le Blog de Claude Ribbe

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lundi 4 février 2008

Good Luck, Mr Obama !

From France, for the 214th anniversary of abolition (feb 4 1794), Claude Ribbe just wishes you good luck, Mr OBAMA !




http://www.youtube.com/WeCan08

dimanche 3 février 2008

La lettre posthume de Tony Bloncourt, Afro-descendant franco-haïtien fusillé à Paris à 21 ans (9 mars 1942).

Il n’y a pas que Guy Môquet dont la dernière lettre, écrite avant d’être fusillé par les nazis pour faits de résistance, mériterait d’être lue aux lycéens.

Le 9 mars 1942, un groupe de jeunes gens est exécuté au Mont Valérien. Un procès expéditif et très médiatisé vient d’être organisé au Palais Bourbon.

Parmi les sept martyrs, Tony Bloncourt, accusé d’avoir été l’un des cerveaux des étudiants résistants du onzième arrondissement de Paris et d’avoir participé à la lutte armée contre l’occupant. Tony Bloncourt était né en Haïti où ses parents, Français de la Guadeloupe, avaient choisi de vivre et d’enseigner. Il était arrivé à Paris en 1938 pour y poursuivre ses études. À 19 ans, ils prit les armes. Ce n’est pas la discrimination positive qui lui valut l’honneur de finir sur un poteau d’exécution. A l’heure où l’on parle de promouvoir la « diversité » et où le président de la République française prépare un voyage en Haïti, la mémoire deTony Bloncourt vaudrait bien un hommage particulier.




« Papa sois fort, Maman, je te supplie d'être courageuse » Vous saurez la terrible nouvelle déjà , quand vous recevrez ma lettre. Je meurs avec courage, je ne tremble pas devant la mort. Ce que j'ai fait, je ne regrette pas si cela a pu servir mon pays et la liberté. Je regrette profondément de quitter la vie, parce que je me sentais capable d'être utile. Toute ma volonté a été tendue pour assurer un monde meilleur. (...) J'ai la certitude que le monde de demain sera meilleur; plus juste, que les humbles et les petits auront le droit de vivre plus dignement, plus humainement. (...) Je suis sûr que vous me comprenez, papa et maman chéris, que vous ne me blâmez pas. Soyez forts et courageux. (...) Je pense à vous de toute ma puissance, jusqu'au bout, je vous regarderai. Je pleure ma jeunesse, je ne pleure pas mes actes. Je regrette aussi mes chères études, j'aurais voulu consacrer ma vie à la science. Que Coucoute continue à bien travailler, qu'il se dise que la plus belle chose pour un homme, c’ est d’être utile à quelque chose. Que sa vie ne soit pas égoïste, qu'il la donne à ses semblables quelle que soit leur race, quelles que soient leurs opinions. S'il a la vocation des sciences, qu'il continue l'œuvre que j'ai commencé d'entreprendre ; qu'il s'intéresse à la physique et aux immortelles théories d'Einstein, dont il comprendra plus tard l'immense portée philosophique.(...) Maman chérie je t'aime comme jamais je ne t'ai aimée. Je sens maintenant tout le prix de l'œuvre que tu as entrepris à Haïti. Continue d'éduquer ces pauvres petits Haïtiens. Donner de l'instruction à ses semblables est la plus noble tâche ! Papa chéri, toi qui es un homme et un homme fort, console Maman. Maman Dédé chérie, tu as la même place en mon cœur que Maman. Tous vivez en paix et pensez bien à moi. Je vous embrasse tous bien fort comme je vous aime. Tout ce que j'ai comme puissance d'amour en moi passe en vous. Papa soit fort, Maman, je te supplie d'être courageuse. Maman Dédé, toi aussi. Mon vieux Coucoute et mon vieux Gérald, je vous embrasse bien fort. Il faut aussi, embrasser maman Tata bien fort. Pensez à moi. Adieu ! Votre petit Tony »