dimanche 14 février 2010
"L’Autre Dumas" boycotté.
Par Claude Ribbe, dimanche 14 février 2010 à 11:14 :: General
Le film raciste L’Autre Dumas, malgré les moyens de propagande peu ordinaires mis en oeuvre pour sa promotion, mord lamentablement la poussière. C’est bien fait ! L’appel au boycott, que la presse mainstream a pourtant été si réticente à relayer, a été entendu de tous les spectateurs français.
Malgré les 281 copies tirées par UGC pour faire de cet étron de M. Nebbou le succès de l’année, sa puanteur n’a attiré que les mouches : seulement 17 256 entrées le premier jour, soit une dizaine de spectateurs par séance. L’Autre Dumas est un cuisant échec en salles. La carrière d’un film, on le sait, se fait le jour même de sa sortie. À partir des entrées comptabilisées à ce moment-là, il est possible d’évaluer le nombre total de billets vendus. Cette estimation détermine le nombre de salles dans lesquelles le film continuera à être projeté au cours de la seconde semaine. En l’occurrence, L’Autre Dumas, dont les affiches couvraient littéralement Paris au cours de la dernière quinzaine, ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Honte à tous les journalistes de radio et de télévision, notamment ceux du service public, qui ont fait une publicité scandaleuse à ce navet négrophobe en servant la soupe à ses promoteurs, bien au-delà des limites acceptables !
Benoît Poelvoorde a certainement pris conscience du type d’entreprise à laquelle on l’avait associé. Et c’est tout à son honneur. Il a en effet annoncé, au moment même de la sortie de ce film, qu’il arrêtait sa carrière d’acteur. Quant à Depardieu, ce rôle restera dans son palmarès comme une flétrissure indigne de son talent. Au même titre que son soutien à Georges Frêche. Retenons bien, en tout cas, le nom des responsables apparents de cette affaire, même s’ils ne sont, peut-être, que les marionnettes de commanditaires occultes. Car onze millions d’euros levés pour une pareille cochonnerie, c’est plus que suspect. Imprimons bien en tout cas dans notre mémoire les noms des producteurs : Franck Le Wita et Marc de Bayser. Retenons bien aussi le nom du réalisateur : Safy Nebbou. N’oublions pas le coscénariste : Gilles Taurand. Ces gens-là sont dangereux. Ils se sont livrés sans complexe à une offensive négrophobe jamais vue dans l’histoire du cinéma français. Non seulement à cause du casting, mais surtout parce que le propos même du film était de déconsidérer un héros majeur de la diaspora africaine. Yannick Noah dans le rôle de Dumas, cela n’aurait rien changé. Alors que tous ceux qui ont dans leur tête un projet de ce genre y réfléchissent à deux fois. Ils y laisseront systématiquement leur chemise. Attaquons nous au porte-monnaie, puisqu’ils ils ne comprennent que ça. Boycottons les racistes ! Désormais, tous ceux qui participeront à ce genre d’entreprise pourront s’attendre à nous retrouver. Ce sera systématiquement l’appel au boycott. Notamment au moment de la diffusion de ces fientes filmées sur les chaînes publiques. Merci à ceux, à commencer par Christophe Donner, auteur d’un cinglant article dans Le Monde 2 (vendredi 12 février) qui ont sauvé l’honneur de la presse française en disant ce qu’il convenait de dire sur ce film. Il est vrai que Christophe est bien au-dessus du lot.
L’échec de L’Autre Dumas marque un tournant historique. Pour la première fois, la diaspora afro-antillaise de France s’est levée et, d’un élan unanime, des gens qui d’habitude ne se supportent pas parce qu’on les a encouragés à se battre entre eux, ont protesté d’une même voix pour défendre Alexandre Dumas. Ils en ont fait leur héros. Ils ont compris que Dumas, au-delà de son talent, était un symbole.
Plus encore que d’avoir été suivi, je suis fier d’avoir donné le signal de la résistance. Nous voici enfin entrés dans le XXIe siècle !