le Blog de Claude Ribbe

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jeudi 22 mars 2007

Un nouveau tabou

Pas beaucoup de réactions des médias naguère si empressés de saluer le comptage "racial" de la population française la publication du sondage de la Commission des droits de l’homme qui démontre que la "question noire" n’est qu’une foutaise et une manipulation destinée parquer une "population noire" dans des ghettos et faire battre entre eux les jeunes des banlieues selon le critère de la couleur de leur peau. Je rappelle que ce sondage effectué par l’institut CSA en novembre 2006 et publié le 21 mars 2007 nous apprend que le racisme visant les « noirs » est en baisse. Il nous apprend surtout que si lesdits « noirs » forment un groupe part dans l’esprit de 23 % des Français, ce sont surtout les Africains qui sont visés pour 29 %. Deux fois plus visés que les Antillais en qui seulement 14 % des Français voient un groupe part dans notre société. Deux fois plus discriminés, donc, les Africains. Dans ces conditions, dans l’esprit même des racistes, il n’y a pas de « population noire » en France, mais deux groupes absolument distincts. Alors pourquoi les médias se taisent-ils au lieu de nous révéler ce scoop ? Comment expliquer ce silence sur une question pourtant fondamentale ? Il n’était pas de jour jusqu’ici que certains grands quotidiens ne publient un article expliquant les mérites du comptage ethnique ou accréditant la thèse racialiste de la « question noire ».Tout se passe comme si l’échec de cette thèse racialiste qui arrangeait la pensée unique faisait partie de ces choses que l’on doit taire. Comme si le racisme était un fonds de commerce que d’aucuns ont intérêt faire prospérer. Comme si le meilleur des mondes était un monde où les gens se battent selon leur couleur de peau.

mercredi 21 mars 2007

Le sondage de la CNCDH démontre que la "question noire" n'est qu'une escroquerie.

Comme chaque année, c’est le 21 mars, journée internationale de lutte contre le racisme, que la CNCDH publie son rapport annuel accompagné d’un sondage sur le racisme. Le sondage présenté aujourd’hui au Premier ministre et réalisé par l’institut CSA du 6 au 9 novembre 2006 sur un échantillon de 1026 personnes est une véritable bombe en ce qu’il révèle que la « question noire » agitée depuis quelques mois par certaines associations n’est qu’une escroquerie de plus.

Membre de la commission nationale consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) qui a fait réaliser ce sondage, j’ai été amené participer aux travaux de la commission chargée de piloter l’enquête et j’ai obtenu (de haute lutte) que l’institut CSA distingue dans la question posée propos des «noirs», d’une part les Antillais, de l’autre les Africains. Le résultat est particulièrement édifiant.

La question posée était la suivante : « Pour chacune des catégories suivantes, dites-moi si elle constitue un groupe part dans la société »

Voici les réponses : Les musulmans 57 %, les maghrébins 49 %, les Asiatiques 37 %, les juifs 32 %, les Africains 29 %, les homosexuels 26 %, les noirs 23 %, les Antillais 14 %, les catholiques 8 %.

Le plus important n’est pas tant que la discrimination visant les « noirs » est en baisse de 6 % par rapport l’année précédente (29 %), ce qui contredit déj la thèse d’une discrimination croissante envers lesdits « noirs ». C’est que la notion même de « noirs » est mise en cause dès que l’on distingue les Antillais des Africains.

La discrimination visant les Africains reste relativement élevée (29 %), tandis que la discrimination visant les Antillais, les catholiques mis part, est la plus basse (14 %). Du simple au double ! Etrange pour un groupe qui serait vu comme homogène. En réalité, lorsqu’on parle de « noirs », les Français comprennent « Africains immigrés » en excluant les Ultramarins qui représentent pourtant les quatre cinquièmes des Français censés être justement vus comme « noirs ».

On savait que les Antillais rejettent tout amalgame avec les Africains qui serait fondé surla couleur. On sait présent que, même dans le regard discriminant, les Français font la différence. On ne peut donc fonder l’unité d’une « population noire » ni sur le regard que les intéressés portent sur eux-mêmes ni sur le regard malveillant -que d’autres portent sur eux.

Des associations (réunissant en fait deux personnes) ont prôné le «noirisme» et poussé l’escroquerie d’une question noire au point de faire réaliser un sondage pour prouver l’existence de cette population. En réalité ce sondage présupposait ce qu’il était censé démontrer en posant comme postulat que la notion de «population noire » allait de soi.

Cette démarche avait pour but de diviser les légitimes revendications communes aux Antillais et aux Afro-Africains fondées non pas sur la couleur de la peau, mais sur l’occultation de la mémoire des crimes spécifiques commis contre les uns et les autres : l’esclavage contre les Antillais, la traite puis la colonisation contre les Africains.

Elle avait pour but d’introduire artificiellement une distinction de couleur pour diviser les Français discriminés du fait de leur origine étrangère et dresser les Subsahariens contre les Maghrébins. On sait bien, quand on connaît la réalité des banlieues, qu’il existe une forte solidarité de quartier qui transcende les distinctions de couleur.

Elle avait pour but de masquer les vrais problèmes des Afro-Français, deux fois plus discriminés que les Antillais, non pas cause de leur couleur mais pour des raisons qui frappent les autres immigrés. Des raisons liées l’origine étrangère, la culture, aux conditions économiques et sociales et surtout la religion.

On comprend, dans ces conditions que ceux qui défendent le « noirisme » en France aient vu d’un mauvais œil mon entrée la CNCDH. Depuis le 11 novembre 2005, date de ma nomination, au moins deux lettres de dénonciation ont été adressées au Premier ministre pour demander mon exclusion. L’une émanait de Patrick Gaubert, président de la Licra et membre ès qualités de la CNCDH, l’autre de Dominique Sopo, président de SOS Racisme proche de la Licra comme on sait, également membre ès qualités de la CNCDH. Ces lettres haineuses me reprochaient d’avoir comparé Napoléon Hitler et d’avoir dit que la politique qui consiste mettre des présentateurs d’origine africaine pour présenter le JT dans les rédactions ultramarines de RFO au seul motif que ce sont des « noirs » est une honte et une insulte pour l’Outremer. Je persiste et signe. Les lettres de MM. Gaubert et Sopo qui, fort judicieusement, avaient été adressées au cabinet (du Premier ministre) y sont restées. Jamais, en un an de travail la CNCDH, je n’ai vu siéger M. Gaubert ni M. Sopo. Il est vrai que le mandat de membre de la CNCDH n’est pas rémunéré.

On attend avec impatience de voir comment, au vu de ce sondage, le lobby des statistiques « ethno-raciales » va s’y prendre pour nous vendre les ghettos et l’apartheid et comment on osera encore parler de « question noire » en France.

lundi 5 mars 2007

« Question noire », statistiques « ethno-raciales », une manipulation raciste.

Les Nègres de la République sort en librairie le 8 mars chez Alphée, la maison d’édition de Jean-Paul Bertrand, dans une nouvelle collection, Edit Plus. La publication de cet ouvrage – dont le titre est ironique – a été difficile. Elle était initialement prévue en mai 2006 chez un autre éditeur. C’est, bien évidemment, parce que cet essai est fort dérangeant. J'y remets en question le bien-fondé d’une prétendue « question noire » alors que cette « question noire » est considérée comme un fait acquis par une partie de la presse et des essayistes et que d’aucuns appellent la mise en place de statistiques « ethno-raciales » pour mesurer une prétendue diversité.

En fait la « question noire » agitée par certains intellectuels est une imposture idéologique, sociologique et médiatique.

C’est une imposture idéologique dans la mesure où toute la manipulation mise en place repose sur une utilisation malhonnête du concept littéraire de négritude. De toute évidence des fins racistes. Je procède l’analyse philosophique de ce concept et m’aperçois qu’il n’y a guère eu en France de travail analogue depuis… 1948 avec L’Orphée Noir de Jean-Paul Sartre qui servait de préface l’Anthologie de la poésie nègre et malgache de Senghor.

Il n’y a pas de « population noire » en France. Ceux qui sont vus comme « noirs » se composent en fait de 2,5 millions de ressortissants de l’Outre-mer (dont un million vivant en métropole) et de 500 000 Africains ou Afro-Français de l’hexagone. Si les Ultramarins forment des groupes distincts dans chaque DOM et la rigueur un groupe homogène pour le « cinquième dom » qui se trouve concentré dans la périphérie parisienne et en particulier Sarcelles où ils représentent plus de 20 % de la population (Sarcelles est la ville où je suis candidat aux législatives 2007), on ne saurait amalgamer ce ou ces groupes celui des Français issus d’une immigration subsaharienne récente. Ce qui fédère les Ultramarins, ce n’est pas la couleur de peau, c’est un passé commun lié l’esclavage. Tous les Antillais, Guyanais, Réunionnais, vus comme « noirs » (outre les Haïtiens) sont en effet des descendants des 1,2 millions d’esclaves déportés pas la France. Ils sont tous citoyens français en théorie depuis 1794 et en pratique depuis 1848. Les Afro-Français (environ 250 000) et les Africains vivant en France n’ont pas grand-chose en commun entre eux et encore moins avec les Ultramarins. Amalgamer tout le monde sous le prétexte de la couleur de peau, c’est nier les discriminations spécifiques visant les personnes issues de l’immigration : langue, culture, religion. Un sondage officiel paraître dans les jours prochains montrera clairement qu’ couleur de peau « égale » les Africains sont deux fois plus discriminés dans l’esprit des Français que les Ultramarins. Par « noirs », les Français entendent principalement « Africains immigrés ».

Toute la communication faite autour de la « question noire » en France repose principalement sur la création, fin novembre 2005, d’une association - le Cran - qui se disait représentative des « noirs » de France. L’idée d’une « communauté noire » étant ainsi accréditée par les « noirs » eux-mêmes parlant au nom des « noirs », une bonne partie de la presse n’a plus considéré utile de s’interroger sur la légitimité de la « question noire » parce qu’elle ne s’interrogeait pas sur la légitimité du Cran. Pourtant, toutes les associations d’outre mer ont protesté contre cette manipulation. Le Cran ne rassemblait en effet qu’une poignée de personnes ou d’associations issues de l’immigration subsaharienne – mais fort peu représentatives de cette immigration - auxquelles une certaine presse a consacré, assez curieusement, une attention extraordinaire. Ainsi Libération faisait sa une du samedi 26 novembre 2005 sur un événement inventé de toutes pièces : les « noirs » s’organiseraient et se fédéreraient. L’affaire est illustrée par une photographie représentant en fait le rassemblement des Antillais du 3 mai précédent ! Une interview du nouveau «président » des « noirs » dont l’association - le Cran - rassemblerait 60 associations noires est publiée le jour même. La prétendue information est également reprise dans Le Monde. En réalité, derrière tout cela, il n’y a que deux personnes : Patrick Lozès, président d’un groupuscule, le Capdiv, et Louis-Georges Tin, militant anti-homophobie travers son association An Nou Allé dont l’autre adhérent est David Auerbach. Un document officiel de la préfecture de Police (dont des copiesont été mises aujourd'hui la disposition de la presse) montre que le Cran, dont les statuts ont été déposés le 30 novembre 2005, ne rassemblait en fait que… deux associations et deux personnes : Patrick Lozès et Louis-Georges Tin. Les deux compères avaient tenté de recruter 17 associations africaines lors d’une réunion mouvementée tenue le 25 novembre 2005, mais les présidents de ces associations ne s’étant pas laisser manipuler, ils furent contraints de ne former le conseil représentatif des associations noires qu' deux, Tin faisant office la fois de trésorier et de secrétaire général. Cela permettait de « racialiser » le nom de l’association et de la prétendre « représentative », ce que la plupart des associations africaines convoquées refusaient. Plus de huit mois après cette manipulation, le Cran ne comptait parmi ses membres que 62 adhérents dont 18 associations : tous Afro-Français sauf Tin. Cette situation explique assez bien que des personnes de bonne foi se croyant adhérentes du Cran ne purent jamais obtenir aucun compte-rendu sur la gestion évidemment opaque d’une organisation se réduisant en fait (jusqu’en novembre 2006) deux personnes. Au cas où l'on douterait de cette non-représentativité du Cran, il suffit de se reporter une manifestation organisée le 12 décembre 2006 devant le siège de France Télévisions et qui ne rassembla que 10 "militants". Plus récemment, samedi 3 mars 2007, Patrick Lozès, président du Cran, est venu faire une démonstration de force dans la ville « noire » de Sarcelles l’occasion de la dédicace d’un livre qu’il tente désespérément de promouvoir travers les récentes opérations médiatiques de son association et notamment l’annonce d’un sondage « ethno-racial » qui a fait long feu (mais dont le financement, estimé 60 000 euros, reste fort mystérieux). L’indifférence de la population de Sarcelles a été telle que Patrick Lozès est resté absolument seul dans une librairie et n’a signé aucun livre, les seuls «noirs » de la journée étant des dissidents du Cran venus réclamer quelques explications, ce qui a incité Lozès s’enfuir par une porte dérobée. Que le Cran ne soit représentatif que de deux personnes n’est pas le problème. Le scandale est que cette imposture ait donné lieu une présente obsédante dans la presse (encore une page dans Le Monde de la semaine dernière où il est question du Cran plusieurs reprises).

De deux choses l’une : ou bien certains journalistes se sont livrés une manipulation indigne ou bien ils ont été manipulés. Cette dernière hypothèse étant la plus probable, il leur appartient d’en tirer les conséquences et d’informer leurs lecteurs. Il est absolument certain que les dirigeants du Cran n’ont pas agi seuls. Ils ont bénéficié d’une logistique importante en matière de finances et de communication. Un avocat, Me Francis Terquem, le CRIF, le service de communication du maire de Paris (Anne-Sylvie Schneider) ont été plusieurs fois cités. Si le CRIF et la mairie de Paris ont démenti catégoriquement. Me Terquem ne nie pas être membre d’une association des amis du Cran (qui permet de contourner l’exclusive raciale constitutive du Cran)

Tout ce tintamarre accompagne une tentative de trois statisticiens de l’INED : accréditer en France l’idée de comptage ethno-racial l’anglo-saxonne. Le Cran, appuyé par des lobbies privés, a imposé la CNIL de remettre en cause ses principes en organisant des auditions. En attendant le rapport que la CNIL doit très prochainement rendre sur la question les articles de presse se sont multipliés pour accréditer le bien-fondé de cette initiative clairement raciste, malgré une pétition de chercheurs et les légitimes protestations de tous les syndicats de l’INSEE.

Au-del de l’analyse d’une des plus grandes impostures du moment, où l’on peut voir la tentative de mettre en cause les principes fondamentaux de la République en dressant les Français les uns contre les autres, Les Nègres de la République revient sur le déchaînement raciste des deux dernières années: affaires Sevran, Finkielkraut, Pétré-Grenouilleau, Frêche, Halimi. La question étant de savoir si, au-del du racisme traditionnel, un néo-racisme ne se développe pas dans l’intelligentsia française, les médias et les institutions publiques. Cette question devrait peser lourds dans les prochains jours et dans le débat électoral engagé, sachant que ceux en qui l’on voit des "Nègres de la République", feront très certainement la différence pour les présidentielles et ne se laisseront peut-être pas manipuler aussi facilement que d’aucuns pouvaient le penser.