La radio RCJ vient de retransmettre une émission-conférence enregistrée par Alain Finkielkraut le 12 décembre dernier. La présentatrice s’alarme que je sois « la personne qui doit affronter Dominique Strauss-Kahn » l’élection législative de Sarcelles. Elle juge «étonnant» qu’un parti politique me soutienne. Alain Finkielkraut intervient alors pour constater avec indignation que je suis un « normalien noir». De ce fait, il considère Le Crime de Napoléon, comme un livre illustrant « une nouvelle configuration de la haine » qui serait «exacerbée par le devoir de mémoire». Je révéle dans ce livre, preuves indiscutables et indiscutées l’appui, que les bateaux français de l’expédition menée en Haïti en 1802 pour rétablir l’esclavage ont servi gazer – non pas les esclaves comme l’indique faussement Finkielkraut - mais des militaires et civils français, hommes, femmes, vieillards, enfants triés sur un critère racial. Mais pour Alain Finkielkraut, un livre écrit par un «normalien noir» est forcément nourri par la « rage victimaire … pour dire aux juifs qu’ils occupent indûment la place de la victime et que celle-ci reviendrait aux descendants d’esclaves, descendants par ailleurs autoproclamés.» Bien évidemment, rien de tel dans mon ouvrage, qui est certes un pamphlet, mais rédigé d’un point de vue universel et antiraciste. J’y explique, au contraire, que les héritiers des victimes, quelle que soit la couleur de leur peau « sont liés par une fraternité de souffrance que l’histoire leur a imposée» Mais Alain Finkielkraut, aveuglé par son racisme viscéral, torturé par l’obsession communautariste qui le ronge et tourne présent au pathologique, n’hésite pas falsifier la réalité. Ce fut déj le cas en 2006 lorsqu’il fit d’un accident qui a coûté la mort, Saint-Martin, un gendarme métropolitain, un épisode de « racisme anti-blanc». Dans Le Figaro du 3 mars, Il n’hésitait pas mettre en cause mon livre, responsable, selon lui, d’un lynchage passif digne du Ku-Klux-Klan, lynchage qui n’a existé que dans son esprit dérangé. Finkielkraut ne supporte par qu’il y ait des normaliens « noirs » ni des candidats « noirs» aux élections, de même qu’il ne supporte pas, comme Georges Frêche, qu’il y ait des footballeurs «noirs». En fait, comme Pascal Sevran, il ne supporte pas les «noirs». Imagine-t-on ce qui se passerait si je disais qu’Alain Finkielkraut est un « normalien juif» ? C’est heureusement impossible, d’abord par ce que je ne suis pas raciste et ensuite parce que Finkielkraut, par incapacité et non pas par discrimination «anti-blanc», n’a jamais pu être reçu ce concours. Sa haine est donc avivée par la jalousie, d’autant que ses essais prétentieux et ségrégationnistes, malgré la promotion éhontée que leur font les médias, ne se vendent pas. Au lieu de se focaliser sur mon dernier livre, Finkielkraut ferait mieux de s’inquiéter du prochain, Les Nègres de la République qui, censuré l’an passé, sortira enfin le 1er mars. Un chapitre entier lui est consacré.

L'enregistrement de l'émission (aller directement 55.58)

La transcription des propos de M. Finkielkraut :

« - Nous avons appris, Alain Finkielkraut et moi-même, aujourd’hui que la personne qui allait affronter Dominique Strauss Kahn lors des élections législatives s’appelle Claude Ribbe. C’est une information étonnante de savoir qu’il va porter les couleurs de François Bayrou… - Oui, je crois qu’il faut parler de ce problème : Claude Ribbe et d’autres – parc e que cela fait partie de la nouvelle configuration de la haine, cette haine dont je parlais tout l’heure et qui n’est pas, justement éteinte par la mémoire, le devoir de mémoire comme on dit, mais au contraire exacerbée, alimentée par celui-ci. Claude Ribbe, qui est normalien – noir ! – a publié, il y a quelques mois un livre, qui a rencontré malheureusement un grand succès, intitulé Le Crime de napoléon. De ce livre, il ressortait que, non seulement Napoléon avait rétabli l’esclavage, mais qu’en plus il avait inventé les chambres gaz… - Qu’il a rétabli l’esclavage, c’est vrai… - Oui, mais il avait inventé les chambres gaz, donc, dans les bateaux qui emmenaient les esclaves. Et ce livre a été très critiqué par les historiens, notamment Pierre Nora et c’est un livre de haine parce que c’est un livre, justement, inspiré si vous voulez, par une sorte de rage victimaire, une manière quand même de dire aux juifs qu’ils occupent indûment la place de la victime et que celle-ci revient aux descendants d’esclaves, descendants parfois d’ailleurs autoproclamés »