le Blog de Claude Ribbe

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jeudi 13 mai 2010

VOS REACTIONS AU FILM LE DIABLE NOIR de Claude Ribbe (diffusé le 13 mai à 23 h 50 sur France 2)

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Allocution prononcée le 10 mai 2010 à Paris, place du général-Catroux, pour l’abolition de l’esclavage.

Pour la cinquième année consécutive, après un long silence, la France commémore l’abolition de l’esclavage qu’elle avait institué dans ses anciennes colonies, ainsi que l’abolition de la traite humaine qui alimentait ce système. D’aucuns ne comprennent pas ou feignent de pas comprendre le sens de cette commémoration. Comme si elle ne concernait qu’une partie de la population : celles et ceux qui, Français ou non, ont un nombre d’ancêtres assez significatif pour que l’esclavage laisse encore dans leur vie d’aujourd’hui des traces économiques, sociales, culturelles, morales. C’est vrai que ceux là, qui sont tout de même plusieurs millions en France, dix millions en Haïti, ce qui n’est pas négligeable, sont les premiers concernés. Les Haïtiens, par leur révolution, ont su dès 1802, créer une identité nouvelle et n’ignorent rien de leur histoire. Pour les autres, les Français, dont les ancêtres ont subi le rétablissement de l’esclavage, après une première abolition, la commémoration d’aujourd’hui contribue à réinventer une identité que l’histoire leur a volée. Car, après l’abolition de 1848, l’esclavage a été nie. Comme si tout avait été définitivement réglé et qu’on pouvait tourner la page. Mais comment construire son avenir, sans savoir qui l’on est ni d’où l’on vient ? Si une partie des Français porte encore aujourd’hui les stigmates de l’esclavage, les autres aussi sont concernés. Non pas que les Français qui ne sont pas descendants d’esclaves doivent se repentir de l’esclavage qu’ont subi les ancêtres de certains de leurs compatriotes. Mais simplement parce que l’esclavage a laissé une trace profonde qui concerne la nation tout entière. Tant que cette trace n’est pas complètement effacée, tant que l’esclavage, qui en est la cause, est encore occulté, il faut que l’esclavage soit commémoré parce qu’il produit encore ses effets. Et tant qu’il produit encore ses effets, il n’est pas complètement aboli. Quelle est cette trace ? Il n’est pas bien difficile de l’apercevoir au quotidien. Rien de moins que la discrimination qui frappe encore celles et ceux dont la couleur de peau rappelle les esclaves de jadis. Pas seulement les descendants d’esclaves, les Antillais, les Guyanais, les Réunionnais, mais tous les Africains aussi. La trace de l’esclavage, encore évidente au XXIe siècle, s’appelle le racisme. Il ne s’agit pas d’une fatalité qui serait propre à la nature de l’homme, comme les racistes, qui ne croient pas à la perfectibilté de cette nature, le soutiennent volontiers. Le racisme c’est une conséquence logique de la pratique dont nous commémorons aujourd’hui l’abolition. Pour justifier cette pratique, l’Europe avait en effet déclaré que les victimes de l’esclavage étaient prédéterminées à l’esclavage par la couleur même de leur peau. Ainsi, tout Africain était un esclave potentiel. Pour beaucoup de nos contemporains, cette idée absurde a survécu. Elle transparaît dans le langage, où le « nègre » est un esclave et rien de plus. Pour les Français de l’outre mer ou originaires d’Afrique, cela veut dire : discriminations au logement, à l’emploi, à l’éducation, à la participation à la vie politique, pour les autres, discrimination pour entrer et demeurer sur le territoire français, pour accéder à la nationalité française, Et c’est l’esclavage, oui, c’est l’esclavage, pourtant aboli depuis cent soixante deux ans qui est responsable de tout cela. Comment, dans ces conditions, pourrions-nous refuser d’en parler ? Le déni n’est-il pas une manifestation du racisme, donc encore un effet de l’esclavage ? Ce n’est pas la crainte d’une prétendue repentance qui explique le silence et l’occultation, c’est la croyance que l’esclavage concernerait principalement des hommes et des femmes qui sont méprisés par une certaine élite : politique, économique, culturelle. Leur histoire n’intéresse pas cette élite. Pourtant le racisme est un fléau dont tout le monde peut-être victime. L’esclavage a produit le racisme. Le racisme était d’abord la justification de l’esclavage. Il est devenu ensuite le principe de la colonisation et ce sont toutes les populations colonisées, et plus seulement les Africains subsahariens, qui en ont été victimes. Il s’est enfin appliqué à d’autres populations qui n’avaient jamais été mises en esclavage, qui n’avaient pas été colonisées, mais qui étaient traditionnellement à l’écart, méprisées, persécutées. On a fait de ces populations des « races ». La suite est connue. Oui, tout le monde a été ou peut être un jour victime du racisme. On le voit : si la liberté générale a bien été proclamée d’une manière définitive en 1848, l’égalité et la fraternité sont encore des buts à atteindre plus que le reflet de la réalité quotidienne. Une nation sans égalité, sans fraternité est-elle une nation prospère, une nation heureuse, une nation capable de faire l’admiration des autres nations, capable de solidarité vis-à-vis de nations moins favorisées, surtout quand ces nations sont d’anciennes victimes, comme Haïti, comme les pays d’Afrique dont on célèbre l’anniversaire de l’indépendance ? Certainement pas ! La commémoration de l’abolition de l’esclavage est une manière de parvenir à une autre abolition, bien nécessaire, celle du racisme, et de satisfaire ainsi à l’exigence de liberté et d’égalité inscrite parmi les principes fondateurs, donc fondamentaux de la nation française. Pour commémorer l’abolition de l’esclavage et lutter ainsi contre le racisme, nous avons choisi d’honorer un héros de l’histoire de France, le général Alexandre Dumas. L’occultation de son existence, y compris dans la personne de son fils, le fait qu’il soit privé de récompenses symboliques depuis plus de deux cents ans, montre que le racisme ne frappe pas que les humbles. C’est le signe qu’il est vivace et dangereux. Nous avons besoin, nos enfants ont besoin, la France a besoin, de pareils héros, qui ont triomphé non seulement des ennemis de la République, mais aussi de l’esclavage et qui, par notre combat, triompheront un jour du racisme. Le monument au général Dumas érigé ici, place du général-Catroux, outre qu’il est le seul mémorial parisien à la fois significatif et accessible, puisqu’il est sur la voie publique, nous permet désormais, à travers le général Dumas, de rendre hommage à tous les esclaves, à toutes les victimes du racisme, à toutes celles et à tous ceux qui luttent, chacun à leur manière, pour son abolition, c'est-à-dire, à la majorité des Français. Cette cérémonie est donc juste et nécessaire, comme est juste et nécessaire le combat que nous menons pour la défense de la liberté, l’avènement de l’égalité et de la fraternité entre Français et, d’une manière générale, entre tous les êtres humains.

dimanche 9 mai 2010

Le général Dumas, symbole de l’abolition de l’esclavage le 10 mai à Paris, place du général-Catroux à 16 h 30

L’esclavage a été officiellement aboli en France en 1848. Mais le racisme, qu’il produisit et qui fut le ciment du système esclavagiste, se porte toujours bien. À travers la prospérité de ce préjugé, l’esclavage se poursuit, sous d’autres formes. Inutile de préciser que le racisme vise d’abord les Africains et leurs descendants et qu’il a été étendu ensuite à d’autres catégories d’opprimés pour justifier d’autres oppressions. C’est pourquoi la commémoration de l’abolition de l’esclavage, crime fondamental contre l’humanité, est nécessaire pour montrer à tous que le racisme, qui peut frapper tout individu, quelle que soit sa couleur, n’est que la conséquence d’une forme particulièrement odieuse d’exploitation-extermination fondée sur la couleur et non pas la cause de cette exploitation-extermination. C’est pour justifier la déportation et l’exploitation des Africains qu’on a « inventé » leur couleur, censée, pour les oppresseurs, les unifier dans la différence et l’infériorité. Ce n’est pas parce que le préjugé de couleur était déjà répandu que la déportation et l’exploitation ont pu se produire, c’est le crime qui s’est ensuite justifié par de tels faux-semblants. Lorsqu’ils n’ont pas l’audace d’exhiber ouvertement leurs convictions, on reconnaît les racistes à trois signes : ils affirment l’existence de races humaines, ils déclarent que le racisme est inscrit dans la nature de l’homme, ils cherchent à occulter ou à minimiser le poids de l’esclavage dans l’histoire. Si la réfutation des deux premières affirmations se fait sur le terrain philosophique et épistémologique, ce qui est un long travail de spécialiste, la commémoration de l’abolition de l’esclavage est un des moyens les plus simples pour révéler l’importance de l’esclavage, montrer qu’il est la racine de l’arbre généalogique du racisme et lutter contre ce fléau. Ceux qui cherchent à faire de la commémoration de l’esclavage une journée de promotion de la « diversité » ou d’une couleur particulière sont des imposteurs qui servent en fait le racisme. Tant que le racisme n’est pas éradiqué, ce qui est parfaitement envisageable puisqu’il n’est que le fruit de l’ignorance, la promotion de la « diversité » n’est qu’un moyen supplémentaire de renforcer les discriminations en imposant aux ignorants la croyance qu’il y aurait plusieurs espèces d’hommes. Ce que les racistes avancent comme un remède est une manière de renforcer le mal. La meilleure manière de commémorer l’abolition d’un crime qui est nié ou ignoré, c’est de fédérer la population autour de héros symboliques qui sont encore victimes du racisme, après l’avoir été de l’esclavage. Le général Dumas est, à cet égard, la figure la plus significative. Né esclave en Haïti, il est devenu une figure majeure de la Révolution française, avant d’être victime du racisme d’État soutenu par Bonaparte, qui remit en place le code noir en 1802. J’ai suffisamment démontré la réalité du crime de Napoléon. Il est temps maintenant de rendre hommage à ses victimes. Il y a trois mois, après que ma dénonciation d’un film anti-Dumas, on entendit, à grand renfort de communiqués, certaines voix blâmer principalement le choix de l’acteur censé représenter Alexandre Dumas, ce qui n’était qu’un des aspects du problème. On aimerait bien entendre les mêmes voix appeler aujourd’hui à se rassembler autour du père de l’écrivain, qui inventa ce nom d’Alexandre Dumas. C’est à juste titre que le seul monument symbolisant l’esclavage sur la voie publique à Paris lui est dédié. Seul un héros de ce calibre, seul un monument de cette importance peut rassembler assez de monde pour que le racisme enfin, après l’esclavage, puisse être déclaré crime contre l’humanité. C’est la raison de la journée du 10 mai. C’est pourquoi j’appelle au rassemblement de tous les antiracistes, et particulièrement des victimes du racisme, des descendants des victimes de l’esclavage, mais aussi des victimes de la colonisation, devant les fers brisés symbolisant le général Dumas et à travers lui l’abolition de l’esclavage et du racisme, place du général-Catroux à Paris dès 16 heures 30, le 10 mai 2010.

samedi 8 mai 2010

À quoi sert la commémoration de l’abolition de l’esclavage ?

Pour la cinquième année consécutive, le 10 mai, sera célébrée la commémoration de l’abolition de l’esclavage en France hexagonale. Pour la seconde année consécutive, le président de la République, qui avait pourtant assisté à cette commémoration en 2006, 2007 et en 2008, ne participera physiquement à aucune cérémonie officielle. C’est le signe clair que le 10 mai n’est vraiment plus l’affaire du gouvernement et sans doute faut-il s’en réjouir après les dérives indignes auxquelles on avait assisté en 2008 et les tentatives absurdes de délocalisation de la cérémonie en 2009. Quant au comité pour la mémoire (et l’histoire) de l’esclavage, on a bien compris que, faute de budget, il ne pouvait servir à rien. Il suffit de consulter, sur son site, le bilan de ses activités et de ses réalisations pour se convaincre de son efficacité. Cependant, la loi adoptée le 10 mai 2001, purement symbolique, ne peut être remise en cause et ne le sera pas, malgré les tentatives de certains révisionnistes qui avaient abouti à une commission d’enquête sur les questions mémorielles, malgré les efforts de ceux qui voulaient brouiller les cartes en contestant la date elle-même, ce qui est un combat insignifiant. Le 10 mai ne sera désormais que ce qu’en feront ceux qui auront su prendre leur destin en mains. Certains verront encore dans cette date l’occasion d’aller gesticuler avec des banderoles comme s’il s’agissait, ce jour là, d’une manifestation politique de plus. D’autres organiseront des colloques dans l’espoir de se donner un peu d’importance et dissimuler la vacuité et la stérilité de leur pensée. Mais n’est-ce pas en désignant, dans chaque ville, un lieu symbolique et en organisant autour de ce lieu symbolique un moment digne, susceptible d’être partagé par tous que le 10 mai peut prendre du sens ? Le problème est d’avoir, sur la voie publique, un lieu suffisamment significatif pour que la cérémonie s’y déroule naturellement. Dans de nombreuses villes de France, le combat pour un mémorial est engagé. À Paris, c’est chose faite. Non sans luttes. Ce lieu symbolique existe depuis le 4 avril 2009, date de son inauguration. C’est le monument au général Dumas, place du général-Catroux, face au consulat d’Haïti et de l’ambassade du Libéria qui, à travers d’immenses chaînes brisées de cinq mètres de haut, évoque assez clairement l’abolition de l’esclavage pour que rien à Paris ne puisse rivaliser avec ce monument exemplaire et incontournable. Toutes les initiatives qui voudraient ignorer ce lieu en appelant à se retrouver n’importe où ailleurs à Paris pour y faire n’importe quoi se désignent elles mêmes pour ce qu’elles sont. Elle sont dictées et parfois mêmes financées par les révisionnistes et les racistes. Elles sont vouées à l’échec, car c’est place du général-Catroux, et nulle part ailleurs à Paris - parce que c’est illégitime et impossible - qu’aura lieu désormais la manifestation du 10 mai. Il ne s’agit plus de brailler, de gesticuler pour susciter le mépris des passants, de palabrer dans des colloques dégoulinant d’ennui, mais simplement de démontrer à l’ensemble des Français, réunis autour d’un monument, qu’ils peuvent se rassembler, sans distinction de couleur, autour d’événements longtemps occultés. Ces événements font partie de leur histoire. La connaissance et la célébration de ces moments douloureux sont indispensables à la lutte contre le racisme qui donne du sens à la commémoration du 10 mai parce qu’elle concerne tout le monde. Le général Alexandre Dumas, né esclave en Haïti, personnalité universellement respectée, héros de la Révolution, privé de Légion d’honneur depuis 1802 à cause de la couleur de sa peau, est suffisamment exemplaire et rassembleur pour que le monument qui lui est dédié serve désormais de point d’ancrage aux manifestations commémoratives de l’abolition de l’esclavage. Tout près des chaînes brisées devant lesquelles aura lieu la cérémonie, un autre monument, celui rendant hommage à Alexandre Dumas, l’écrivain, son fils. Après le film sacrilège qui n’a inspiré qu’indifférence aux spectateurs français, une autre bonne raison de venir se recueillir place du général-Catroux, le 10 mai 2010, à partir de 16 h 30. Manifestation officielle à 18 heures, avec un hommage réunissant plus de cent musiciens en chanteurs (musique principale de l’armée de Terre, chorales d’enfant des écoles, tambours, gwo ka et lambis de Dominique Tauliaut et du groupe Miyo). Buffet et rafraîchissements offerts par les associations (amis du général Dumas, amitié Marie-Galantaise, Armada).

lundi 26 avril 2010

Vu de Marie-Galante

Six heures de décalage horaire, voilà qui fait du bien et permet de relativiser les évènements de métropole. Quand on se lève à Marie-Galante (et on s’y lève tôt, avec le soleil) la moitié de la journée s’est déjà écoulée à Paris où tout le monde s’agite. On a déjà plein de messages. Difficile, en regardant le soleil se lever sur la mer, de n’avoir pas un petit sourire en pensant que c’est depuis cette île, loin de la capitale, qu’on va régler les problèmes qui se sont déjà accumulés. On relativise par la force des choses puisqu’on a six heures de retard. Marie-Galante n’a plus de liaison aérienne et le bateau qui fait la navette avec Pointe-à-Pitre est le seul lien avec la Guadeloupe, la Guadeloupe faisant elle-même le lien avec la France métropolitaine ce sont les deux bateaux quotidiens. Mais l’isolement, il est vrai relatif, a quelques avantages est permet d’avoir un peu de recul. En croisant les pécheurs qui reviennent du large sur leurs petites embarcations et les conducteurs de cabrouets (charrettes encore tirées par des bœufs) qui portent leurs cannes à l’usine à sucre, on est bien obligé de revenir à l’essentiel et l’essentiel, vu d’ici, c’est que le lien avec la France, s’il doit être maintenu, a besoin d’être réinventé. Cette réinvention est absolument indissociable de la mémoire. Car sans le passé, le présent est ici, comme en métropole, absolument incompréhensible et la rupture, à terme, inévitable. Ceux qui disent qu’il faut tourner la page douloureuse de l’esclavage sont dans l’erreur. Cette page, qui est encore blanche, si j’ose dire, explique beaucoup de choses à Marie-Galante où je m’aperçois qu’on a vraiment besoin de livres et de gens comme moi pour les écrire.

vendredi 23 avril 2010

Nouvelles de la Guadeloupe

On se doute que je ne suis pas déplacé en Guadeloupe pour bronzer. De retour sur le terrain, j’ai eu le plaisir de me rappeler pourquoi les racistes me vouent une telle haine. J’aurais dû comprendre plus tôt que le 3 juillet 1974, le jour où un Guadeloupéen (d’origine) est enfin entré à l’École normale, était évidemment pour eux (les racistes) un jour de deuil. Mais quel plaisir de croiser les gens pour la dignité desquels je me bats. Il me semble, d’après les réflexions des plus jeunes qui me saluent, que ce combat a du sens et que ce sens est bien compris. En fait, mon travail ne consiste qu'à servir de contrepoids à ceux qui tirent l’outre-mer vers le bas pour mieux l’exploiter ou pour mieux permettre à leurs maîtres de l’exploiter. Nous les connaissons bien. Ici, en Guadeloupe, le malaise est partout perceptible. Le racisme ? Un tabou dont il n’est sans doute pas prudent de parler sur cette île. Sur les affiches des publicités, ceux qui représentent l’ « identité guadeloupéenne » sont toujours très clairs de peau. Les Békés, les « Syriens » (pour les non initiés : commerçants d’origine syro-libanaise), les élus, les « expats », ceux qui voyagent dans les classes supérieures d’Air France aux frais de la République, vont très bien. RAS. Les autres, les « noirs », la plèbe, le lumpen, n’ont pas l’air d’exister. Un euro le yaourt ? Les plus pauvres - c'est à dire à peu près tout le monde - se nourrissent de patates, de racines au chlordécone. Ils deviennent obèses à force d'avaler ce qu'ils peuvent et s’efforcent de croire qu’ils sont des Français à part entière. Ils sont calmes. Pour l’instant. Vingt cinq à trente pour cent de chômeurs. Six exportations pour cent importations de métropole. Tout va bien. Merci Paris. Pour résumer : malgré les luttes menées l’an passé, les gendarmes, les préfets et les magistrats sont toujours métropolitains, les hôpitaux psychiatriques certainement bien remplis et la vie toujours aussi chère. Une fois et demie à deux fois plus chère qu’en métropole, d’après mes vérifications ! Comment les gens d’ici peuvent-ils arriver à se nourrir ? Mystère et bouche cousue. Il n’y a que le rhum qui soit meilleur marché, ce qui est une incitation, pour ceux qui se posent trop de questions, à trouver, sinon des réponses, du moins une échappatoire. Ici, sous l’un des volcans les plus dangereux du monde, en pleine zone de risque sismique maximum, avec la dengue en prime (400 cas par semaine dans l’indifférence complète de la métropole), en attendant que ça pète (car si ça continue, c'est inévitable) la culture, c’est le luxe. Et le luxe, forcément, c’est cher. Un livre vendu à 19,90 euros à Paris – le mien par exemple - arrive en Guadeloupe avec un retard d’une semaine à un mois, augmenté de 3 euros qui représentent, paraît-il, le prix du transport. Une contradiction flagrante au principe du prix du livre unique imposé par la loi Lang. Et tout est comme ça. Il me semble que la moindre des choses serait que, pour les ouvrages ayant une valeur culturelle, et en particulier un intérêt pour le département d’outre mer concerné, l’État prenne au moins en charge le coût de ce transport de sorte que le principe du prix unique du livre et celui de la continuité territoriale soient respectés. N’est-ce pas Monsieur le ministre de la Culture ? Votre dernier voyage en Guadeloupe remonte à quand, au fait ? Le secteur du livre est très menacé en Guadeloupe comme dans tous les DOM. Je ne m’explique toujours pas que les radios nationales France Culture et France Musique ne soient pas diffusées en Guadeloupe, ce qui ne peut être un hasard. Sans doute, l’État et Radio France considèrent-ils que les Français d’outre mer son trop arriérés pour mériter de capter des radios dites « culturelles ». À moins que l’on craigne que les Guadeloupéens s'aperçoivent qu'on les méprise à Paris dans les sphères du pouvoir économique, politique et culturel; qu’un Finkielkraut dispose d’une tribune sur France Culture tandis que les Antillo-Guyanais (je ne parle pas des imbéciles dont le métier est de se prosterner devant le maître) y sont généralement traités comme des étrangers dérangeants et problématiques. En ce qui me concerne, non seulement, je n’y dispose pas de tribune, mais en dix ans, je crois n’avoir été invité qu’une seule fois sur France Culture. On y a cependant plus d’une fois cité mon nom pour m’insulter, en particulier au moment de la sortie du Crime de Napoléon. Ici pas de journaux, sauf France Antilles et les innombrables publications hippiques. Et Internet – pour celui qui ne fait que passer - c’est quand on peut. Le haut débit est plutôt moyen. La télévision reste allumée toute la journée. On y voit des séries lamentables achetées à bas prix où des héros et des héroïnes à la peau claire totalement décérébrés évoquent leur misère affective. Pour les mères, un seul espoir : avoir un enfant sportif. Le football. Normal, avec la sélection naturelle de l’esclavage, seuls les plus costauds ont survécu. Les plus révoltés, eux, sont passés à la casserole. Malgré tout, Guadeloupéens, on compte sur vous pour que ça change. En douceur, je l’espère.

mardi 20 avril 2010

10 mai 2010 : toutes et tous place du général-Catroux à Paris (17e) à 18 heures !

Pour la cinquième année consécutive, en application de la loi proposée par Christiane Taubira et votée le 10 mai 2001, on va commémorer en France métropolitaine, le lundi 10 mai, l'abolition de l'esclavage. La loi dispose, en son article 1er, que : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité. » L’article 4 dispose que : « En France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage est fixée par le Gouvernement après la consultation la plus large. » La loi Taubira a été constamment attaquée depuis qu’elle produit ses (modestes) effets. D’abord par un quarteron d’ « historiens » à la retraite menés par l’académicien Pierre Nora qui a fait l’apologie dès 2005 du rétablissement de l’esclavage par Napoléon et la promotion du révisionniste Pétré Grenouilleau (que Patrick Karam a proposé, en 2009, pour faire partie du comité pour la mémoire de l’esclavage…). Il faut se rappeler que Pétré Grenouilleau, s’inscrivant dans la stratégie de Dieudonné (un des pires adversaires de la loi Taubira) avait déclaré en 2005 dans le Journal du Dimanche que « la loi Taubira était de nature à renforcer l’antisémitisme en France», que ces propos avaient été attaqués au civil par l’association de Patrick Karam, le Colletifdom, et que Patrick Karam avait ensuite négocié, par l’entremise de Jean-Pierre Elkabbach, le retrait de cette plainte dans des conditions restées mystérieuses. Il devait obtenir peu après un poste sur mesure et rémunérateur de délégué interministériel. Le comité « liberté pour l’histoire » avait utilisé des arguments particulièrement malhonnêtes puisqu’il faisait état de prétendues dispositions pénales résultant de la loi Taubira qui n’a pourtant aucun caractère répressif. Certains députés avaient demandé l’abrogation des dispositions de l’article 2 ainsi libellé : « Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l'esclavage la place conséquente qu'ils méritent» pour se venger du retrait de l’article de loi vantant le « rôle positif » de la colonisation et demandant l’inscription de ce rôle positif dans les livres d’histoire. Après une dernière attaque portée contre le 10 mai par Patrick Karam en 2008 qui avait en fait saboté la cérémonie et fait proposer une célébration du 23 mai par voie de circulaire du Premier ministre, la position du gouvernement, depuis 2009, est de s’inscrire aux abonné absents. On aura remarqué que le Président de la République, après avoir été présent pendant trois années consécutives (Jacques Chirac en 2006, Nicolas Sarkozy en 2007 et 2008) n’était pas sur le territoire français le jour de la commémoration du 10 mai 2009. Des recommandations avaient été faites par le comité pour la mémoire de l’esclavage, organisme consultatif sans pouvoir ni budget, devenu comité pour la mémoire et l’histoire de l'esclavage (CPMHE) afin que les cérémonies officielles soient délocalisées et, de fait, coupées de toute les initiatives associatives. Après le succès et la médiatisation du rassemblement organisé l’an passé place du général Catroux devant le monument au général Dumas, les recommandations pour 2010 vont exactement en sens inverse. Bizarre, non ? Il sera intéressant de voir si le Président de la République honorera ou non de sa présence la partie déclarée « officielle » des cérémonies, de fait hébergée au Sénat, faute de crédits alloués au CPMHE. Il est éclairant de savoir que le comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage est présidé par Françoise Vergès, descendante d’esclavagistes de la Réunion. On n’est évidemment pas responsable de ses ancêtres, et les origines de la présidente du comité n’ont rien à voir avec ses qualités personnelles. Cependant, s’agissant d’un comité pour la mémoire de l’esclavage, c’est un choix qui appelle à la réflexion. D’autant que, à l’exception de Philippe Pichot, connu pour son travail réel autour de la route des abolitions, rares sont les membres du CPMHE qu’on puisse identifier pour leurs engagements ou leurs apports en faveur de l’histoire, encore moins de la mémoire de l’esclavage, si l’on met évidemment de côté les activités lucratives ou honorifiques. Un monument particulièrement ridicule a été installé dans le jardin du Luxembourg en 2006. C’est autour de ce petit objet grotesque décrété œuvre d’art par le gouvernement que le comité pour la mémoire de l’esclavage, faute de mieux, a appelé à se rassembler le lundi 10 mai à 11 h 30. On y croisera, outre quelques personnes sans doute bien intentionnées, tous les lèche-bottes habituels, les racistes qui seront venus, eux, pour commémorer le bon temps de l’esclavage et, plus généralement, ceux qui n’ont rien à faire un jour ouvrable. Le plus amusant sera à l’extérieur. Quelques associations financées en sous-main par Patrick Karam, après avoir, depuis 2006, servi à saboter tout rassemblement unitaire, tentent d’organiser une marche du champ de Mars au Sénat. Cet itinéraire convergent vers le cocktail offert par le Sénat (plus copieux, on l’espère, qu’en 2008) est suffisamment éclairant sur les intentions réelles des organisateurs, qui ont réussi à entraîner la CGT avec eux. Un vrai régal.

Plus sérieusement, le seul rassemblement parisien digne et significatif aura lieu autour du monument au général Dumas, place du général-Catroux à 18 heures sous l’égide de l’Unesco. Ce monument dont j’ai été à l’initiative, a été installé par le maire de Paris en 2009. Il est difficile de contester qu’il est, pour le moment, la seule contribution significative à la mémoire de l’esclavage en France.

lundi 19 avril 2010

Pour qui travaillent les diviseurs ?

Le seul critère sur lequel doivent être jugés tous ceux qui se disent « leaders » de la prétendue communauté « noire » de France, c’est la réalité de leur action. On juge la réalité d’une action à ses conséquences. Dieudonné, profitant de ses talents comiques, qui sont indéniables, a égaré quelques personnes sincères en les entraînant sur les chemins écartés de la haine des «juifs» soudainement et curieusement désignés comme responsables de tous les malheurs des «noirs». On remarquera que, récemment, dans une vidéo, évidemment destinée à jeter de l’huile sur le feu à l’approche du 10 mai et à relancer les ventes du livre de Zemmour qui commençaient à chuter, Dieudonné a validé les propos racistes du provocateur, tout en faisant semblant de l’attaquer. Kemi Seba, dans son rôle d’épouvantail, de manière caricaturale, avait contribué à ce travail de racialisation de la société et d’opposition des « juifs » et des « noirs ». Lozès, le pantin mis en place par ceux qui redoutaient (ou utilisaient ?) Dieudonné et Kemi Seba, a accompli exactement la même tâche en racialisant à outrance. Il n’a jamais caché son inféodation à une organisation qui se dit représentative des « juifs» de France et dont tout le monde sait qu’elle a porté le Cran sur les fonts baptismaux. Le but du Cran est exactement le contraire de ce qui est annoncé : exaspérer l’antisémitisme, imputé aux « noirs » grâce à l’action de Dieudonné et Kemi Seba, mais aussi apparaître, aux yeux de ces mêmes «noirs», comme une organisation-repoussoir de traîtres et d’ambitieux manipulés. Tous ces gens, complémentaires les uns par rapport aux autres, font exactement le même métier et jouent les différents rôles d’une pièce qu’ils n’ont, de toute évidence, pas écrite. On pourrait y rattacher tous les satellites actuellement occupés à saboter le 10 mai, commémoration de l’esclavage, tout en feignant de préparer des manifestations qui n’ont d’autre but que de diviser, de racialiser et de faire passer toute lutte en faveur de l’égalité et de la fraternité pour des activités antisémites. On remarquera que tous ces gens prospèrent et agissent d’une manière concomitante, pour ne pas dire concertée. Ils se trahissent par leur incapacité à dissimuler leur accord sur deux points : la croyance à la « race » et une même haine à mon égard, ce qui est normal puisque je suis le seul à combattre ce préjugé. La vraie question à poser maintenant est de savoir qui a écrit la pièce dont ils assurent la distribution et dont nous connaissons l'argument. Qui les finance ? Qui les soutient ? L’hypothèse la plus simple, ce serait que ceux qui font le même métier soient abonnés à un seul et même guichet dont le tenancier aurait mission d’entretenir la négrophobie en France, ou qui se serait donné cette mission tout en en faisant semblant d’en accomplir une autre, d’apparence plus présentable. Qui est monté sur scène en 2004 pour présenter le spectacle de Dieudonné au Zénith ? Qui a attiré l’attention sur Kemi Seba en déposant une plainte contre lui avant de la retirer ensuite ? Qui finance en sous main les ennemis du 10 mai ? Qui est en liaison constante depuis plusieurs années avec le docteur Yves Kamani, spécialiste du ronflement, mais aussi responsable officiel du bureau des « noirs » au Crif ? Autant de questions intéressantes, propres à exercer notre sagacité printanière.

dimanche 18 avril 2010

Ce n’est pas parce que Zemmour a une tête de dromadaire que les « juifs » sont forcément tous des escrocs, des négriers et des chiens.

Il paraît que Dieudonné aime bien qu’on lui tape dessus quand c’est moi. Message reçu. J’ai vu une vidéo où Dieudonné dit quelques petites choses justes et amusantes pour les mêler à des idées reçues franchement antisémites. Pourquoi ces embardées, Dieudonné ? N’as-tu pas fait assez de mal à la cause que tu prétends défendre, celle des « noirs » ? Il est vrai que tu n’as pas encore compris l’essentiel : il n’y a pas plus de « noirs » que de « juifs » ; il n’y a que des abrutis incultes dans le genre du copain qui prétend te conseiller et qui n’est qu’un petit facho frustré qui te méprise, se sert de toi et te fait dire des choses odieuses. Des choses qui ne profitent qu’à une poignée de gens autoproclamés représentatifs des « juifs » mais qui ne sont pas plus représentatifs que toi tu ne l’es des « noirs ». N’oublie jamais que ces derniers ont moins besoin de toi que tu n’as besoin d’eux. Et ils sont fatigués de t’entendre éructer comme au temps de Drumont, de Lebon et de la rue Lauriston. Lorsqu’ils oublieront, tu te retrouveras seul. Tes amis du Front national te méprisent autant qu’ils méprisent les « juifs » et ce n’est pas avec eux, à moyen terme, que tu feras tourner ton théâtre. Pour qui travailles-tu vraiment, Dieudonné ? Que Zemmour ait une tête de dromadaire, c’est plutôt drôle. Là, tu fais ton métier d’humoriste. Qu’il trahisse ses origines maghrébines, c’est plutôt vrai. Alors pourquoi ajouter que tous les escrocs sont « juifs » ? Que les « juifs » sont des chiens ? Que c’étaient eux les négriers ? Tu voudrais être le contradicteur de Zemmour ? Pour aller répéter ce que ton mentor te dit de dire ? Parler au nom des « noirs » que tu ne représentes pas ? Je ne pense pas que tu sois l’homme de la situation. Quelle que soit ta vis comica, il va falloir que tu bosses pour être au niveau. Pour l’instant tu n’es que le représentant de Soral, des racistes et des cons. Ce qu’il te reste à faire, c’est de t’excuser sincèrement, s’il en est encore temps, d’avoir dit toutes ces sottises infâmes et surtout de nous expliquer pourquoi tu l'as fait. Un homme qui s’est trompé, qui s’est acoquiné par mégarde ou par intérêt, peu importe, avec un imbécile, ne sort jamais amoindri d’une autocritique. Quand tu auras eu le courage de faire la tienne, reviens à ton métier. Ton vrai métier qui est de nous faire rire. Et tu te rendras compte que la liberté d’expression n’a rien à voir avec ce que tu croyais.

Dialogue entre Melanos et Anthropophile

L’autre soir, j’ai assisté à une discussion. Deux points de vue s’affrontaient. Renommons les deux protagonistes : Melanos, et Anthropophile.

MELANOS : -Cher Anthropophile, je souscris à vos thèses, mais je ne comprends pas votre obstination à refuser à l’homme noir sa qualité d’homme noir.

ANTHROPOPHILE : -C’est pourtant simple, Mélanos. L’humain est humain avant d’être noir ou blanc. La qualité d’humain est la substance, la couleur de la peau un simple accident.

MELANOS : -Substance, accident, ne sont-ce pas là des pédanteries aristotéliciennes?

ANTHROPOPHILE : -Non pas. La substance ou l’essence c’est ce qu’il y a de permanent dans un être. L’accident ne change rien à la substance. Écorché comme un lapin, vous serez toujours un homme. L’essentiel n’est donc pas votre peau.

MELANOS : -Ce qu’il y a de permanent en moi, c’est quand même que je suis noir.

ANTHROPOPHILE : -Oui, tant que la lumière est allumée. Mais la nuit, tout le monde est noir.

MELANOS : -Même quand j’éteins la lumière, je sais quand même que je suis noir.

ANTHROPOPHILE : - C’est parce que vous êtes tout seul dans votre lit. Si tel n’était pas le cas, en éteignant la lumière, vous auriez d’autres pensées que la couleur de votre peau en rallumant la lumière.

MELANOS : -Cessez de me railler, Anthropophile, vous voyez très bien ce que je veux dire.

ANTHROPOPHILE : -Eh bien justement, je ne vois pas.

MELANOS : -Vous ne voyez pas ma couleur ? N’est-elle pas évidente ?

ANTHROPOPHILE -Évidente pour mes yeux, pas pour mon esprit. Lorsque je regarde la télévision, je vois toutes sortes de fantasmagories qui ne sont qu’imaginaires. Et même dans le journal qui est censé être la vérité vraie, outre tout ce qu’on me cache, on me montre beaucoup de choses comme vraies dont je sais qu’elles sont fausses. Ainsi ceux qui sourient et paraissent honnêtes sont souvent les pires escrocs.

MELANOS : -Oui, mais un noir à la télévision reste un noir.

ANTHROPOPHILE : -Il n’y a pas de noirs à la télévision. Ceux que vous croyez voir ne sont que des blancs déguisés en noirs ou la projection de la pensée des blancs. Des fantasmagories, vous dis-je.

MELANOS : -Je ne comprends pas.

ANTHROPOPHILE : - C’est pourtant simple. Ceux que vous appelez les noirs apparaissent toujours à la télévision de deux manières. Ou bien positive lorsqu’ils présentent les actualités ou, plus rarement les émissions de distraction. Ou alors dans des rôles négatifs de noirs qui souffrent ou de noirs qui font du mal. Dans ce dernier cas, c’est le prolongement de la pensée blanche : les noirs sont méchants et ils méritent de souffrir. Dans le premier cas, derrière le masque noir, c’est la pensée blanche qu’on vous impose, crédule Mélanos. Le présentateur du journal ne fait que lire un texte qui n’est pas le reflet de sa pensée à lui en tant que noir comme vous dites.

MELANOS - Et les noirs qui dansent et qui chantent et qui jouent au football ?

ANTHROPOPHILE - Des noirs qui souffrent, puisqu’on ne leur a pas laissé d’autre choix. Comme si les noirs étaient si méchants qu’ils ne méritent que de danser, de chanter et de jouer au football, en enfer jusqu’à la fin des temps. Telle est la pensée blanche.

MELANOS - Vous parlez quand même de noirs et de blancs.

ANTHROPOPHILE - La pensée blanche, c’est la pensée au pouvoir. De la non-pensée.

MELANOS : - Donc, il y a bien une pensée noire !

ANTHROPOPHILE : - Justement non. Ce n’est qu’un prolongement de la pensée dominante.

MELANOS -En tout cas, noir je suis noir je reste. A cause de ma peau et de la conscience que j’en ai.

ANTHROPOPHILE - Ah bon, car vous pensez que la couleur est ailleurs que dans la lumière ?

MELANOS : -L’essence de ma peau, c’est qu’elle est noire. Et l’attribut de ma substance d’homme, c’est ma noirceur. Je suis un homme, certes, mais un homme noir.

ANTHROPOPHILE : - Pourquoi dire d’un homme qu’il est noir parce que sa peau aurait tant d’importance ? Est-ce plus important que de dire qu’il est petit, chevelu ou que sa voix est grave ?

MELANOS : -La couleur ne compte pas, alors ?

ANTHROPOPHILE : -Sauf si vous attribuez à cette couleur une substance différente, si vous faites de l’accident une substance. Dans ce cas, vous êtes dans la non-pensée.

MELANOS : -Alors comment dire d’un noir qu’il est noir ?

ANTHROPOPHILE : -Si cela se voit tant, quel intérêt pour vous de le dire ?

MELANOS : -Parce que ça change tout.

ANTHROPOPHILE : -Pour celui qui vous méprise, certainement, mais pour vous ?

MELANOS : -Parce que j’en suis fier.

ANTHROPOPHILE : - Fier de quelque chose qui n’est pas essentiel ?

MELANOS : -Pour moi ça l’est.

ANTHROPOPHILE : -Oui, mais vous avez tort.

MELANOS : -C’est votre point de vue.

ANTHROPOPHILE : -Vous pensez que tous les points de vue se valent ?

MELANOS : -Absolument !

ANTHROPOPHILE : -Eh bien mon point de vue est vrai alors ?

MELANOS : -Autant que le mien.

ANTHROPOPHILE : -Alors sachez que mon point de vue, qui est vrai (vous venez de l’admettre) c’est que votre point de vue à vous est faux.

MELANOS : -Il se fait tard, allons dormir ! La nuit porte conseil.

ANTHROPOPHILE : -Oui, mais réfléchissons avant de nous endormir…

samedi 17 avril 2010

Gare aux volcans !

Un petit volcan islandais se réveille et la face du monde en est soudain changée. Depuis deux jours, plus aucun avion dans le ciel de l’Europe. Et cela pourrait bien durer. Les vacanciers franciliens qui rêvaient de destinations lointaines en sont pour leurs frais. La France est en particulier coupée de cet outre mer dont on se demande ce qu’il représente exactement pour elle, au-delà d’un vestige des splendeurs d’antan et de deux ou trois millions de « noirs » descendants d'esclaves, autant de délinquants potentiels à gérer selon Éric Zemmour, qui dispose toujours d’une tribune sur la chaîne de service public RFO sans protestations de quiconque, hormis les miennes. Imagine-t-on ce qui se passerait si cette situation devait se prolonger pendant quelques semaines, voire quelques mois ? La France a-t-elle prévu que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion puissent prospérer indépendamment de la coupure des communications aériennes ? Je n’en suis pas sûr. Si on prend l’exemple de la Guadeloupe, où les exportations ne couvrent les importations qu’à hauteur de 6 %, où l’économie dépend largement du nombre de touristes (essentiellement métropolitains) qui débarquent à l’aéroport de Pointe à Pitre, la situation, sans avions pour faire le lien avec la métropole (qui représente près des deux tiers des échanges) peut vite devenir compliquée. N’oublions pas non plus que le volcan de La Soufrière, en Guadeloupe, qui ne s’est pas manifesté intempestivement depuis 1976, est classé parmi les trois plus dangereux d’Europe (il paraît en effet que la Guadeloupe est en Europe). La Soufrière aussi pourrait bien cracher son nuage un jour ou l’autre, à l’instar de son homonyme de Montserrat qui a soufflé le sien voici quelques semaines, paralysant pendant quelques jours le trafic aérien, dans la plus grande indifférence de la métropole. En ce qui concerne l’île de Marie-Galante, elle n’est pas dérangée par les nuages de silice car la liaison aérienne avec Pointe à Pitre a été supprimée sans que cela ne dérange personne à Paris, apparemment. Il faut cependant se méfier des volcans islandais. Selon certains observateurs, les répercussions d’une éruption islandaise en 1783-1784 auraient suffisamment perturbé la météorologie pour que les effets s’en soient fait encore sentir sur les récoltes de l’année 1788 qui, on le sait, ont été assez catastrophiques pour conduire à quelques événements spectaculaires l’année suivante qui permirent la révolte des esclaves d’août 1791 en Haïti, première étape de l’abolition générale de 1794. Qui sait les conséquences de l’éruption d'Eyjafjallajokull pour la France et son outre-mer ?

vendredi 16 avril 2010

L’histoire comme force politique.

Il est des jours où s’impose une évidence : les politiciens français, de droite comme de gauche, sans oublier le centre, se payent ouvertement la tête des descendants d’esclaves et d’indigènes, dont la force électorale potentielle représente pourtant de quoi peser lourdement sur l’issue des élections. J’ai dit « les descendants d’esclaves et d’indigènes » car telle est à la fois la clé du problème et le problème lui-même. Le code noir et le code de l’indigénat ont fait de tels ravages que les effets s’en font sentir bien au-delà des abolitions, des indépendances et des naturalisations : je ne vois partout que racisme et discrimination. Et c’est de pire en pire. Une seule avancée : l’émergence d’une autre approche de l’histoire. Des crimes et des héros surgissent des oubliettes. L’ignorance de leur propre histoire, c’est la garantie, pour les opprimés, d’avoir des enfants qui continueront à être opprimés, d’une manière ou d’une autre. Le fait d’avoir dans leurs ancêtres une majorité d’esclaves ou d’indigènes explique l’infériorité économique et sociale actuelle de certains Français entièrement à part. Dans une démocratie, cela n’implique nullement l’infériorité politique si les intéressés ont l’intelligence de se rassembler autour de ce qui leur est commun - ils sont d’abord des descendants d’esclaves ou d’indigènes - au lieu de se séparer par couleurs ou régions d’origine comme on essaie de le leur imposer : « arabes », « noirs », « jaunes » ? Du vent ! Maghrébins, Africains, Antillais, Asiatiques ? Du vent ! La diversité ? Du vent ! Les statistiques de la diversité ? Un crime. La réalité, c’est que la France, comme d’autres puissances occidentales, a voulu s’agrandir aux dépens de populations pacifiques et qu’elle s’est imposée par la force en des régions du monde d’où certains Français, par un effet boomerang, sont à présent originaires. Leurs ancêtres étaient des opprimés. Qu’ils en prennent conscience et ils obtiendront par les urnes un début de réparation. Regardons les états-majors de tous les partis : la honte ! Mis à part une poignée de vendus habitués aux courbettes et aux humiliations, je ne vois personne. Du moins pour le moment, car tout ceci n’est que provisoire. Christiane Taubira a obtenu 2,32 % des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle en 2002, ce qui est considérable. L’élection présidentielle de 2012 se jouera sans doute à beaucoup moins. Le parti communiste n’a obtenu que 1,93 % à la présidentielle de 2007 et 4,29 % aux législatives qui ont suivi, ce qui ne l’empêche pas, grâce à une alchimie subtile, d’avoir 18 députés à l’assemblée nationale ! La même alchimie subtile pourrait porter à l’assemblée nationale en 2007 autant de descendants de victimes de l’histoire occultée de la France sur un programme de salut public invitant au respect des fondamentaux de la République: égalité des droits sans distinction de couleur, fraternité. Tant que cette résolution politique n’existera pas, les politiciens français, aussi racistes les uns que les autres à droite à gauche et au centre, n’auront aucune considération pour ceux qui ne sont pour eux que des inférieurs. Les choses peuvent changer dès 2012. On ne donnera jamais le pouvoir aux descendants d’esclaves et d’indigènes. Alors qu’ils le prennent ! Leur avantage ? L’opprimé est mieux placé pour réfléchir à sa situation et aux moyens de l’améliorer que l’oppresseur ne l’est pour réfléchir aux moyens de poursuivre l’oppression. L’oppresseur pense toujours que s’il opprime si bien, c’est qu’il est supérieur et que les choses se perpétueront sans se poser la moindre question. Il a tort. À force de réfléchir, quand on n’est pas trop bête, on trouve des solutions. Quand on a la solution, il est temps de poser clairement le problème. Pour régler ses comptes, il faut bien se mettre un jour à son compte.

jeudi 15 avril 2010

Publication des "Mémoires du chevalier de Saint-George".

Dix ouvrages, déjà ! Le temps passe vite depuis Le cri du Centaure (2001), mon premier livre. Alexandre Dumas, le dragon de la reine, L’Expédition, Le chevalier de Saint-George (biographie), Une saison en Irak, Le crime de Napoléon, Les nègres de la République, Le nègre vous emmerde, Le Diable noir, et aujourd’hui Mémoires du chevalier de Saint-George. Tout ça commence à prendre de la place sur les rayons d’une bibliothèque. Deux millions et demi de signes frappés sur le clavier, des dizaines de milliers de lecteurs. J’espère qu’ils sont contents de ce qu’ils ont lu et que mes mots ont fait avancer un peu les choses. Avec Les mémoires du chevalier de Saint-George, je n’ai pas d’autre prétention que de faire plaisir à celles et ceux qui connaissent déjà Saint-George et qui pourront l’approcher davantage, et de le faire découvrir sous la forme agréable d’un roman par celles et ceux qui en ont seulement entendu parler. Peut-être certains lecteurs découvriront-ils Saint-George grâce à ce livre qui est celui que je voulais écrire au début. Au tout début, quand j’avais envie d’écrire des livres, mais que je n’étais pas encore passé à l’acte. Il y a quand même cet étrange parallèle avec la situation actuelle dont je ne me serais pas rendu compte, sans ce roman, qu’elle était aussi proche de celle du XVIIIe siècle. Encore des ennemis en perspective, mais tant de nouveaux amis. Bonne lecture en tout cas !

Claude Ribbe, Mémoires du chevalier de Saint-George, roman, éditions Alphée Jean-Paul-Bertrand. Parution : 16 avril 2010. Conférence de présentation et signature en avant-première, jeudi 15 avril, 22 rue Deparcieux, 75014 Paris (avec les associations Amitié Marie-Galantaise et Armada)

mercredi 14 avril 2010

France Télévisions doit contribuer à la lutte contre le racisme

D’après les rumeurs, on devrait bientôt connaître le nom du nouveau président de France Télévisions, qui sera nommé par le président de la République. Quel qu’il soit, quel que soit le mode de sa désignation, la télévision publique joue un rôle clé dans le combat contre le racisme qui doit être également celui du président des chaînes publiques. Les deux armes pour combattre la sottise sont l’éducation et la télévision, qui joue pour beaucoup un rôle plus important encore que l’école. Si la télévision privée fonctionne selon le critère à peu près exclusif de l’audience, le service public peut et doit s’en affranchir pour déterminer ses choix. Ce n’est pas parce le principal objectif d’une ligne éditoriale n’est pas de faire de l’audience, qu’on fait fuir le téléspectateur. Bien au contraire. L’intelligence et l’audace font toujours recette. Il est dans la mission du service public non seulement d’informer et de distraire, mais également de cultiver. Ce ne serait pas trahir la mission de la télévision publique si les grandes chaînes - France 2, France 3 notamment - contribuaient à cultiver les Français, en diffusant systématiquement, à des heures de grande écoute, des programmes - en particulier documentaires - permettant de connaître enfin les héros de l’histoire de France qui ont été occultés à cause de leur origine ou de leur couleur, au lieu d’accumuler, de manière redondante ou ennuyeuse, des programmes sur des sujets éculés comme cela se voit hélas tous les soirs. Les héros ayant surmonté les difficultés de leurs origines, esclavage ou indigénat, sont généralement très fédérateurs et peuvent rassembler une majorité de Français autour d’une autre approche de l’ « identité nationale » montrant que le pays s’est construit grâce à l’apport d’autres continents que l’Europe et en particulier grâce à celui du continent africain qui n’a eu jusque là en retour que mépris et dont les héros sont niés. L’histoire de France ne se limite pas à la seconde guerre mondiale et les téléspectateurs apprécieraient que ceux qui ont la lourde charge de décider ce que diffuseront les cinq chaînes publiques en tiennent enfin compte au lieu de donner l’impression non seulement que leur inculture est totale, mais qu’ils vivent sur une autre planète, ne prennent jamais le métro ni le RER, et n’ont que mépris pour les Français qui ne sont pas, comme eux, blancs de peau.

lundi 12 avril 2010

Retour au chevalier de Saint-George

Mon nouveau livre, Mémoires du chevalier de Saint-George, vient d’arriver de l’imprimerie et sera dans toutes les librairies le 16 avril en métropole. Dans les départements d’outre mer, autour du 20. Ces quatre jours de décalage, c’est ce qu’on appelle la continuité territoriale. Bien sûr, il s’agit cette fois d’une fiction, mais elle reste absolument fidèle, on s’en doute, à ce qu’on sait de la vie de Joseph de Bologne-Saint-George (1745-1799) le désormais célèbre escrimeur violoniste auquel je m’intéresse, pour des raisons d’abord musicales, depuis que ses œuvres on été enregistrées par Bernard Thomas, au milieu des années soixante dix. Après une trentaine d’années de travail, j’ai révélé au public, dans une biographie, parue il y a un peu plus de cinq ans, les origines réelles de Saint-George et de sa mère, qui le rattachaient indiscutablement à l’esclavage. Depuis, nombreux sont ceux qui, de manière inégale, ont voulu parler de Saint-George, alors qu’ils n’avaient souvent pas grand-chose à en dire si ce n’est que c’était un «noir» (avec une majuscule) l’idée même du mélange et de l’indétermination (il suffit de regarder le portrait en couleur de Saint-George) étant évidemment impensable pour les racistes. Même s’il m’arrive de lire encore et d’entendre beaucoup d’absurdités savamment colportées sur Saint-George par ceux qui veulent empêcher les Antillais d’avoir une juste connaissance de leurs héros (on ne nous aura rien épargné : une date de naissance fantaisiste, un nom – Boulogne- qui n’est pas le sien, un S obstiné à la fin de son nom - Saint-George - pour qu’il soit moins singulier, un faux père, une mère « sénégalaise », une compétition avec Mozart inventée de toutes pièces, la langueur créole de ses oeuvres, un prétendu républicanisme auquel il ne semble pas avoir adhéré, une persécution posthume imaginaire sur ordre de Napoléon etc.) cette vérité essentielle (à savoir que cet homme est né esclave et a vécu en métropole au moment où le préjugé de couleur y était introduit) est désormais à peu près admise. D’aucuns se sont arrêtés aux qualités sportives qu’on lui connaît et à celles qu’on lui prête (une sexualité supposée amplifiée par sa « couleur », mais dont en réalité on ne sait pas grand chose). Pour les racistes, le "nègre" serait avant tout un corps fascinant. Saint-George serait tout en muscles - une sorte de footballeur - sa mère, la belle "négresse" du Sénégal, aurait aguiché le colon en tortillant des fesses. Il me semble cependant que le problème le plus intéressant de la vie de Saint-George n'est pas lié à la lubricité de certains de ses admirateurs. Il est ailleurs. D’où l’échec de tous les racistes ayant tenté de monter des histoires (et des affaires) sur ce personnage par la simple déclinaison de superlatifs et d'incantations insultantes présentées comme valorisantes - Nègre ! (épithète en boucle pour qualifier Saint-George sur la musique d'attente du ministère de l'Outre mer depuis onze ans...) Mulâtre ! Imaginons un peu qu'on surnomme Spinoza le Y... du Grand siècle : à qui ferait-on croire que ce serait pour lui rendre hommage ? Qui endurerait ça ? Pas moi, en tout cas. Car toutes les formes de racisme me font horreur. Comment Saint-George a-t-il supporté la montée du préjugé de couleur ? Pourquoi a-t-il arrêté de composer quelques années avant le début de la Révolution, alors qu'il était au sommet de son art, comme on s'en convaincra à l'écoute des quatuors de l'opus XIV ? Quel fut son rôle exact dans les événements révolutionnaires et pré-révolutionnaires ? La fiction que je livre au public, outre qu’elle raconte l’histoire d'un musicien, ne dédaigne pas ces questions majeures. C’est sans doute ce qui la rend vraisemblable. Car la vraisemblance me frappe à la relecture (un exercice difficile pour un auteur, toujours trop sévère avec lui-même). Comme si Saint-George préfigurait la situation française d’aujourd’hui où tout homme de talent (donc présumé indocile) originaire des Antilles ou de l’Afrique, parce qu’il est une contradiction vivante au préjugé de couleur, est forcément suspect, comme s'il était engagé d'office dans la lutte contre le parti colonial et raciste qui cherche à empoisonner l’opinion de ses préjugés. C’est l’histoire de cette lutte involontaire, mais non moins réelle, contre la sottise que je raconte. Le parti colonial et raciste est toujours là, traquant les Saint-George, les Spinoza, s’efforçant de les empêcher d’exister, d’écrire, de composer - bref d’être ce qu’ils sont, emblématiques malgré eux - pour promouvoir les clowns, les médiocres et les lèche-bottes qui rassurent et permettent de maintenir l’oppression. J’espère que ce livre – d’autant plus politique qu’il s’agit d’une fiction - au-delà du plaisir qu’en procurera la lecture, éclairera et encouragera celles et ceux qui se trouvent dans cette situation inconfortable qui consiste à être obligé de combattre quand on aimerait simplement exercer paisiblement ses talents. Car aujourd’hui, plus que jamais, ceux-là ont intérêt à savoir se servir de l’épée et à la garder à la main. Je ne me fais pas d'illusion, en tout cas, sur l'attitude d'une certaine presse à mon égard. Ce livre est le plus dérangeant de tous ceux que j'ai écrits. Si d'aventure, il devait amener à parler de Saint-George un peu plus que de coutume, je ne doute pas qu'ils sauront trouver des gens pour en parler à ma place et dire ce qu'ils ont envie d'entendre.

Mémoires du chevalier de Saint-George, éditions Alphée Jean-Paul Bertrand (sortie le 16 avril 2010)