jeudi 17 avril 2008
Accompagnons Césaire au Panthéon le 10 mai 2008 !
Par Claude Ribbe, jeudi 17 avril 2008 à 17:46 :: General
C’est avec beaucoup de tristesse que j’apprends aujourd’hui la mort d’Aimé Césaire qui avait déjà été annoncée par anticipation samedi 12 avril. A cette (fausse) nouvelle, j’avais immédiatement demandé - d’une manière involontairement prématurée, ce que certains mauvais esprits n'ont pas manqué de me reprocher - au président de la République d’ouvrir, le 10 mai prochain, les portes du Panthéon à l’auteur du Discours sur le Colonialisme après des funérailles nationales. Je me réjouis que mon idée ait été reprise aujourd’hui par des élus de sensibilités différentes tels que Ségolène Royal ou Jean-Christophe Lagarde. Au-delà de ces deux personnalités, c’est toute la classe politique qui devrait appuyer cette demande et, au-delà de la classe politique, tous les Français. Une pétition pour que Césaire entre au Panthéon le 10 mai 2008 a été mise en ligne dès le 12 avril et je vous invite à la signer dès à présent en cliquant ci-dessous :
signer la pétition "Césaire au Panthéon"
J’invite aussi les Français de toutes couleurs à se rassembler à Paris ce même samedi 10 mai à 14 heures place de la République pour donner à la marche déjà prévue à l’appel de mon ami Claudy Siar le sens d’un grand hommage populaire à Aimé Césaire.
Le texte de la Pétition :
Monsieur le Président de la République,
Césaire est mort. Mais son œuvre est indestructible. Voici tantôt deux ans, Monsieur le Président de la République, vous avez tenu à rencontrer Aimé Césaire et il vous a offert, je crois, son Discours sur le colonialisme.
Un texte fondamental, vous en conviendrez, puisque vous l’avez lu. Fondamental et scandaleux, vous en conviendrez également. Mais quels sont les grands auteurs qui n’ont pas produit au moins un texte scandaleux ? Quels sont les politiques qui n’ont pas commis au moins une bévue ?
Vous aurez bientôt à célébrer une date importante, celle de l’abolition de l’esclavage et je ne doute pas un instant que cela vous préoccupe, vous qui avez refusé la «repentance». À juste titre. Qui aurait osé demander à Césaire, français comme vous et moi, de se repentir ?
On dit que vous assisterez à la commémoration du 10 mai 2008. On dit aussi qu’elle pourrait se réduire à une singerie accommodée par des gens qui n’ont ni compétence, ni légitimité pour parler de l’esclavage et de ceux qui en sont issus. Alors plutôt que d’enterrer la loi du 10 mai 2001 par un ridicule spectacle de patronage, indigne de votre présence et qui irriterait l’Outre-mer, vous pourriez ce jour là honorer les descendants d’esclaves en accompagnant au Panthéon l’un des plus grands d’entre eux, l’auteur du Discours sur le colonialisme et de Toussaint Louverture. Ce serait pour vous l’occasion de rappeler au monde entier que la France, pays des droits de l’homme, n’a peur ni de son histoire ni de ses auteurs réputés dérangeants et peut se retrouver sans crainte au sein d’une mémoire partagée.
C’est pourquoi j’ose solliciter de votre haute bienveillance, Monsieur le Président de la République, un décret pour que la dépouille d’Aimé Césaire, après des funérailles nationales exceptionnelles, soit transférée au Panthéon le samedi 10 mai 2008.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma respectueuse considération.
Claude Ribbe