Les étranges déclarations de M. Mulet
Par Claude Ribbe, mardi 2 février 2010 à 09:15 :: General :: #140 :: rss
Un nouveau donneur de leçons vient d’apparaître. C’est le Guatémaltèque Edmond Mulet, qui vient d’être nommé représentant spécial intérimaire de l’ONU pour Haïti. Ses premières déclarations valent d’être citées : «La communauté internationale et les Haïtiens eux-mêmes ne sont jamais parvenus à fonder des institutions stables.» Il me semble qu’il y a pourtant des institutions en Haïti et qu’elles valent bien celles du Guatemala. Si ma mémoire est bonne, tandis qu’Haïti est un pays modèle pour sa recherche de liberté et d’indépendance, le Guatemala a presque toujours été aux mains des États-Unis qui y ont fait ce qu’ils ont voulu pendant tout le XXe siècle, par le truchement de la société United Fruit. Cette «stabilité» qui manquerait aux Haïtiens, est-ce le régime du dictateur guatémaltèque Efrain Rios Montt qui, il y a seulement quelques années, massacrait 200 000 Mayas de la manière la plus barbare, notamment en les précipitant dans la mer depuis des hélicoptères ? Quelles institutions seraient « stables » lorsque la prétendue communauté internationale approuve un coup d’État et intervient pour refuser au principal parti d'un pays de présenter des candidats aux élections ? On pourra noter au passage que M. Mulet considère que c’est à la communauté internationale de «fonder» l’État haïtien. Cette «fondation» serait-elle l’enlèvement, en 2004, du président démocratiquement élu et l’installation consécutive de 9000 soldats de l’ONU qui, apparemment, ne servent à rien, puisque les USA ont cru nécessaire de leur adjoindre 16 000 autres. M. Mulet reconnaît du reste que la Minustah (mission des Nations unies pour la stabilisation – je dirais plutôt la déstabilisation- d’Haïti) n’a d’aucune manière contribué à secourir les Haïtiens après le séisme : « Au tout début, c'était très difficile parce que tous les locaux étaient complètement détruits et que la direction était décimée. En ce sens, nous étions victimes au même titre que le gouvernement et la population. ». À entendre M. Mulet, c’était presque aux Haïtiens de secourir le personnel d’occupation de la Minustah et non pas l’inverse. C’est bien triste de voir un pays ainsi livré à des gens capables de débiter devant la presse autant de sottises. Espérons que l’intérim de M. Mulet ne soit qu’un intérim et que ce ne soit pas un âne qui le remplace.
Commentaires
1. Le mardi 2 février 2010 à 14:43, par zen509
2. Le mardi 2 février 2010 à 18:37, par Clafoutis
3. Le mardi 2 février 2010 à 21:44, par kristin
Ajouter un commentaire