Le nouveau décret du Premier ministre concernant le comité pour la mémoire de l’esclavage a été publié le 7 mai 2009 au journal officiel. Le comité pour la mémoire de l’esclavage instauré en janvier 2004, change de nom et devient "comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage". Les membres de ce comité sont toujours 12 mais leur mandat est réduit à 3 ans. Assisté par un secrétaire général, « le comité comprend douze personnalités qualifiées, choisies en raison de leurs compétences et de leur expérience en matière de recherche, d'enseignement, de conservation, de diffusion ou de transmission de l'histoire et des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition. » Le comité comprenait jusqu’ici quatre personnalités choisies en considération de leurs travaux de recherche dans le domaine de la traite ou de l'esclavage, mais également quatre personnalités choisies en considération de leur activité associative pour la défense de la mémoire des esclaves et quatre personnalités choisies en considération de leur connaissance de l'outre-mer français. L’activité associative pour la défense de la mémoire des esclaves et la connaissance de l’outre mer français ne semblent plus être des critères de nomination des membres du comité qui devient, de fait, un comité d’universitaires et de fonctionnaires. La séparation entre le comité de l’esclavage et l’outre mer et les associations est désormais un fait flagrant et acté. C’est dans cette logique que la partie officielle de la cérémonie du 10 mai, censée rassembler les descendants d’esclaves en présence du président de la République, a été délocalisée à Bordeaux. L’outre mer, depuis le XVIIe siècle n’est-il par l’"eldorado des Aquitains". N’est-ce pas à Bordeaux que les békés viennent depuis cette époque chercher leurs femmes pour préserver la « pureté de la race » ? Ce qui est présenté comme un événement est l’inauguration ministérielle d’une salle de musée en l’absence du Président et des descendants d’esclaves. Cette inauguration aurait pu se faire dans les mêmes conditions à toute autre date de l’année. Le déplacement à Bordeaux, ville des plus conservatrices qui a construit sa prospérité sur la traite mais qui est aussi une ville où les békés antillais disposent encore d’une influence économique et sociale extrêmement importante tandis que les associations d’ultramarins n’y ont aucune influence, est lourde de sens. Le système économique du container à destination des Antilles ayant remplacé la logique du commerce triangulaire, c’est là où les containers métropolitains partent pour les Antilles que la "fête" aura lieu. L’esclavage, système économique producteur de racisme ayant laissé des séquelles dans les sociétés d’outre mer, est exclu du 10 mai qui devient une commémoration exclusive, et par ailleurs extrêmement ambiguë, de la traite dont certains historiens révisionnistes ont tenté de montrer que c'était une oeuvre humanitaire et que les seules responsabilités étaient du côté des Africains. Des efforts constants ont été constatés depuis 2003 pour réduire la question de l’esclavage à la traite et la traite à une prétendue « question noire » véhiculant l’obsession raciste d’une partie de la population française. Dans cette logique, il est certainement qu’en 2010, la partie officielle de la cérémonie, de Bordeaux, sera célébrée à Gorée. Par ailleurs, le gouvernement table évidemment sur le fait que, durant les 5 prochaines années, le 10 mai sera célébré un jour ouvré, de sorte que les descendants d’esclaves soient totalement et définitivement exclus d’une question qu’on souhaiterait confier à de prétendus spécialistes qui y trouveront, de toute évidence, leur intérêt matériel en devenant des bureaucrates de l’histoire de l’esclavage. On fera en sorte qu'ils en vivent très bien pour que les mêmes occupent durablement le terrain. De toute évidence, on peut s’attendre à ce que le comité, dont la composition, décidée par l'Elysée, sera officiellemnt connue dans les prochainnes heures, soit présidé par un descendant ou une descendante d’esclavagiste. Le seul problème c’est que ce plan insensé, dont on fait endosser la responsabilité au Premier ministre, et qui vient compléter la mascarade des « états-généraux de l’Outre mer », fait courir au président de la République le risque d’une rupture totale et définitive avec l’Outre mer. S'agirait il d'une provocation pour pousser vers l'indépendance des populations qui n'en veulent pas ? Bien entendu, on va chercher à démontrer que les activités des associations qui défendent la mémoire des esclaves se réduisent aux gesticulations de quelques agités racistes. Des associations qu'on connaît bien et qui se trouvent subventionnées en sous main par ceux qui lont intérêt à ce qu'elles existent et fassent peur, sont prêtes à jouer ce rôle. Dès le 10 mai 2009. Le seul remède, dans ces conditions, c’est que les associatifs et les populations ultramarines de métropole s’organisent en comité pour porter le 10 mai et revendiquent dès à présent que la journée soit chomée à partir de 2010. La solution d’une manifestation pérenne et nationale place du général-Catroux à Paris est très certainement la meilleure. C’est pourquoi le rassemblement en hommage aux victimes et aux héros de l’esclavage aura lieu dimanche 10 mai à 14 heures, place du général Catroux à Paris, n’en déplaise aux apprentis sorciers qui entraînent le gouvernement sur une pente dangereuse et qui porteront une très lourde responsabilité dans l’évolution de l’outre mer français au cours des prochaines années, voire des prochains mois. la prise de conscience, par la ville de Paris, de cette évidence est une excellente chose. On se réjouit qu'elle s'associe pleinement à la manifestation du 10 mai 2009 place du général-Catroux et on espère que le maire accordera dès le lundi 10 mai 2010 une journée de congé aux milliers d'employés de la ville originaires d'outre mer pour qu'il reste au moins quelque chose de la loi Taubira, malgré toutes ces manoeuvres.