le Blog de Claude Ribbe

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samedi 30 décembre 2006

Say it loud ! I’m black and I’m proud !

Le jour de Noël 2006 la voix de James Brown s’est tue. Pour le musicien, mon admiration est immense. Je trouvais quand même bizarre qu’il se défrise les cheveux la Elvis Presley, mais après tout c’était son droit. Peut-être de la dérision ou de l'autodérision. Je me souviens d’une de ses chansons. Il invitait son public proclamer et sa négritude et sa fierté. Peut-être même la fierté d’être «noir» ? La chanson était devenue l’hymne du Black Power. Fier d’être noir : je me suis toujours demandé ce qu’il aurait voulu dire par l . La fierté, je comprends. La fierté pour un Américain de ne pas laisser son siège dans l’autobus un autre Américain simplement parce qu’il serait un descendant d’Européens, la fierté de refuser l’apartheid, la fierté d’assumer sa condition de descendant d’esclave, très bien. Mais être noir, était-ce aussi une qualité que décernerait la seule couleur de peau ? « Être noir », qu’est-ce que cela voulait dire exactement pour James Brown ? J’ai enfin trouvé une réponse le jour où j’ai appris que, dans cette chanson, le choeur qui répondait James Brown était composé d’écoliers de la banlieue de Los Angeles dont la plupart n’étaient pas des Afro-descendants, mais plutôt des petits Américains d’origine européenne ou asiatique. À première vue, cela pouvait paraître absurde ou ironique tout autant que de se défriser les cheveux. Mais je me suis dit que, pour James Brown, la fierté d’être « noir», c’était peut-être tout simplement la fierté d’être un humain comme les autres, sans distinction de couleur.

L’année 2006 a été pour moi une année de combat. Elle a commencé par une bataille un contre mille pour faire admettre que Napoléon Bonaparte, héros national et modèle pour certains, était aussi un criminel et un liberticide. Je n’ai pas reçu d’autres renforts que mes lecteurs. Il n’y a pas eu de pétition d’intellectuels, ni de réactions indignées face la flambée de haine ouvertement raciste que j’ai eu subir. Mais grâce mes 30 000 lecteurs, braves compagnons silencieux, je ne suis pas sûr que cette bataille ait été perdue. Le combat a continué pour faire célébrer le bicentenaire du général Dumas, notre héros. Le combat a continué pour publier. Les censeurs s’étaient ligués pour que je disparaisse des librairies. Le combat s’est poursuivi pour inciter les imbéciles racistes davantage de prudence. Parmi les plus acharnés d’entre eux, il y a eu bien sûr des Frêche et des Sevran, mais, malheureusement, il y a eu aussi quelques arrivistes la peau sombre semblables ceux qui, au nom de la fraternité de couleur, "aidaient" leurs camarades monter dans les bateaux négriers. Semblables ceux qui prêtaient main-forte aux esclavagistes de 1802 pour abattre le républicain Delgrès. Téléguidés par des politiques cyniques et soucieux de porter l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle pour s’assurer ensuite une facile victoire, une poignée d’imposteurs qui méprisent l’Afrique autant qu’ils haïssent l’Outre-mer a tenté de nous voler notre identité et notre histoire.

vendredi 22 décembre 2006

La "question noire" vole en éclats

L’année 2006, qui a commencé par la suppression de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 et la décision très contestée de fixer au 10 mai la commémoration de l’abolition de l’esclavage, s’achève sur deux délits impunis : les déclarations du raciste Georges Frêche que le parti socialiste n’a toujours pas exclu et celles de l’eugéniste Pascal Sevran qui, pour le moment, présente toujours sa grotesque émission sur France 2 avec le soutien de Sos Racisme et du Cran. Rappelons que Pascal Sevran avait déj tenu des propos ignobles sur l’antenne du service public le 8 janvier 2006 en faisant l’éloge du tourisme sexuel qui, selon lui, serait une bonne chose pour les pays pauvres. Ce feu d’artifice négrophobe qui marque le début de l’hiver voudrait-il dire que le racisme et en particulier le racisme anti-noir monte ne flèche ? Apparemment non. Rien ne laisse pour le moment supposer que les Français de cette fin de 2006 seraient plus racistes qu’il y a un an. Et il semblerait qu’ils fassent très nettement la différence entre les Antillais qui sont considérés en Métropole comme des Français part entière et les « noirs » qui, dans l’esprit du Métropolitain moyen renvoient l’immigration africaine, sujette réticences. La question noire, que certains irresponsables, pour des raisons politiques, ont voulu créer de toutes pièces en France, va donc voler en éclat dans les prochaines semaines, lorsque certains sondages seront publiés. Faut-il se désolidariser pour autant des Français d’origine africaine et des Africains qui subissent en France des discriminations sans commune mesure avec celles visant les Antillais ? Certainement pas. Mais il convient plus que jamais de dénoncer avec la plus grande fermeté les amalgames qui voudraient, sous le prétexte absurde de la couleur de peau, faire endosser aux Antillais des problèmes que, certes, ils doivent combattre au nom de l’antiracisme, mais qui ne sont absolument pas les leurs.

samedi 16 décembre 2006

Grande mobilisation du Cran devant France Télévisions : 14 participants selon les organisateurs, 10 selon la police !

La légitime protestation des Français contre les propos de Pascal Sevran n’a, pour l’instant, pas abouti son éviction de France Télévisions qui s’est contenté d’un sévère avertissement et – ce qui n’est pas sans intérêt – d’une modification des contrats des animateurs qui devront désormais s’abstenir de déclarations contraires l’éthique de la chaîne, même en dehors de l’antenne. Pascal Sevran est, par ailleurs, poursuivi par le Collectif Dom et risque bien d’être contraint de laisser aux Africains victimes de la famine ses royalties de France 2. Bien sûr, la position de France Télévisions peut être critiquée dans la mesure où Servan continue, pour l’instant, d’animer une émission dont on peut cependant être sûr qu’elle sera boycottée par les téléspectateurs et qu’elle disparaîtra bientôt. Mais faut-il pour autant aller gesticuler et se ridiculiser devant le siège de la télévision publique ? Ce n’est pas mon avis. Une poignée d'excités a voulu s’emparer de l’affaire dans l’espoir d’un peu de réclame en donnant le coup de pied de l’âne un « blanc » déj terrassé par une réprobation unanime. Ils ont annoncé le dépôt d’une plainte, vingt quatre heures après celle du Collectifdom, sans qu’on sache si cette plainte sera vraiment déposée ni par qui. Ils ont tenté une grotesque conférence de presse avec Dominique Sopo, dont on connaît la haine et le mépris pour les Ultramarins. Ensuite, ils s’en sont pris aux Antillais candidats aux élections en essayant de leur faire retirer leurs investitures, ce qui est une façon particulière de défendre la cause des "noirs". L’apothéose est intervenue vendredi 15 décembre. Patrick Lozès a appelé le quarteron qu’il commande un grand rassemblement devant France Télévisions. Bilan : 14 manifestants selon les organisateurs et 10 agités selon la police. Nous attendons avec impatience de voir qui, après une pareille démonstration de force, osera désormais soutenir un mouvement nul de plein droit puisqu’il s’appuie sur un principe odieux et illicite, celui de la discrimination en fonction de la couleur de peau.

samedi 9 décembre 2006

Sevran dehors !

Les déclarations révoltantes de Pascal Sevran auront sans doute été la goutte d’eau sale qui fait déborder le vase putride du racisme déj plein ras bord. Depuis plus d’un an, c’est l’escalade et la surenchère dans l’indifférence. Qu’on se souvienne d’Hélène Carrère d’Encausse, d’Elisabeth Lévy, de Paul Nahon, d’Alain Finkielkraut, de Jean Benguigui, et, plus récemment, du tristement célèbre Georges Frêche. Désormais, il faut que les politiques, les intellectuels, les responsables de chaîne de télévision sachent qu’ la première déclaration mettant en cause les noirs ou les domiens, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes de toutes couleurs descendront dans la rue. En 1789, Camille Desmoulins est monté sur une table dans les jardins du Palais Royal pour appeler les Français se révolter contre l’absolutisme, les privilèges et l’inégalité. Si les choses devaient continuer, je n’aurais personnellement aucun scrupule l’imiter. La France est un pays qui a rejeté depuis 1791 la distinction de couleur entre les citoyens. Tous ceux qui remettront en cause ces principes, quelle que soit la couleur de leur peau me trouveront en travers de leur route. Et je ne serai pas seul. Nous sommes fatigués du mépris des politiques. Nous sommes las de l’arrogance des bateleurs qui nous abrutissent avec des programmes de télévision vides de sens et obscènes. Oui, Jacques Chirac doit, sur le champ, retirer la Légion d’Honneur un raciste indigne de la porter. Oui, Patrick de Carolis doit mettre immédiatement et définitivement la porte, le négrophobe Sevran. Il n’aura aucun mal trouver des Antillais ou des Africains de talent pour le remplacer.

samedi 2 décembre 2006

Napoléon n'a plus la cote

Deux décembre 1805 : Austerlitz. Deux décembre 2004 : commémoration du sacre et dérapage de Max Gallo qui déclare que le rétablissement de l’esclavage n’est pas vraiment un crime contre l’humanité. Deux décembre 2005 : scandale propos de la non-commémoration du bicentenaire d’Austerlitz sous prétexte de mon livre paru la veille : Le Crime de Napoléon. Et le 2 décembre 2006 ? Bonaparte est toujours aux Invalides. Claude-Ambroise Régnier, le signataire de la circulaire raciste du 8 janvier 1803 interdisant les mariages « mixtes » est toujours au Panthéon. Et la statue du général Dumas - interdit de bicentenaire en représailles de mon livre - n’a toujours pas été remise sa place Paris. Il me semble pourtant que Napoléon fait moins recette. Le chat botté, le dernier roman de Patrick Rambaud qui raconte la jeunesse de l’empereur est un bide. Idem pour Napoléon et moi le film de Paolo Vizi avec Daniel Auteuil et Monica Bellucci sorti le 18 octobre grand renfort de publicité. Napoléon n’ayant plus la cote, je me demandais quoi faire ce deux décembre 2006 : et voici que François Bayrou a choisi cette date pour annoncer sa candidature la présidentielle !