et tient à apporter tout son soutien à la victime présumée, Mlle Tristane Banon, et à sa mère, Madame Anne Mansouret, dont la voix est l’une des rares qui soient audibles en France pour dénoncer l’attitude odieuse et arrogante de M. Strauss-Kahn.

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo rappelle de même qu’une plainte contre X a été déposée en France par Mme Diallo pour subornation de témoin et qu’il n’est pas exclu que M. Strauss-Kahn soit entendu dans le cadre de cette troisième affaire.

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo tient à faire savoir aux politiques, et en particulier aux membres du parti socialiste, qui ont apporté un soutien honteux à un homme qui n’était pas lavé de graves accusations de viol et de crimes sexuels, que cette attitude, opportuniste, scandaleuse, peut être même dans certains cas raciste, laissera des traces et que, le moment venu, il appellera les électeurs à s’en souvenir et à en tirer les conséquences appropriées.

Le comité de soutien à Nafissatou Diallo regrette que la presse française ait généralement fait mine d’ignorer qu’un comité de soutien à la victime présumée, fort de plus de 2500 membres, existe depuis le mois de mai 2011 et qu’elle ait au contraire donné systématiquement la parole à un prétendu comité de soutien à l’accusé, encadré par des militants du PS et des responsables d’associations subventionnées par la mairie de Sarcelles, un prétendu comité dont plus de la moitié des membres au moins refusent qu’on publie leur nom. Cette attitude qui, fort heureusement, n’est pas le fait de tous les journalistes, démontre le malaise qui règne aujourd’hui en France, un pays où l’information honnête et objective cède trop souvent le pas à la propagande des puissants.

Pour le comité de soutien, Claude Ribbe le 4 septembre 2011

vendredi 2 septembre 2011

DSK de retour ? C'est la faute à Renoir !

Le retour en France first classe d’un Strauss-Kahn triomphant et tripotant les hôtesses de la compagnie nationale marque assurément une étape dans cette affaire.

Merci Auguste Renoir !

Pourquoi Renoir ? Eh bien, parce que le pinceau de cet artiste limougeaud, comme celui de ses confrères, a permis à Paul Rosenberg, le célèbre galeriste, de laisser à sa descendance (Anne Sinclair) une fortune estimée par les plus modérés à 100 millions d’euros. Cent millions ? Tu parles ! Enfin, va pour cent millions ! Et, au pays des droits de l’homme, quand on est lardé de cent millions, on est respectable et respecté. On a même le droit, paraît-il, d’établir une liste « noire ». J’espère bien, pour ma part, y figurer en bonne place, juste après Nafi.

« Le jour de la mort de Renoir, rapporte Cocteau dans son journal, je rencontre Paul Rosenberg. Il me dit : « Je suis marchand de tableaux, que voulez-vous, et je donne de petites sommes à la domestique de Renoir pour qu'elle m'annonce sa mort avant les autres. Elle me téléphone ce matin. » Eh oui. Un Renoir mort valait plus cher, beaucoup plus cher, qu’un Renoir vivant. La preuve ? Vingt trois millions de dollars chez Sotheby’s pour Dans les roses en mai 2003. Voilà comment on devient respectable.

Donc, grâce à Renoir (6000 tableaux recensés) et à tous les autres crève-la-faim barbouilleurs dont les œuvres ornent aujourd’hui son salon, Strauss-Kahn est redevenu ce qu’il était : un homme au-dessus de tout soupçon qui peut se soulager là où il veut, comme il veut, quand il veut. Il a démontré qu’il jouissait d’une impunité complète face à la justice pénale américaine. C’est vraiment très fort et il restera dans les annales.

Pauvre, il croupirait à Rikers island. Dans les tabloïds, on le traiterait de menteur et de communautariste. Pire, on ne parlerait pas de lui. Riche, notre ragondin blanchi a le droit non seulement de lever la patte dans l’avion comme notre Depardieu-Alexandre Dumas national, de crâner en Porsche, mais aussi de culbuter les hôtesses, de trousser les domestiques, de lutiner toutes les négresses forcément consentantes, de mettre la main dans la culotte de n’importe quelle Française, d’exiger, avec la bénédiction du Ministère, une gâterie de toute étudiante à Sciences po qui en redemandera, et même, de sodomiser ses communicants qui, pâmés, crieront plus fort encore qu’il est brillant, séduisant, beau, en un mot désirable et que tous ceux qui oseraient le critiquer ne sont que des antidreyfusards primaires.

Et surtout, le fin du fin, il a le droit, plus que tout autre, d’être de gauche. Ah, ça, il l’est de gauche ! En 2017, certainement, il sera président. Et d’ici là – qui sait ? – premier ministre de Martine Aubry.

L’abandon des charges initialement retenues par le procureur Vance a-t-il démontré que Strauss-Kahn était innocent ? Non. Seul un procès – n’est-ce pas ? - aurait permis à l’accusé de se dire disculpé, au sens judiciaire. Toujours poursuivi pour les mêmes faits devant un tribunal civil, Strauss-Kahn court le risque d’être, cette fois, condamné à l’unanimité.

Mais peu importe ! En France, avec 100 millions plancher, cela n’a pas aucune importance.

Alors un grand coup de chapeau à celles et ceux qui ont aidé Dominique à se tirer de ce pétrin.

Citons, en vrac : Renoir, Picasso, Paul Rosenberg, Anne Sinclair, Bernard Lévy, Jacques Lang, Laurent Fabius, Michèle Sabban, Bertrand Delanoë, Harlem Désir, François Pupponi, Martine Aubry et les deux mille membres (sur 3600 en comptant les doublons et les signatures bidon) du comité de soutien à DSK qui, par modestie sans doute, n’ont pas osé laisser apparaître leur nom sur la liste.

Merci à Ramzi Khiroun, à Stéphane Fouks, à Gilles Finchelstein, à Anne Hommel, l’attachée de presse (qui est obligée, la pauvre, de lire mes billets, ce dont je la remercie). Merci à toutes celles et à tous ceux qui ont fait brûler des bougies à Sarcelles et ailleurs !

Au cas où l’on perdrait la mémoire, ce qui arrive souvent en France, retenons les formules choc qui auront marqué ce premier acte.

« Je l’ai accompagné, moi, sans hésitation, parce que j’avais la conviction qu’il n’était pas coupable de ce qu’on lui reprochait, et aussi par amitié. » Martine Aubry

« Il a bien le droit d’être libertin » Bertrand Delanoë

« J’apprends avec joie et soulagement l’abandon des charges qui pesaient sur Dominique Strauss-Kahn. L’emballement de ces derniers mois, qui s’est fondé sur des rumeurs, sans aucun respect pour les personnes, constitue aujourd’hui une invitation à un sérieux examen de conscience collectif ». Bertrand Delanoë

« Je vois DSK en président de l’Europe » Michèle Sabban

« Il n’y a pas mort d’homme ! » Jacques Lang

« Ce n’est qu’un troussage de domestique » Jean-François Kahn

« Rira bien qui rira le dernier ! » Bernard Lévy

N’ai-je oublié personne ? Ah si ! Johnny Hallyday !

« Je m’aperçois juste que plus on gagne de l’argent, plus on réussit et plus on est la cible de critiques odieuses » Johnny Hallyday.

vendredi 26 août 2011

Affaire Strauss-Kahn : Un obsédé sexuel notoire a t-il sa place dans l’université française ?

Le vrai métier de Strauss-Kahn est d’enseigner l’économie à Sciences Po, avec le titre de professeur d’université. Il a de fait exercé dans cet établissement pendant sept ans, jusqu’à sa nomination au FMI, le 28 septembre 2007.

Strauss-Kahn nous est présenté par ses thuriféraires et ses communicants comme un « grand économiste », même si sa seule œuvre connue est une thèse publiée en 1977 : "L’économie patrimoniale des Français" (éditions Cujas). Mais laissons de côté la question de sa compétence.

Un poste de professeur d’université est cumulable avec un mandat de député (à la différence de tous les autres postes de fonctionnaires publics, incompatibles avec un mandat parlementaire). Jusqu’au 28 septembre 2007, date à laquelle il a été nommé au FMI, Strauss-Kahn pouvait ainsi cumuler son mandat avec son poste de professeur à Sciences Po, ce qu’il a fait, émargeant sur le budget de l’Etat français aux alentours de 14 000 € mensuels, dont on sait à présent qu’il n’avait pas besoin, puisqu’une femme complaisante s’occupe de le financer.

Nommé au FMI, Strauss-Kahn a démissionné de l’assemblée nationale et a dû, nécessairement, se faire placer en position de disponibilité par le ministère des Universités.

Ce que la presse française a oublié de révéler, c’est qu’en bonne logique, depuis sa démission du FMI, le 18 mai 2011, Strauss-Kahn a été officiellement réintégré (ou devrait l’être à titre de régularisation rétroactive) dans ledit corps des professeurs d’université, avec un traitement (à compter du 18 mai 2011, et sans fournir jusqu'à nouvel ordre aucun service en échange) qui ne saurait être inférieur à celui qu’on a beaucoup reproché à Luc Ferry, soit 4500 € mensuels.

Strauss-Kahn est en droit, par ailleurs, pour la rentrée universitaire 2011, de demander à retrouver son poste de professeur de micro et de macro-économie à Sciences Po, ce qui lui donnera une tribune, en attendant de solliciter un nouveau mandat à Sarcelles en 2012, où nous l'attendons de pied ferme.

On peut dès lors se poser la question du comportement passé et à venir de cet homme, qui louait naguère une garçonnière sise 7 rue de la Planche, à proximité des locaux de Sciences Po (rue Saint-Guillaume) avec des étudiantes âgées d’une vingtaine d’années dont on pourrait penser qu’elle peuvent constituer des cibles faciles pour celui que sa propre femme désigne comme un « séducteur » et que d’autres femmes traitent de violeur.

Lorsque n’importe quel Français postule pour un poste, même modeste de la fonction publique, y compris un poste d’enseignant, sa nomination est soumise à une enquête dite « de moralité » menée par les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. Lorsque n’importe quel Français, titulaire d’un poste de fonctionnaire, se trouve mis en cause dans une affaire pénale, le code de la fonction publique prévoit que l’administration a le devoir, surtout s’il s’agit d’une affaire de mœurs - qui pose un problème particulier dans le cadre de l’enseignement public - de mettre en route une procédure disciplinaire parallèle qui peut aboutir à une suspension de l’intéressé, en attendant qu’une décision de justice définitive intervienne.

Or Strauss-Kahn est sous le coup d’une plainte pour tentative de viol qui n’a pas été classée à ce jour. Il pourrait d’autre part être mis en cause dans une seconde plainte, déposée dans le cadre d’une affaire de subornation de témoin. Il est par ailleurs toujours accusé de viol et de crimes sexuels devant une juridiction civile américaine.

En 1969, une femme, Gabrielle Russier, professeur de Lettres à Marseille, avait été écartée de l’enseignement, puis condamnée, pour avoir eu, au moment des événements de 68, une relation amoureuse avec un de ses élèves, mineur au moment des faits (la majorité étant à cette époque fixée à 21 ans).

Mise en détention préventive à la prison des Baumettes pendant cinq semaines, elle s’était vu refuser par l’Université, pour des raisons de moralité, le modeste poste d’assistant qu’elle sollicitait, avant d’être condamnée, sur la pression de l’Université, à 13 mois de prison non amnistiables (on était en période d’élection présidentielle). Le 1er septembre 1969 Gabrielle Russier, qui n’avait violé personne et n’avait rien d’une séductrice, s’est donné la mort.

Mais Gabrielle Russier n’était qu’une femme et, pour les femmes, la présomption d’innocence n’a pas plus lieu d’être, parfois, que la présomption de victime.

Quarante deux ans plus tard, un professeur d’université autoproclamé obsédé sexuel, adepte de la prostitution et de l’échangisme, deux fois mis en cause dans des affaires de viol, peut-il reprendre tranquillement son poste de professeur à Sciences Po, quitte à ce que de nouvelles affaires éclatent au sein de l’enseignement public, entraînant cette fois la responsabilité de l’État si ce dernier avait négligé d’engager une procédure disciplinaire vu les circonstances ? Telle est la question que je pose aujourd’hui à Laurent Wauquiez, ministre français des Universités ainsi qu’aux parents de toutes les jeunes files - et en particulier des jeunes filles originaires des Antilles ou d’Afrique- qui vont entamer cette année un cycle d’études à Sciences Po.

mercredi 24 août 2011

Strauss-Kahn, "blanchi" selon la presse raciste, reste sale

Une certaine presse française, consciemment ou inconsciemment raciste, commente le scandaleux déni de justice perpétré par Cyrus Vance dans le volet pénal de l’affaire en répétant en boucle que Strauss-Kahn est « blanchi » ! Pas de surprise.

L’Amérique d’Obama, pourtant donneuse de leçons, n’a guère changé. On s’en doutait. Mieux vaut y être blanc de peau, riche et célèbre plutôt qu’immigré, pauvre et « noir ». Si Anne Sinclair avait accusé un Afro-Américain de l’avoir violée dans un parking de Manhattan, tout le monde sait que le présumé violeur - innocent ou coupable - ne serait pas plus sorti de Rikers Island que Pierre-Just Marny n’est sorti du centre pénitentiaire de Ducos, en Martinique.

Allons même plus loin : si le directeur général du FMI avait été « noir », on ne l’aurait sûrement pas « blanchi ». Nafissatou Diallo, pour avoir osé se plaindre d’un satyre notoire qui se fait passer pour un économiste distingué, a été traînée dans la boue pendant quatorze semaines par des gens qui se prétendent journalistes, mais qui, en réalité, font un tout autre métier.

Côté français, l’affaire a révélé - outre un racisme viscéral que nous connaissons bien - un vieux fonds de machisme et de sexisme qu’on croyait révolu. Combien d’hommes - de droite comme de gauche - ai-je entendu déclarer sans ambages, l’œil égrillard, qu’il est injuste de mettre un homme en prison simplement parce qu’il aurait violé une femme ! Une leçon à en tirer : ceux qui luttent contre le racisme ne devront jamais oublier, désormais, que leur combat est absolument solidaire de celui des femmes, car les hommes qui méprisent les femmes sont la plupart du temps des racistes invétérés et vice-versa.

Naturellement, Strauss-Kahn et surtout ses « amis » vont crier victoire. Il faut s’en réjouir. Car plus Strauss-Kahn, dont c’est la nature, se vantera, avec toute la vulgarité qu’on lui connaît, de l’impunité dont il a bénéficié sur le plan pénal, moins on aura de chance de le revoir un jour dans son déguisement de politicien. Car il y a une chose qu’il n’a certainement pas comprise : même « blanchi » il restera ce qu’il est : sale aux yeux de la majorité des Français.

Nafissatou Diallo ne sera jamais assez remerciée de nous avoir débarrassé d’un cynique obsédé sexuel que rien, peut-être, n’aurait arrêté sur le chemin qu’on lui avait tracé pour prendre le pouvoir suprême et en jouir ensuite selon son bon plaisir et celui de ses commettants.

Aujourd’hui, ces rêves se sont effondrés et, en ce sens, DSK, même s’il crâne comme à l’accoutumée avec l’argent d’une femme bafouée et contente de l’être, a bien perdu la partie. L’affaire laissera des traces chez ses amis politiques car celles et ceux qui, au parti socialiste – j’ose espérer que ce n’est pas la majorité - ont soutenu et soutiendront Strauss-Kahn, doivent être systématiquement sanctionnés par les urnes. Pour toutes les élections à venir, dans chaque circonscription, à commencer par la huitième du Val d’Oise - celle de Strauss-Kahn et de son factotum Pupponi - il y aura une Nafissatou Diallo pour les faire battre.

Quelle femme, quel Antillais, quel Africain donnerait aujourd’hui sa voix à celui ou à celle qui a cautionné le racisme, le sexisme, le mépris, l’injustice ? Partout, oui partout, barrons la route aux DSK et privons les de ces voix «noires» dont ils considèrent qu’elles sont leur propriété !

Sur le plan judiciaire, l’affaire Strauss-Kahn est loin d’être terminée. Si le volet pénal a été enterré, il pourrait en être tout autrement du volet civil. On ne peut que souhaiter une saignée financière conséquente pour le présumé violeur puisque l’argent a tant d’importance pour lui.

Rien n’interdit d’autre part à Nafissatou Diallo d’engager des poursuites pénales devant les juridictions françaises comme la loi le lui permet, semble-t-il. Et n’oublions pas que le combat de Tristane Banon, dont on peut s’attendre qu’elle soit lynchée à son tour par les « communicants » à la solde du présumé violeur, doit être soutenu. Au reste, dans les semaines, dans les mois à venir, d’autres femmes vont parler. Il faut les y encourager.

dimanche 31 juillet 2011

Ce que Marie-Victorine M’Bissa (alias Marie-Victorine M.) prétendue "maîtresse" de Strauss-Kahn, a oublié de dire

D’abord son nom : M’Bissa. Etrange de se montrer en photo, de donner trois interviews en 24 heures depuis la Suisse après avoir, parait-il, fui les USA et de faire des mystères sur son identité.

Elle est sarcelloise et a fait ses études au lycée Jean-Jacques Rousseau où des condisciples se souviennent fort bien d’elle à l’époque où elle portait des lunettes. Tout Sarcelles, apparemment, est au courant de sa relation avec Strauss-Kahn qui s’est terminée par une tentative de suicide. Pourquoi ? A l’intéressée de nous l’expliquer.

Marie-Victorine n’a pas dit non plus que son père, chimiste né en 1943 à Kouomi (Congo-Brazzaville) dirigeant d’une entreprise d’importation de légumes africains, mais aussi, selon certains, propriétaire d’un bar-dancing, après avoir été socialiste, s’est retrouvé en 2008 en 41e position sur la liste municipale de l’UMP menée par Patrick Toulmet contre François Pupponi.

Sur cette liste, figurait Mohamed Fofana, également transfuge du PS, le même qui prétendait à qui voulait l’entendre, il y a quatre ans, qu’il serait intervenu, pour le compte de Dominique Strauss-Kahn, afin d’« arranger » l’affaire glauque d’une jeune fille d’origine africaine qui aurait eu une relation sexuelle avec l’ex-futur président de la République française, aurait été enceinte, aurait tenté de se suicider et aurait finalement été exfiltrée, avec l’ «aide» de ceux que ça pouvait déranger.

Une romance pas très romantique finalement qui ressemble beaucoup, mutatis mutandis, à la bizarre confession de « Marie-Victorine M. »

Autre fait troublant : Mohamed Fofana, que Marie-Victorine a oublié de mentionner, alors que c’est lui qui se vantait d’avoir joué les « bons offices » pour conclure cette histoire assez scabreuse, était en 2008 colistier d’André M’Bissa.

Plus troublant encore, Fofana refuse à présent de s’expliquer sur cette affaire, au motif qu’ « on » lui aurait trouvé un travail de gardien d’immeuble à Saint-Denis et qu’il vivrait tranquille à Villers-le-Bel, après avoir perdu la mémoire (sans doute flashé par « Mister K » comme dans le film Men in Black).

On attend avec impatience que François Pupponi, officiellement injoignable pour cause de vacances (dans sa luxueuse propriété corse) confirme ou infirme sa présence à l’hôpital de Gonesse, sur la demande de DSK, au chevet de Marie-Victorine M’Bissa, après la tentative de suicide de cette dernière (c’est elle qui donne cette version dans son interview à L’Illustré). A moins qu’il ait été flashé par « Mister K », lui aussi.

On aimerait, en outre, que les habitants de Sarcelles retrouvent un peu la mémoire et la parole après toutes ces années d’opacité, de mensonges, de terrorisme et d’omerta.

Et puis, cerise sur le gâteau, si certains journalistes français qui ont pignon sur rue se remettaient un peu à travailler, au lieu de partir en vacances ou d’inventer des comités de soutien bidon et manipulés par les compagnons de DSK pour tenter d’occulter celui qui, créé dès le lendemain des événements, est généralement passé sous silence et banni de certains médias. Mais finalement, il fait son petit travail, comme on voit. Au fait, on salue l’arrivée dans ce comité de la maman de Tristane, Anne Mansouret. Là preuve qu'on n'est pas des "communautaristes".

Réponse aux messages racistes que je reçois

Il m’arrive de recevoir des messages racistes que je ne vois pas l’intérêt de publier, mais auxquels il me semble important d’apporter, une fois pour toutes, une réponse globale.

Ce qui revient le plus souvent, c’est que soutenir Nafissatou, ce serait susciter un conflit entre les « blancs » et les « noirs ».

Notons tout d’abord qu’en suivant cette logique on pourrait en dire tout autant de ceux qui soutiennent Strauss-Kahn et surtout de Strauss-Kahn lui même qui, en tentant de violer une jeune Africaine, si l’on en croit les accusations de cette dernière, aurait pris le risque d’allumer un tel conflit.

On apprend de cette manière qu’il y aurait d’un côté les « blancs», de l’autre les «noirs». Strauss-Kahn serait un « blanc», Nafissatou ferait partie des « noirs ». Les « noirs » qui défendent Nafissatou seraient taxés de « communautarisme ». Mais les « blancs » qui défendent Strauss-Kahn n’encourraient pas cet anathème. Une réunion de dix personnes « noires » serait « communautariste ». Mais l’assemblée nationale française, majoritairement « blanche» et masculine, et nullement représentative des électeurs quant au genre et au phénotype, ne le serait pas. J’encourage ceux qui soutiennent ce genre d’absurdités à réfléchir un instant, s’ils en sont capables, puisqu’on dit que le bon sens serait la chose du monde la mieux partagée. En tout cas, j'ignore totalement la couleur de peau de celles et de ceux - ils sont plus de deux mille - qui ont rejoint le comité de soutien à Nafissatou, ouvert à tout le monde.

J’ai reçu quelques messages d’insultes me reprochant d’être un « raciste anti-blanc » parce que je serais «noir». Bien entendu, un « blanc » n’est jamais raciste « anti-noir » (ni raciste « anti-blanc », ce qui va de soi dans l’esprit des racistes). Seuls les « noirs » seraient racistes « anti-blancs » ou même, à la rigueur « anti-noirs ». Or mes parents sont de couleur de peau différente, ce qui devrait me mettre au-dessus de ce genre de soupçon, car je ne vois pas quelle raison je pourrais avoir de reprocher sa couleur à ma mère plutôt qu’à mon père. Mais j’observe que certains ont décidé sans me consulter que je suis « noir » et même que je suis un « raciste anti-blanc ». Je rappelle que tout le monde est, comme moi "métissé", à un degré ou un autre de son arbre généalogique. Implicitement, Strauss-Kahn, lui, est désigné comme « blanc ». Est-il vraiment « blanc » ? Peut-être pas plus que je ne suis «noir». Est-il raciste ? Pour tenter de trouver une réponse à cette question, je renvoie aux excellents écrits de Yann Le Bihan. En tout cas, dans son interview à "L'illustré", Marie-Victorine Mbissa, qui se dit son ex-maîtresse, ne nie pas formellement avoir avorté, même si elle refuse d'en parler, ce qui peut se comprendre. Si une relation avec une femme "noire" était excitante, un enfant "métis" n'était peut-être pas acceptable. C'est le sujet des recherches de Yann Le Bihan (un "blanc" raciste "anti-blanc" ?).

Que conclure de tout cela ? Ceux qui accusent les autres d’être des racistes « anti-blancs » du fait qu’ils seraient « noirs » sont sûrement des racistes tout court et de ce fait s’exposent à la sanction des lois qui punissent le racisme, dont je rappelle qu’elles existent en France – y compris quand il s’agit de correspondance privée (courriels) - et qu’il ne faut pas hésiter à s’en servir.

On me reproche aussi de n’être pas originaire de France, ce qui est assez curieux, dans la mesure où je suis français né en France, fils, petit-fils, arrière petit-fils, arrière-arrière petit-fils de Français, ce dont je ne tire aucune gloire - notamment par rapport à Strauss-Kahn - mais aucun complexe non plus. Ce qui démontre bien qu’il y a des Français de toutes couleurs. Je comprends que ce soit insupportable pour certains, mais c’est ainsi.

J’observe que ceux qui portent ce genre d’attaques, évidemment racistes, se disent parfois fils ou petits-fils d’immigrés.

J’ai même reçu des messages m’accusant d’antisémitisme, parce que je défendais Nafissatou Diallo.

J’ignore tout des croyances religieuses ou philosophiques de l’agresseur présumé, comme il ignore les miennes, mais je ne connais aucune religion qui encourage le viol. Sûrement pas la religion juive. Je serais même porté à conclure que si Strauss-Kahn était croyant, il aurait agi tout autrement avec les femmes. Quant à faire de la « judéité » une « race », je laisse ce genre de croyances aux racistes et je les plains. J’ajoute que crier à l’antisémitisme pour défendre un violeur présumé et un dépravé reconnu n’est certainement pas la meilleure manière de combattre les préjugés.

Je me crois obligé de préciser que mon oncle est mort pour la France dans un camp allemand après avoir combattu, les armes à la main (ce qui n’est pas le cas de tout le monde), le nazisme, le racisme et l’antisémitisme.