le Blog de Claude Ribbe

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mercredi 31 mars 2010

10 mai 2010 : fin de partie pour les racistes.

Très amusante, l'actuelle gesticulation du gouvernement français pour le 10 mai 2010 (commémoration de l'esclavage). Jusqu’alors, on en était resté à la ligne Karam qui avait promis au cabinet du Président de la République d’en finir avec la « repentance », donc avec le 10 mai et de désorganiser les « noirs ». C’est grâce à cette brillante idée qu’il a réussi a obtenir de quoi manger pendant ces trois dernières années. Le 10 mai 2006, ledit Karam, encore sous-marin dans une association bidon, déclarait tout le bien qu’il pensait des Africains de France : tous des sans-papiers polygames pratiquant l’excision ! Le 10 mai 2007, il négociait son contrat : on eut droit à une commémoration à la sauvette dans les jardins du Luxembourg. Le 10 mai 2008, Karam, officiellement chargé de la Police des noirs en France, avait pris les choses en mains avec la brutalité qu’on lui connaît. Il avait espéré, en faisant verser une importante subvention à l'association d'Alain Guédé, récupérer une histoire qui n’est pas la sienne et faire du chevalier de Saint-George une figure de la « discrimination positive » chère aux ignares qui conseillent le Président sur ces sujets. En même temps, il faisait prendre à Fillon une circulaire absurde instaurant une seconde date de commémoration, le 23 mai. On a assisté à une kermesse coloniale, du genre réception des békés le 14 juillet à la préfecture de Basse-Terre. Les blancs devant, les noirs derrière. Karam, qui est à peu près à la musique ce que la vénérologie est à l'amour, avait installé une sono de bal boudin crachant les fausses notes d’un improbable orchestre. Un buffet misérable dans un couloir du Sénat concluait cette fête indigne. L’après midi, une marche était organisée par Claudy Siar. Mais il se fit rouler dans la farine pour avoir pactisé avec le CRAN, soutenu en sous-main par le même Karam. Tout cela n’était guère concluant. En 2009, à l’époque où Jego et Karam n’étaient pas encore les bons amis qu’ils semblent être aujourd’hui, l’organisation de la « fête des nègres » échappa au bureau de la Police des noirs. Il fut décidé que, pour enterrer définitivement la loi Taubira, on délocaliserait la manifestation. À Bordeaux ? Bonne idée ! Et l’année suivante à Tombouctou ! On se rapprocha d’Alain Juppé dans l’espoir qu’il paierait. Mais Juppé, après avoir déboursé un million d’euros, fut lui aussi roulé dans la farine. Il se souviendra de Karam et de ses amis. Au dernier moment le président de la République, pourtant annoncé, s’était volatilisé. Il était allé fêter le 10 mai en Allemagne avec Merkel. Le bureau de la Police des noirs, pour éviter que la manifestation ne se fixe à Paris place du général-Catroux, bastion de son pire ennemi balisé par un monument à l’esclavage qu’il est difficile de ne pas apercevoir, avait favorisé discrètement une gesticulation de diversion. Cependant, c’est bien la place du général-Catroux, où fut organisée une manifestation digne et symbolique qui, malgré très peu de moyens, retint l’attention. Manqué ! Pour 2010, la désorganisation est la totale. Le bureau de la Police des noirs n’a plus beaucoup de crédit et il est désormais difficile à son chef, devenu complètement hystérique depuis qu’il a fait perdre plus de cent mille voix à l’UMP de Paris, et que tous ses hommes de main ont été convoqués par la Police pour une vilaine affaire de diffamation à caractère racial dont j’ai été victime, d’apparaître publiquement sans risquer de se faire huer ou cracher à la figure. Surtout un 10 mai. Marie-Luce Penchard, de son côté, bloque toutes ses initiatives, ce qui peut se comprendre puisque Karam l’a abreuvée d’insultes, directement ou par personnes interposées. Le comité pour la mémoire de l’esclavage, quant à lui, n’a pas un sou et s’efforce de justifier son existence à coups de notes, réunions et circulaires. Il n’a d’autre choix que de demander, une fois de plus, l’asile au Sénat dans l’espoir d’un rassemblement de quelques nègres oisifs et lèche-culs qu’on pense attirer, comme les corneilles, avec un peu de nourriture, un lundi matin, autour du monument ridicule du jardin du Luxembourg.

"- Chef, on pourrait aussi faire venir des Haïtiens ? - Ah, en voilà une bonne idée qui devrait plaire à l'Elysée ! Sarko espère faire signer des contrats à Préval et pense avoir des réseaux. Mais attention, que des Haïtiens contre Aristide ! Des putschistes ! Pas des amis de Ribbe, hein ? - Bravo Chef ! Et si on invitait Duvalier au Luxembourg pour nous parler du général Dumas ! ça serait bien et ça ferait chier Ribbe, non ? -..."

Et le Président ? Peu lui chaut. Ayant choisi les mauvaises personnes et ne parvenant pas à s’en débarrasser, il sait que, quoi qu’il fasse, il sera critiqué. Karam n’a plus qu’à compter sur les associations, déguisées en mouvements radicaux, qu’il finance en sous main pour organiser la diversion. Ce qui est très intéressant, cette fois, c’est que les traîtres, les jaunes, les vendus, à force, sont parfaitement identifiés. Il n’y a plus qu’à attendre de voir ce qui se passera lorsqu’ils sortiront de leurs tanières. La question qui obsède tous ces gens est de savoir ce que Ribbe peut bien mijoter pour le 10 mai prochain. S’ils étaient moins bêtes, ils pourraient le deviner, non ?

- En attendant, Chef, on pourrait remplacer Karam par son ami Zemmour ? Peut-être aurait-il plus d'idées pour le 10 mai ?

mardi 30 mars 2010

Racisme anti-blancs ?

Une expression qu’on n'entendait plus chez nous depuis que Finkielkraut, la «belle intelligence française», est devenu muet, mais qui revient dans le journal Libération à propos de fermiers Afrikaners qui s’estiment discriminés. Le racisme dont souffrent certains Afrikaners n’est que la conséquence des préjugés infects qui ont longtemps servi de doctrine politique à leur pays. Ils ne devraient guère s’en étonner et pourraient comprendre que le gouvernement de l’ANC veuille en ce moment changer jusqu'au nom des villes. Ils faut rappeler que Pretoria a ainsi été baptisée en l’honneur du sieur Pretorius, un colon qui avait gagné une bataille contre les Zoulous en 1838. Je suis passé là-bas voici quelques années. C’est vrai que les Afrikaners sont plutôt discrets. Soucieux de rester entre eux, ils se barricadent dans leurs luxueuses propriétés. L’Afrique du Sud est le pays où l’on vend le plus de fil de fer barbelé. Dans un centre commercial fréquenté par les Afrikaners, j’ai remarqué beaucoup de publicités pour les clubs de tir. Les anciens maîtres de l’apartheid sont désormais armés jusqu’aux dents. Ils ont peur. C’est normal. Comme ils sont « blancs » et riches, et que leurs ex-victimes sont « noires » et pauvres, les tensions sont autant sociales que « raciales ». Nombreux sont d’ailleurs ceux qui investissent discrètement en France dans de jolies propriétés. Pour en connaître quelques uns, je ne peux pas dire qu’ils sont sympathiques. Surtout à mon égard. En un mot, je n’ai pas envie de plaindre les Afrikaners plus que d'autres. La fin de l’apartheid a été plutôt heureuse et digne. Pour eux, ni valise ni cercueil. Racisme anti-blancs ? Une expression intéressante. Pourquoi préciser « anti-blancs » ? Le racisme, c’est le racisme, non ? La formule « anti-blancs », c’est simplement l’aveu que le racisme est une invention des Occidentaux pour dénigrer les Africains et leur diaspora. Lorsque les arroseurs se trouvent à leur tour arrosés, lorsqu’ils récoltent ce qu’ils ont semé, ils se sentent obligés d’inventer une expression particulière, comme s’il fallait encore une hiérarchie des « races » parmi les victimes du racisme, comme si cela faisait plus mal à un « blanc» d’être discriminé à cause de sa couleur. Désolé, mais le racisme, cela fait mal à tout le monde de la même manière.

dimanche 28 mars 2010

Et Haïti ?

Cela ne fait pas trois mois, mais Haïti est déjà sortie des préoccupations de la presse et de ceux qui s’en nourrissent. Les « donateurs » (les ex-prédateurs) continuent à discuter, toujours sur la base des 11 milliards de dollars qui seraient nécessaires pour remettre le pays à peu près en état. J’avais fait à peu près ce constat financier dès le lendemain du séisme. Mais on n’a pas encore vu le cinquième de cette somme. Les plus heureux des sinistrés, au nombre de 1 million et demi, sont toujours sous des tentes. Les autres couchent dehors, mais les pays riches ne s’en soucient plus puisque la télévision a cessé d’en parler. La mise en place par Obama d’un fonds Clinton-Bush est une décision plus que surprenante. Si Clinton est assez populaire dans le pays, Bush reste l’homme qui a organisé, avec Villepin, l’enlèvement du président régulièrement élu, Jean-Bertrand Aristide, la déstabilisation et l’occupation du pays. Telle est la raison pour laquelle il s’est fait huer lors d’une récente apparition à Port-au-Prince aux cotés de son prédécesseur et de René Préval qu’il est surprenant de voir encadré par ces deux Américains, fussent-ils anciens présidents. N'oublions pas que le pays est toujours militairement occupé par les USA. Du côté de la France, on attend toujours ce qui découlera concrètement du voyage sur place de Nicolas Sarkozy à qui des manifestants ont pourtant fait savoir que le retour du président Jean-Bertrand Aristide restait l’une des préoccupations majeures de la population qui est à juste titre persuadée que lui seul est capable de reconstruire le pays sans tomber sous la tutelle étrangère. Des commentateurs ont tenté d’expliquer que les huées qui avaient accueilli Bush fils ces derniers jours étaient en réalité destinés à Bush père, responsable d’un premier coup d’État contre Aristide en 1991. Encore une façon de passer sous silence celui de 2004, bien imputable, celui-là, au sinistre Bush fils. Pour tous ceux qui voudraient comprendre la situation d’Haïti, je ne peux que recommander l’excellent ouvrage de Randall Robinson, Haïti l’insupportable souffrance, auquel j’ai d’ailleurs donné une préface dans l’édition française parue voici un mois (éditions Alphée-Jean-Paul-Bertrand).

J’animerai une conférence de présentation de cet ouvrage samedi 3 avril, à l’initiative des associations Armada et Amitié Marie-Galantaise qui débutent ainsi un nouveau cycle. J’y évoquerai l’ouvrage de Randall Robinson, en présence de Madame Lilas Desquiron, écrivain, co-auteur d’une excellente biographie de Martin Luther King. Ministre de la Culture et de la Communications de la République d’Haïti sous le gouvernement de Jean-Bertrand Aristide, Lilas Desquiron est à ce titre le témoin privilégié du coup d’État occulté de 2004 puisqu’elle fit partie de la délégation haïtienne qui se rendit auprès de Dominique de Villepin le vendredi 27 février 2004, alors que le ministre des Affaires étrangères français, avec la complicité de Régis Debray, avait déjà planifié le renversement du président haïtien. Lilas Desquiron répondra à cette occasion à toutes les questions des participants. Une mise au point à mon sens salutaire pour l’histoire.

Conférence sur Haïti samedi 3 avril 2010, à partir de 14h animée par Claude Ribbe, avec la participation de Lilas Desquiron, ancienne ministre de la Culture de la république d’Haïti à l’occasion de la sortie du livre de Randall Robinson Haïti l’insupportable souffrance (éditions Alphée-Jean Paul Bertrand) qui sera disponible sur place.

Maison des Associations du 14ème 22 rue Deparcieux 75014 Paris Métro : Denfert-Rochereau. Organisation : Associations Armada et Amitié Marie-Galantaise.

samedi 27 mars 2010

Nazi rock !

Allez, tout ça c’était pour rire. On passe l’éponge. Mais non, Zemmour n’est pas méchant. Il ne peut pas être méchant. On n’a pas le droit de l’attaquer, de toute façon. Bon, il s’est un peu lâché pour faire parler de lui, il a juste craché sur les nègres et les bougnoules. Mais comme on s’en fiche de ces sous-Français hors corps traditionnel, ça n’a pas d’importance. Et puis il a des excuses, Zemmour : il avait un livre en promotion. À 20 000 exemplaires nets vendus, vous avez vu, il s’est excusé. S’il avait été cupide, il aurait pu attendre encore un peu : 50, 100 000. Mais non, c’est un type honnête. Il a su s’arrêter. Il s’est mis ses cinquante mille euros dans la poche et basta ! Il a demandé pardon à la Licra. Que voulez-vous de plus ? C’est un héros. Et cultivé avec ça ! Il est même beau, vous ne trouvez-pas, les filles ? Comme j’aimerais lui ressembler ! Alors bravo Zemmour ! Bravo Fayard ! Bravo Claude Durand ! Bravo Lagardère junior ! Bravo France Télévisions ! Bravo Canal plus ! Bravo RTL ! Bravo Le Figaro ! Ah, évidemment, s’il avait été «noir» ou «arabe» et qu’il ait dit des méchancetés sur les «blancs», là ce serait différent. Six mois ferme ! Mais ce n’est pas le cas. Et puis Zemmour, Bilger l’aime bien. Vous ne savez pas qui c’est ? Mais c’est une référence, Bilger. Blogueur influent la nuit et le jour accusateur public ! Juge et partie : le rêve. Carte et blog tricolores ! Oh pardon Monsieur ! Il y a ceux qui dînent avec Bilger et puis les autres : vous et moi, par exemple. Donc si Bilger a dit que Zemmour était utile à la société et qu’il a raison de dénoncer les singes et les bicots qui vendent leur drogue, violent les femmes blanches et piquent les sacs des vieilles, il faut s’incliner. N’imaginez surtout pas que le procureur général le suspende. Non, il lui a juste dit d’être plus discret pendant quelques temps. On vous soutient, on pense comme vous, mais allez y mollo, quand même. En plus, Bilger a fait un distinguo. Il y a quelques gentils noirs et quelques gentils arabes, ceux qui sentent bon genre Audrey Pulvar, Harry Roselmack, Thuram ou Alexandre Djhouri. Même Lozès à la rigueur. Il fait semblant de nous critiquer, mais il est de la maison, comme on dit. Ceux là on ne touche pas, mais les autres Taïaut ! Je ne peux pas vous dire combien de temps ça va durer comme ça. Mais profitez-en, Messieurs. Le seul problème, ce sont les jeunes, les racailles, les sauvageons. Ceux qui sont déjà coupables, ceux sur qui vous crachez dans vos dîners, ceux que vos flics contrôlent le samedi quand ils osent s’approcher en «bandes ethniques» trop près des quartiers «blancs», ceux que vous embastillez dans vos prisons surpeuplées, ceux qui ne seront jamais hyperprésidents à cause de leur sales gueules d’enfants d’esclaves et de colonisés. Ceux qui n’ont pas de Rolex. On ne les tient pas, ceux là. Je tenais quand même à vous le dire. Peut-être un jour, promèneront-ils vos têtes au bout d’une pique. On ne sait pas, ça s’est déjà vu. Je vous dis ça comme ça. C’est vrai, je suis un mauvais nègre. Pardon, M. Bilger ! Pardon M. Zemmour. Non, ça m’a échappé. Je vous promets, je ne recommencerai pas. Ne me frappez pas ! Ne me mettez pas en prison ! Vous avez raison ! Dansez, faites la fête ! Soyez décomplexés ! O-O-Occident ! Le bras tendu ! Plus haut ! Boulogne boys vaincront ! Dumas tout blanc ! Les Français premiers servis ! Vive Zemmour ! Vive Bilger ! Vive Napoléon ! Que les autres crèvent en prison ! On fait de l’audimat, on vend des livres racistes, on a le pouvoir ! On est les meilleurs ! Champagne ! Sans rancune ! Zemmour président ! Bilger garde des Sceaux ! Poniatowski ministre de l’égalité des chances ! Karam ministre de la Culture ! Marine Le Pen à l’immigration ! Nazi Rock !

jeudi 25 mars 2010

L’avocat général décomplexé Bilger approuve Zemmour et les statistiques ethniques

Philippe Bilger aime la liberté d’expression et les hommes qui «osent dire» ? Très bien ! Allons y ! Il faut rappeler que M. Bilger est un haut magistrat du parquet, avocat général à la cour d’Appel de Paris et que c’est lui qui a demandé et obtenu, lors du procès Halimi, la peine maximale pour Fofana, le principal accusé. M. Bilger, bien que magistrat, s’exprime librement sur son blog. Tant mieux ! Moi aussi. Mais lorsque cet avocat général décomplexé, comme on dit, nous parle de justice, on arrive sur un terrain glissant. Est-ce l’avocat général, tenu par le devoir de réserve, protégé par la loi, qui s’exprime ou tout simplement M. Bilger ?

En tout cas, ce que je viens de lire sous sa plume est tout simplement une honte et c’est d’autant plus grave du fait des fonctions qu’il exerce. Il vient en effet de se porter au secours de Zemmour et soutient tranquillement, par écrit, en pesant bien ses mots, la formule de ce journaliste raciste : « les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes. C'est un fait ». M. Bilger se dit du même avis et souligne « la validité de ce fait », « la justesse de cette intuition ». Il trouve normal que Zemmour, pour qui tout « noir» est un immigré, s’exprime ainsi sur la chaîne France O, qui cible pourtant l’outre mer et la « diversité », et où, soit dit en passant, Zemmour a une tribune régulière sans que cela dérange outre mesure le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre mer, Karam, qui s’est démasqué en approuvant Zemmour et en attaquant hystériquement Ali Soumaré aussi bien que Marie Luce Penchard, Jean-Paul Huchon ou moi (après tout, ce sont tous des « noirs »…). M. Bilger invite donc les citoyens « de bonne foi » à venir constater que Zemmour a raison en assistant à n’importe quelle audience correctionnelle et parfois criminelle. Sur Europe 1, le magistrat s’est déclaré favorable aux « statistiques ethniques », tandis qu’il déplorait sur son blog que la finalité presque exclusive des statistiques officielles (non ethniques) soit « de masquer ce qui crève les yeux et l'esprit si on accepte de regarder ». Nous savons maintenant pourquoi les racistes (dont le CRAN, et là je comprends que M. Bilger s’amuse) sont favorables à ce type statistiques : pour stigmatiser certains justiciables et assimiler la délinquance à tel ou tel phénotype. Ceci étant, M. Bilger n'a pas pensé que les statistiques ethniques pourraient pousser certains esprits chagrins à dire que s'il y a surtout des « noirs» et des «arabes» devant les tribunaux répressifs et dans les prisons aussi, c'est peut-être parce le système policier et judiciaire est une machine à broyer du noir ou de l'arabe, parce que le système éducatif n'a pas rempli sa mission, parce que la France est un pays où le racisme se porte bien grâce à des gens comme Zemmour.

En parlant de « noirs » et d’ « arabes », M. Bilger affirme au moins clairement l’existence de « races humaines » qu’il croit assez justifier en évoquant l’évidence de son regard et celui des gens de bonne foi (c'est à dire les racistes primaires). Bien que lui ne soit pas primaire, il aurait besoin, je pense, de quelques séances de rattrapage en philosophie. Il apprendrait ainsi ce qu’en principe tout lycéen de terminale doit savoir : les sens sont trompeurs et la prétendue évidence fondée sur le regard n’est pas un critère de vérité. Un bâton plongé dans l’eau paraît brisé alors qu’il ne l’est pas. Ce n’est pas un « noir » ni un « arabe » qui l’a dit, c’est Descartes. De même, un magistrat d’apparence respectable, blanc de peau, peut-il se révéler, à l’examen, le pire des salauds. L’apparence n’est pas la réalité. En lisant les auteurs et en faisant travailler son esprit (puisque le même Descartes, dont je rappelle qu'il appartenait au « corps traditionnel français » et ne peut donc être soupçonné de complicité avec les trafiquants, nous révèle que le pire imbécile a du bon sens et peut parvenir à la vérité s’il dirige son esprit par une saine méthode) M. Bilger comprendrait ce qu’est un préjugé. Car ne doutons pas de sa bonne foi : pour le moment, il ne le sait pas. Or, pour un magistrat cela peut être très utile. Le racisme est un préjugé qui, hélas, n’épargne pas les magistrats.

Ce que M. Bilger sait en tout cas, c'est que que l’apologie du racisme - la croyance aux « races » humaines - , grâce à un incroyable vide juridique, ne tombe pas sous le coup de la loi. Et il en profite, prenant la précaution, tout en approuvant Zemmour, qui dit que « la plupart » des trafiquants sont noirs ou arabes, de préciser que « beaucoup » le sont. Il a beau dire, par précaution, que tous ne le sont pas, voilà donc un magistrat qui lorsqu’il aura devant lui quelqu’un qu’il pense être « noir » ou «arabe» accusé d’être un trafiquant sera convaincu d’avance qu’il a plus de chances d’être coupable que s’il s’agissait d’un « blanc ». Après de tels propos, les choses sont extrêmement simples. Tout accusé sera désormais fondé à demander de n’être pas jugé par M. Bilger, car un magistrat doit juger sans préjugés ou au moins faire semblant. L’évidence du regard ? M. Bilger semble avoir oublié que la justice est généralement représentée les yeux bandés. Ce n’est pas pour rien. Pour un magistrat, plus encore que pour Zemmour, il ne doit pas y avoir de « noirs » ni d « arabes», mais tout simplement des justiciables, tous égaux devant la loi et tous présumés a priori innocents. Il serait intéressant de savoir si la ministre de la Justice approuve qu’un magistrat très en vue affirme ainsi en toute quiétude qu’il croit aux races, qu’il défende publiquement un journaliste raciste approuvant le délit de faciès, et qu’il demande des statistiques ethniques pour mieux justifier son propos. Si la Chancellerie laisse faire, laisse dire, pourquoi ne pas lyncher directement les « noirs » et les « arabes» suspects ? Cela désengorgerait les tribunaux, non ? Et pourquoi pas des statistiques ethniques sur les magistrats ? Ne serait-ce pas tout aussi intéressant, après tout, aussi bien en France métropolitaine que dans les départements d'outre mer ?

mercredi 24 mars 2010

La parole de Zemmour est une atteinte à la liberté d’expression

Comment ne pas se réjouir qu’Éric Zemmour ait été convoqué en vue de son licenciement du Figaro pour avoir, une fois de plus, tenu des propos racistes lors d’une émission diffusée en clair sur Canal + ? Le CSA a adressé une mise en demeure à cette chaîne qui, non sans mauvaise foi, proteste en retour au nom de la liberté d’expression. Mais c’est justement au nom de la liberté d’expression que l'avertissement de l'autorité audiovisuelle se justifie. Ni Canal + ni RTL ni France 2 n’ont en effet jamais mis en face de Zemmour un seul contradicteur capable de le remettre à sa place. Au contraire, on a sciemment mis en valeur le racisme de ce journaliste pour choquer l’auditeur ou le téléspectateur dans l’espoir de faire de l’audience et donc de l’argent. Donner l’antenne à un raciste notoire pour le laisser faire sa propagande en toute tranquillité et en toute impunité n’est pas ce que j’appelle l’exercice de la liberté d’expression. D’ailleurs la liberté d’expression doit avoir des limites lorsque les paroles ou les écrits n’ont d’autre sens que d’appeler ouvertement à la haine, à la guerre civile, aux délits ou aux crimes. C’est le cas en ce qui concerne Zemmour. Outre l'attaque délictueuse contre les "arabes" et les "noirs", clairement visés par Zemmour, l’apologie du racisme est son fonds de commerce. Sur une grande chaîne de télévision ou de radio, c'est une atteinte d’autant plus grave à l’ordre public que ce type de débordement n’est pas puni par la loi : un vide juridique particulièrement dangereux que j’ai déjà dénoncé. Le droit d’émettre, accordé par le CSA, prévoit que le titulaire de l’autorisation veille à ce que rien de tel ne se produise. Les chaînes espèrent que le scandale fera monter l’audience. Elles jouent sur un blanc-seing qu'aurait Zemmour du fait d'origines réelles ou supposées, prenant le risque de renforcer l'antisémitisme en France. C'est inacceptable ! ll ne fait aucun doute que les propos tenus par Zemmour, en pleine campagne électorale de surcroît, ont concouru à la montée du Front national. Non seulement Zemmour, qui a contribué à la banalisation du racisme et de l'antisémitisme en France, doit quitter Le Figaro, dont la direction s’honore en rappelant que le racisme n’est pas dans sa ligne éditoriale, mais il doit au plus vite être renvoyé de RTL et ne plus apparaître non plus comme chroniqueur dans aucune émission de télévision.

dimanche 21 mars 2010

Discrimination positive pour les lèche-bottes : Lozès bientôt dans le fauteuil de Sabeg ?

Au début, c’était de diversité culturelle qu’il s’agissait. L’idée, à la rigueur acceptable, était de ne pas étouffer par l’assimilation les cultures apportées par l’immigration. L’idéologie réactionnaire qui inspire en ce moment les « élites » françaises a donné au mot de diversité le sens non plus de respect de différences culturelles ou religieuses mais bel et bien de mise en évidence de prétendue « races », chaque « race » étant supposée porter une culture unique. La simplification à outrance : les «blancs », les «arabes », les «noirs». Cette typologie primaire et grotesque n’est que la traduction de la négrophobie viscérale qui travaille les élites occidentales depuis le milieu du XVIIIe siècle. Elle s’imposa en servant de colonne vertébrale idéologique au système de la traite et de l’esclavage. Aujourd’hui, elle sert de justification à l’exploitation de l’Afrique et plus généralement des pays du Sud, potentiellement plus riches, à cause de leur sol, de leur sous-sol et de leur sagesse, par les pays du Nord, les plus favorisés en terme de PIB, mais potentiellement les plus pauvres (y compris intellectuellement et moralement, comme on le constate à travers la misère de nos moeurs, l'émergence de ces idéologies racistes minables, la généralisation d'une culture spectaculaire-marchande d'écrans plats et de grandes surfaces). Historiquement, les pays situés plus au nord ont toujours eu tendance à aller piller (économiquement, intellectuellement et moralement) les pays plus au sud, leur développement économique et culturel s’expliquant largement par une succession de rapines et de brutalités dégénérant finalement en antisémitisme forcené, par une sorte de perversion ultime du système raciste pourtant censé au départ épargner les «blancs». Bien entendu, dans cette taxinomie de la «diversité» présentée comme post-raciale (mais qui n’est en réalité qu’une mise à jour du polygénisme de Voltaire) l’infériorité absolue reviendrait encore aux « noirs » qui, par définition, ne possèderaient rien d’autre que leur couleur. En réalité le « noir » est une pure invention des Occidentaux du quinzième siècle qui cherchaient à s’affranchir des «inconvénients» universalistes du dogme chrétien pour mieux faire prospérer leurs affaires. Dans cette tradition, les milieux patronaux d'aujourd'hui, complètement affranchis des derniers garde-fous de la pensée chrétienne, exploitent l’Afrique avec moins de scrupules encore (mais plus d'hypocrisie) que leurs prédécesseurs. Pour se justifier, ils disposent de moyens de communication importants et sont organisés en «think tanks», ramassis de quelques sous-intellectuels deboussolés par l'effondrement du dogme marxiste. Grâce à ces mercenaires, facilement gagnés à n’importe quelle cause, l’idéologie creuse de la «diversité» semble prospérer. Il n’est pas difficile de trouver deux ou trois imbéciles corrompus, minés par la haine de soi, pour représenter les « noirs » et les « arabes ». La concentration des médias en France et leur inféodation au pouvoir financier rend la prolifération de n’importe quel slogan, la promotion de n’importe quel crétin, soudain présenté aux niais comme une pointure, extrêmement aisée. Le meilleur exemple, pour la France, est la création du Dieudonné iconoclaste, prologue à l’entrée en scène de deux marionnettes : d’un coté le CRAN (fin 2005) un pur produit de communication matérialisé par une poignée d’arrivistes à la peau noire, sapés comme des milords de dictatures bananières, fascinés par le pouvoir et l’argent, manipulés par les think tanks patronaux, les békés et le CRIF; de l’autre Karatékaram, le Bruce Lee de l’outre mer, le Chuck Norris du doudouisme. Tandis que Karam le rouge, bizarrement encarté à l'UMP, s’apprête à aller aboyer pendant quatre ans au conseil régional de l’Ile de France et se voit déjà député et ministre, l'obséquieux Patrick Lozès («Casimir» pour les initiés) promoteur de l’idéologie néo-noiriste, le visiteur du soir du ministère de l'Intérieur, à force de rapports fumeux vantant une discrimination raciale supposée positive, est donné comme remplaçant de Yazid Sabeg au commissariat à la Diversité ! Respect ! L’exploit de Lozès, caricature du communautarisme encouragé par l’élite dominante, auteur d’un fameux best seller (Nous les Noirs de France) vendu à 881 exemplaires, est d’avoir rendu un rapport communautariste contre le communautarisme, en réalité rédigé par le sociologue Wieviorka, maître à penser de la frange raciste et oligophrène de l’UMP. Son rôle : promouvoir les statistiques de la «diversité» qui permettraient une typologie raciale des délinquants et des détenus et justifierait, chiffres à l’appui cette fois, le discours «ethnique» des Zemmour et autres Finkielkraut. Pour légitimer ce nouvel apartheid, il suffirait de distribuer quelques prébendes à des vendus tirés du néant grâce aux quotas. Première étape, donc, du plan négrophobe imaginé par les hauts fonctionnaires chargés d’éliminer les «noirs» de toutes responsabilités par la promotion systématique des imbéciles, la nomination de « Casimir » devrait être annoncée d’ici au 15 avril 2010. On attend de voir jusqu’où oseront aller les racistes et comment réagiront les Antillais et les Afro-Français, désormais représentés, grâce au CRIF et aux Békés, d’un côté par un Français originaire du Liban et de l’autre par un Français originaire du Bénin (l’un finançant évidemment l’autre en sous-main tout en affectant de le critiquer).

La diversité, la discrimination (positive ou non), la reconnaissance d'un prétendu "fait ethnique" ne sont que les avatars de la haine, de l'exploitation et du néo-colonialisme. Le racisme des élites françaises nous fait courir le risque d'une guerre civile. L'histoire qu'elles cherchent à occulter est pourtant le meilleur remède à leur névrose : d'un côté des descendants d'exploiteurs, de l'autre des descendants d'exploités (indigènes ou esclaves). Une histoire commune à revisiter pour réinventer la fraternité, ciment de la République française.

samedi 20 mars 2010

Francis Lalanne a-t-il eu raison de traiter Zemmour de « sac à merde » ?

Plusieurs réactions aux propos de Francis Lalanne concernant Zemmour tenus sur l’antenne de la radio lyonnaise Espace ont amené certains commentateurs à parler de propos vulgaires. Je dirais plutôt qu’ils sont grossiers, ce qui est un peu différent. Dire que Zemmour est un « sac à merde », c’est grossier. L’excrément étant malodorant et de mauvaise compagnie, on comprend l’idée. Mais elle pourrait être affinée, d’où sa grossièreté. Lalanne voulait dire que les propos de Zemmour sont nauséabonds, stercoraires, écoeurants, insupportables et qu’un personnage aussi infréquentable n’a pas sa place à la télévision. Quitte à être grossier, ce qui peut se comprendre par moments, parce que ça soulage, j’aurais préféré que Lalanne puisse l’être face à Zemmour, les yeux dans les yeux : « Zemmour, vous n’êtes qu’un sac à merde ! » Cela n’eût pas manqué d’une certaine grandeur. Et j’imagine que Zemmour aurait encaissé lâchement cette bordée. Ah, le joli spectacle ! La vulgarité, je la vois différente. Dire que « la discrimination, c’est la vie », affirmer qu’il est normal qu’une entreprise refuse d’embaucher des «noirs» ou des «arabes», soutenir qu’il y a des «races» humaines, dire à une jeune fille « vous êtes noire, je suis blanc, c’est une évidence !» voilà qui est terriblement vulgaire, selon moi ! Donner une émission de télévision ou de radio, une tribune dans la presse écrite à un Zemmour, c'est plus vulgaire encore. La vulgarité c’est la bassesse, le fait de flatter les pires instincts de l’homme. Zemmour est un homme vulgaire, à la pensée et aux propos vulgaires. Je ne dirais pas, moi, qu’il est un « sac à merde ». Lalanne est trop gentil. Oui, les pauvres animaux que nous sommes sont des réceptacles à excréments. Mais la grandeur de l’homme, c’est d’avoir, au fond de son cœur, une étincelle d’absolu qui, depuis le tas de fumier où il est assis lui fait lever la tête vers les étoiles. Zemmour, lui, le nez au ras du sol, ne fait que gratter dans la fange, à la recherche de sa nourriture. Plus qu’un « sac à merde », c‘est surtout un coprophage, l’exemple même du déshonneur pour un journaliste. C’est étonnant qu’un quotidien comme Le Figaro, qui se veut si distingué, ou que RTL, dont il m’est arrivé d’apprécier l’indépendance, emploient des gens de cet acabit. Zemmour se trompe d’époque et de pays. Nous ne sommes pas dans l’Alger de 1957, lorsque les pieds-noirs pressés d’en finir avec les «bicots» rêvaient d’arroser la Casbah d’essence et d’y mettre le feu. Voilà un homme qui ignore visiblement tout des traditions de la France. Dans l’espoir d’être accepté dans certains milieux qui n'aiment ni la merguez ni l’huile rance et qui n'ont jamais accepté le décret Crémieux, Zemmour tente maladroitement, comme l'avait fait Dieudonné d'une autre manière, de s'approprier un discours d’extrême droite qui rejette dans le même sac les M'Bala et les Zemmour. Ce dernier devrait savoir que, pour les extrémistes racistes qu’il tente de flatter, un Zermmour, cracherait-il sur les «noirs» ou les «arabes», ne vaut pas mieux qu’un «noir» ni qu’un «arabe». Un raciste est toujours antisémite et réciproquement. En renforçant le racisme, Zemmour renforce aussi l'antisémitisme. Le risque, pour lui, c’est d’être voué au mépris général. De la part de ceux qu’il méprise, mais aussi de la part de ceux, bien plus nombreux qu’il ne pense, dont il est méprisé.

mercredi 17 mars 2010

Les Mémoires du chevalier de Saint-George

Mon dixième ouvrage et quatrième roman va être publié le 16 avril 2010. Dans le sillage de L’Expédition (2003), un récit de fiction écrit à la première personne qui évoquait la révolution haïtienne vue par Pauline Bonaparte, j’ai voulu rendre hommage au chevalier de Saint-George auquel j’ai déjà consacré une biographie (Le chevalier de Saint-George, éditions Perrin) qui a au moins le mérite de rétablir la vérité sur ses origines et de faire savoir qu’il était né esclave. Cette fois, le cadre de l’autobiographie imaginaire me permet, tout en restant dans le cadre strict des événements historiques connus concernant le chevalier de Saint-George, d’approfondir certains points de sa vie. De ce fait, le parallèle entre son époque et la nôtre est particulièrement saisissant. Sans aller jusqu’à dire que nous sommes à la veille d’une révolution, la France contemporaine et celle de Louis XVI ne sont pas si éloignées, notamment pour ce qui est des privilèges et des préjugés. Mon livre n’a rien à voir avec ceux qui, concernant Saint-George, adoptent le point de vue détestable de la discrimination positive (une doctrine qui, d’ailleurs, annonce implicitement la couleur de ses adeptes et qui, ipso facto, m'interdit de me compter parmi eux). Je ne m’extasie donc pas, à grands renforts de superlatifs, sur le fait que Saint-George était à la fois «noir» et talentueux (ce qui pour moi n’a rien d’étonnant). Ce serait d’ailleurs difficile dans des mémoires imaginaires. J’ai tout simplement voulu rendre hommage à un héros injustement discriminé en son temps car, au moment où Saint-George se faisait connaître grâce à ses talents multiples, et en particulier grâce à ses qualités de compositeur, le parti colonial introduisait en France la doctrine de la «race» qui préfigure nos hypocrites statistiques de la diversité. Je raconte comment Saint-George a souffert des Zemmour de son époque, lui qui était la contradiction vivante de toutes les théories vilipendant les «hommes de couleur». Ces théories devaient aboutir à des mesures de quasi-apartheid abolies durant la Révolution, mais rétablies sous le Consulat. En dehors de la question de la discrimination, les deux thèmes qui, je l’espère, intéresseront mes lecteurs, concernent les rapports du héros avec Marie-Antoinette et l’implication étonnante, romanesque et méconnue du chevalier dans les événements la Révolution française. Les Mémoires du chevalier de Saint-George s’adressent à un large public. J’espère que l’identification à ce héros attachant permettra à des lecteurs de toutes couleurs de se retrouver dans cette nouvelle histoire. Comme je ne doute pas qu'elle soit convaincante autant qu'il était possible, pourvu qu'on ne m'accuse pas d'avoir publié de vrais mémoires sous mon nom !

mardi 16 mars 2010

Zemmour doit être interdit d’antenne par le CSA

Rachid Arhab, membre du CSA, déclare qu’il va regarder « de très près » le cas Zemmour. Très bien. J’espère que Christine Kelly est également attentive à cette affaire. Mais ce qui importe, ce n’est pas de regarder de très près, c’est que Zemmour soit interdit d’antenne et vite. Et en particulier d’antenne sur le service public. Comment tolérer qu’un raciste autoproclamé diffuse sa doctrine sur les fréquences attribuées par le CSA au motif que ses victimes ne seraient que des «noirs» ou des «arabes» ? Il ne s’agit pas d’une opinion mais d’un délit aggravé. Le fait d’affirmer l’existence de «races» humaines, de faire allusion à des «statiques ethniques», interdites et contraires aux principes de la République est une abomination. C’est d’autant plus odieux lorsque ce provocateur miné par la rancoeur tient de pareils propos pour promouvoir l'un des torchons où il consigne ses élucubrations. On se souvient du tollé contre l’écrivain Renaud Camus lorsqu’il avait publié son journal La campagne de France en 2000, parce qu'il se plaignait qu’il y ait trop de « collaborateurs juifs » à France-Culture. Renaud Camus avait parlé à ce propos de « groupe ethnique» et c’était devenu une affaire d’État. Pourquoi l’idée de groupes ethniques aurait-elle plus de sens lorsqu’il s’agit des «noirs» ou des «arabes», au demeurant assimilés à des criminels ? Pour Zemmour, faut il tergiverser ? Non ! L’affaire est entendue et une décision immédiate s’impose. Zemmour diffuse en France l’idéologie de la « race ». Il se sert, pour sa propagande, de la radio et de la télévision, et en particulier des stations de service public, financées par la redevance. Cela ne peut plus durer. Lorsque Pascal Sevran avait proféré ses propos ignobles en 2006, j’ai le souvenir que Patrick de Carolis, en ma présence, avait annoncé publiquement que désormais toute déclaration raciste d’un collaborateur de France Télévisions, même tenue en dehors de l’antenne, entraînerait rupture de contrat. Qu’est-ce qu’on attend avec Zemmour ? Pourquoi le protègerait-on ? Quand j’étais lycéen, je fus l’élève de Marc Boyon dans un grand lycée parisien. C’était un honnête professeur de la République qui avait des valeurs et n’aurait jamais toléré des propos racistes dans sa classe. Ces valeurs, il me les a transmises. J’espère que son fils, Michel Boyon, aujourd’hui président du CSA, est sur la même longueur d’ondes et qu’il soutiendra Rachid Arhab avec toute la fermeté qui s'impose.

samedi 13 mars 2010

Zappons Zemmour !

Éric Zemmour est un raciste. Il l’affirme haut et fort. Il en est fier. Il en vit. Il se nourrit de la bêtise humaine. Une forme de coprophagie. En France - ce n’est pas un hasard-, tandis que l’apologie de l’antisémitisme est lourdement sanctionnée (les victimes étant a priori clairement désignées), aucune loi ne punit l’apologie du racisme parce qu’on fait semblant de croire que le racisme ne vise personne en particulier alors qu’il vise essentiellement les habitants du continent africain et leur diaspora (d'où l'invention, par les racistes, pour se couvrir, d'un prétendu racisme anti-blancs). Tant que ceux qui souffrent du racisme sont dans l’impossibilité de siéger à l’assemblée nationale, une loi interdisant l’apologie du racisme n’est pas près d’être proposée. Je suis presque sûr, d'ailleurs, qu’une bonne moitié des députés français (gauche-droite confondues), pour ne pas dire les deux tiers, croient mordicus à l’existence de «races» humaines et un petit cinquième qu’ils appartiennent à la «race» supérieure. Ce sont malheureusement les chiffres officiels correspondant à la position de l’ensemble des Français sur la question de la « race » (cf le sondage annuel de la commission nationale consultative des droits de l’homme). Les élites françaises, c'est bien connu, sont en outre plus racistes que la masse. Les associations comme le CRAN, impunément fondées sur l’idée de « race » et qui font ouvertement le jeu des racistes qui les soutiennent et les financent, encouragent cette démarche. Les promoteurs des «statistiques ethniques» font exactement le même travail que Zemmour. La preuve : il en tire parti pour réclamer des statistiques ethniques de la délinquance. Car les statistiques ethniques n'ont été imaginées que pour ça : stigmatiser les «noirs» et les «arabes». Mais avec la caution de la science (la sociologie en l'occurrence, façon Wieviorka). Non seulement l’apologie du racisme est autorisée en France, mais les Français les plus bêtes (c'est à dire une bonne partie de l'élite soutenue par une majorité de la population) aiment ça. Le gouvernement, obsédé par le Front national, laisse faire et parfois encourage. Zemmour tient ainsi boutique en toute impunité. Il le sait très bien et il exploite ce vide juridique au maximum en évitant généralement d’aller jusqu’à la hiérarchisation des prétendues «races» dont il affirme l’existence, sachant que cela l’exposerait à des poursuites. Mais en déclarant sur une chaîne de service public que les délinquants sont principalement des « noirs » et des « arabes », Zemmour a franchi un pas. Cette fois, il tombe sous le coup de la loi. Il doit être condamné par les tribunaux. Mais surtout il doit disparaître du service public. Il est intolérable que la redevance soit payée pour redonner une partie de l’argent public à des individus dont le fonds de commerce est d’attiser le racisme et de provoquer à l’antisémitisme. Au XIXe siècle, à force de jouer avec la «race», à force de dire, par exemple, que les Allemands formaient une «race», qu'ils sentaient mauvais (oui, c'est ce que disaient en France les Zemmour d'avant la première guerre mondiale) les promoteurs de l'idée de «race» ont fini par inventer une «race» juive qu'il fallait exterminer pour «purifier» la «race» blanche. Zemmour cherche-t-il à s'inscire dans cette tradition-là ? Quant aux animateurs qui acceptent d’inviter Zemmour, sans jamais lui opposer de contradicteur capable de le moucher, ce qui serait extrêmement facile (imaginez la mise à mort médiatique de Zemmour si j'étais trois minutes en face de lui en direct), ils se rendent complices de ses propos. On sait très bien que certains d’entre eux partagent la même idéologie et ne s’en cachent guère. En attendant que le CSA, qui vient d’être saisi, se soit prononcé, le meilleur parti est de boycotter systématiquement les émissions de télévision et de radio où il apparaît. Ne le regardez plus, ne l’écoutez plus, ne le lisez plus et il n’existera plus ! Pour ma part, je ne regarde pas Zemmour, je ne lis pas les journaux où il écrit. Il n’est pour moi qu’un ectoplasme fienteux dont les propos pestilentiels ne me parviennent que par le bassin de décantation du web. Arrêtons de nous laisser abrutir par des médias qui nous méprisent ! Le boycott est la seule solution.

jeudi 11 mars 2010

Racisme des partis ? Changeons le système d’élection des députés !

Une évidence : la vie politique française ne correspond plus à la réalité du pays et conduit, pour les habitants de la France bénéficiant du droit de vote, à un taux d’abstention croissant. De ce fait, il est certain que plus de la moitié des gens qui habitent en France (étrangers compris) se trouvent mis totalement à l’écart de la vie politique. Réciproquement, la classe politique s’éloigne de plus en plus de la réalité du pays et devient parfaitement caricaturale. Le système d’élection actuel des députés français, au scrutin uninominal à deux tours sur la base d’une représentation géographique, est un système archaïque fondé sur le clientélisme et le bipartisme. Outre qu’il ne permet pas de représenter toutes les nuances de l’opinion ou qu’il les représente de manière aberrante (15 députés communistes avec 4 % des suffrages, 7,5 % des suffrages et seulement 3 députés pour le Modem !), il ne reflète pas la réalité de la population. Il suffit, pour le constater, de savoir que, hormis l’outre-mer, tous les députés français (à l’exception de George Pau-Langevin) sont élus en fonction de critères favorisant l’élimination systématique des candidats ne correspondant pas au phénotype dominant. Seuls les «blancs» mâles ont une chance de siéger. On objectera que la proportionnelle favoriserait le Front national. La solution est simple : si le Front national est un parti raciste et xénophobe, il suffit de voter une loi interdisant les partis racistes et xénophobes et de prononcer sa dissolution. D’autres systèmes, tels que le scrutin proportionnel plurinominal avec vote préférentiel, tel qu’il est pratiqué en Belgique pour les régionales, permettraient de renverser cette tendance et de faciliter la représentation des minorités.

mercredi 10 mars 2010

Méfions-nous des rumeurs survenant avant une élection

Une rumeur est une affirmation, généralement propre à frapper l’imagination (ce qui la frappe le plus étant le sexe, la notoriété et l'argent) dont on ne peut vérifier ni la véracité ni l’origine. Certaines sont éphémères car, visant nommément des personnes, elles peuvent être relayées en quelques jours par de vraies informations. D’autres sont plus durables. Aujourd’hui, à cause de Twitter, Facebook et plus généralement Internet, les rumeurs les plus folles peuvent être propagées à une vitesse fantastique. Elles sont d’autant plus troublantes lorsqu’elles sont lancées par des journalistes (ou des communicants déguisés en journalistes). Si une rumeur concernant la vie privée de personnes connues s’avère fondée, il ne s’agit après tout que de vie privée. Tout être humain, quelle que soit sa fonction ou sa notoriété, a droit à un minimum de respect de son intimité. Même si, dans certains cas, l'intimité est donnée en spectacle pour se confondre avec la vie publique. Les rumeurs sont vieilles comme le monde. Le préjugé de race est-il autre qu’une vieille rumeur persistante ? Il arrive que les rumeurs, dans le cadre de stratégies d’influence ou de guerres de communication, soient sciemment utilisées pour faire diversion, c'est-à-dire pour détourner l’opinion, en la désorientant, d’un point essentiel. On focalise l’attention sur une nébuleuse. Pendant ce temps, des informations essentielles sont diffusées de manière concise et, de ce fait, inconsciemment mémorisées. En ce qui concerne le préjugé de race, tous ceux qui avaient intérêt à exploiter l’Afrique et ses habitants ont lancé, à partir du XVIe siècle, des rumeurs sur leur infériorité. Ces rumeurs on duré assez longtemps pour empêcher l’abolition de l’esclavage, qui était l’affaire importante que dissimulait les rumeurs, pendant trois siècles. L’esclavage aboli, les rumeurs utilisées pour le faire admettre nous sont parvenues et accablent encore aujourd’hui une partie d’humanité. Pour résumer, méfions nous des rumeurs survenant moins d’une semaine avant une élection.

mardi 9 mars 2010

Un rapport communautariste contre le communautarisme

J’ai appris, grâce à des « fuites » bien organisées sur Europe 1, qu’un rapport sur le racisme et le communautarisme était remis au ministre de l’Intérieur par MM. Wieviorka et Lozès. L’un est sociologue, promoteur de l’idée creuse et dangereuse de « diversité », défenseur de l’introduction de « statistiques ethniques ». Il est proche de Valérie Pécresse, à laquelle il a déjà remis un autre rapport. Parmi les rapporteurs de ce premier rapport Wieviorka pour Pécresse... Patrick Lozès. Tout la leçon quelle en a tiré a été de mettre sur sa liste aux régionales Patrick Karam, l’homme qui semble confondre les Français originaires d’Afrique avec des sans-papiers polygames pratiquant l’excision, le braque interministériel qui fait des procès aux « noirs » avec l’argent de l’État. L’autre rapporteur, Patrick Lozès, furieux d'avoir été éliminé de la liste Pécresse, est pharmacien, proche du Nouveau centre. Son existence publique, uniquement cathodique, est organisée par un réseau de journalistes, avec le soutien du CRIF et notamment d'Yves Kamani, proche de Karam, chargé des « noirs » au sein de cette organisation. Le soutien plus discret aussi, de Patrick Karam, qui fait semblant de l'attaquer, pour brouiller les pistes, alors qu'ils font le même métier : entrepreneurs en zizanie. Lozès se dit représentant des « noirs » de France et président d’une association, le CRAN, bien qu’une décision de justice vienne d’annuler cette présidence. J’ai dit ce que j’en pensais dans un livre, Les nègres de la République. Patrick Lozès a publié, de son côté, le 27 janvier 2007, un ouvrage intitulé Nous les noirs de France. Malgré la promotion permanente que les médias du réseau CRIF-Lozès-Karam on pu faire de cet ouvrage, il en a vendu très exactement 881 exemplaires (selon les chiffres publiés par le site www.edistat.com). Ce qui montre ou bien que les 3 millions de « noirs » de France que Lozès prétend représenter ne lisent pas ou bien qu’ils ne lisent pas Lozès. Voilà pour la représentativité. Tout cela, le gouvernement le sait parfaitement, mais si c’est à Lozès et à Wierworka que le ministre de l’Intérieur demande un rapport sur le racisme et le communautarisme, il doit bien y avoir une raison. Outre que le président litigieux du CRAN, association communautaire s’il en est, et le promoteur de statistiques racistes, me semblent a priori mal placés pour lutter contre le racisme et le communautarisme, le rapport ne contient que des mesures propres à assurer un emploi aux deux rapporteurs. Il préconise en effet la mise en place d’un «observatoire» du racisme. S’il s’agit d’observer le racisme et non pas de le combattre, les outils de mesure sont déjà là, merci. Chaque année, au mois de mars, la CNCDH (commission nationale consultative des droits de l’homme) publie un rapport accompagné d’un sondage extrêmement détaillé sur le racisme. C’est un outil largement suffisant. Mais, on l’aura compris, le rapport de MM. Lozès et Wieviorka préconise l’utilisation, pour mieux « observer » le racisme, des fameuses « statistiques ethniques», l’huile qu’on jetterait sur le feu du haut de l’observatoire pour brûler les mauvais «noirs» et les mauvais «arabes». Forts de ces statistiques ethniques, MM. Lozès et Wieviorka imposeraient aux partis politiques un quota de 10 % de «noirs» et d «arabes» (ceux qui n'auraient pas brûlé à ce nouveau Bal des Ardents). La liste de ces bons «noirs» et de ces bons «arabes» est sûrement secrètement annexée au rapport. Ils veulent aussi un ministre de la Diversité. Je suppose que la répartition des rôles est déjà faite : Lozès ministre de la Diversité, Wieviorka, président de l’observatoire du racisme. J’attends avec impatience l’article de Laetitia Van Eeckout, journaliste au Monde, qui vantera les deux rapporteurs. Observez bien comment les médias vont faire la promotion de Lozès, qui va l’inviter, avec qui (Karam ?). C’est très édifiant.

lundi 8 mars 2010

La Halde sous tutelle ?

On ne peut que se réjouir, à l’occasion de la journée de la femme, que la plupart des discriminations ne soient plus liées au sexe en tant que tel, du moins si l’on en croit le dernier rapport de la Halde, la haute autorité française de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. En effet, selon ce rapport, hormis les cas où la grossesse est encore, hélas, un facteur d’inégalité devant l’emploi, près d’un tiers des discriminations ayant donné lieu à saisine de cette instance, créée en 2004, concernent principalement l’origine, pour ne pas dire la couleur de peau. Il s’agit, la plupart du temps, de problèmes liés à l’embauche et à la carrière dans le secteur privé. Ce rapport révèle ce que l’on savait déjà, à savoir que, pour les personnes originaires du sud de la Méditerranée, il est bien difficile de trouver un emploi et, lorsqu’on l’a trouvé, non seulement d’obtenir des perspectives de carrière correspondant aux compétences, mais tout simplement de le conserver. Ce qui est particulièrement navrant lorsqu’il s’agit de jeunes diplômés qui ne trouvent pas de travail parce que leur figure déplaît. Le rapport ne nous dit rien des cas de discrimination où la victime serait une jeune femme d’origine subsaharienne, obèse et enceinte. Ceci dit, reste à savoir si la Halde, qui semble agacer le gouvernement au point qu’il est question de la mettre sous tutelle - ce qui est un bon signe d’indépendance - a vraiment les moyens de réduire les discriminations. L'accumulation des affaires traitées - plus de dix mille l’an passé pour moins de cent personnes employées à la Halde- laisse penser que sans une augmentation significative de son budget de fonctionnement et un renforcement de ses pouvoirs, cette nouvelle institution risque d’être, tôt ou tard, aussi engorgée que les tribunaux. En cinq ans, le nombre de dossiers déposés a été multiplié par dix. Il est dit que cette explosion ne serait pas liée à l’augmentation de la discrimination en France, mais à la notoriété croissante de la Halde. Cela reste à prouver, n’en déplaise aux provocateurs qui plaident pour sa suppression.

dimanche 7 mars 2010

Grâce à la «diversité», on apprend que les riches auraient du talent.

Je reviens sur la question de la «diversité» pour rappeler qu’elle relève essentiellement de la communication politique et qu’elle n’a jamais eu aucun autre ancrage. Elle ne résiste d’ailleurs pas trois minutes à une analyse sérieuse. Il faut situer l’origine de sa diffusion dans les cercles patronaux de la droite libérale qui ont imposé, au cours des dix dernières années, un prétendu modèle d’intégration par l’élitisme. Dans cette idéologie, époustouflante de naïveté, on retrouve le dogme, aujourd’hui très répandu, si l’on se réfère à la lecture de la presse française (il suffit de feuilleter le Monde du jour) que la réussite d’une vie serait essentiellement professionnelle, que l’élite serait avant tout sociale. Au moment où la plupart des Français vivent avec moins de 2000 euros de revenus mensuels, des think tanks, uniquement créés pour démontrer que plus on est riche, plus on aurait du « talent », tentent de faire croire que plus on a de «talent» plus on a un revenu élevé. Par un sophisme extraordinaire, on apprend ainsi que les riches sont riches parce qu’il travaillent. Et s’ils gagnent beaucoup d’argent par leur prétendu travail, c’est parce qu’ils auraient ce fameux « talent ». Donc les riches seraient riches parce qu’ils ont du « talent ». Liliane Bettencourt aurait beaucoup de « talent ». Dans cette logique, les officines à justifier le système ont tiré de leur chapeau que pour acheter la paix sociale, il suffit de promouvoir (grâce à la docilité des médias, dirigés par des gens de « talent ») quelques personnes à la peau plus sombre pour démontrer à la masse des autres, les miséreux, qu’il leur suffit de faire la même chose, que leur couleur ne compte pas. Si vous avez du «talent», prosternez-vous devant le système : votre couleur deviendra un atout. Si vous êtes discriminé, c’est de votre faute : vous n’avez pas de « talent ». Bien évidemment, ces think tanks tiennent l’idée de « race » (et l'infériorité de certaines) pour une évidence. Si les peuples mis en esclavage et colonisés avaient eu du « talent », les choses n'auraient-elles pas été différentes ?

samedi 6 mars 2010

Et la fraternité ?

Le racisme, (mon adversaire principal, vous l’aurez compris) est contraire à deux valeurs fondamentales de la République : l’égalité, dans la mesure où les préjugés entraînent toujours, tôt ou tard, des discriminations, mais aussi la fraternité. Si des organismes existent, fonctionnant plus ou moins bien, pour garantir un minimum de liberté et d’égalité dans mon pays (vraiment un minimum) en revanche j’observe que personne n’est chargé de défendre ni de promouvoir la fraternité. Aucun parti politique n’en parle. Elle semble passée de mode depuis qu’elle est apparue dans le discours politique français, furtivement au moment de la Révolution, plus durablement dans la constitution française, depuis 1848. Or il me semble que le lien moral qui unit les citoyens ou, au sens le plus large, les habitants d’un même pays, est fondamental pour que chacun soit vraiment respectueux de la liberté et de l’égalité des autres. Sans doute est-il préférable de s’attacher au plus petit dénominateur commun entre les êtres humains que d’être à l’affût de ce qui les différencierait. Il est bien difficile d’exacerber les différences et de demander ensuite de se rassembler autour de ces différences. L’avantage, avec la fraternité, c’est que c’est une valeur universelle aisément exportable. Évidemment, la fraternité ne fait peut être pas très bon ménage avec le terme, extrêmement dangereux, de «diversité». Il faudra tout de même y penser, avant de le rajouter dans la constitution, comme cela a été annoncé. Puisque nous en sommes aux grands débats, un débat national sur la fraternité ne serait pas inutile. Alors, salut et fraternité ! comme on disait en 89.

vendredi 5 mars 2010

Comment promouvoir la « diversité ».

Le terme de «diversité» se promène dans le langage des politiques de tous bords sans que l’on sache très bien d’où il vient ni ce qu’il veut dire. Un terme dont on ne sait rien ou pas grand-chose, mais que tout le monde utilise, est un terme à examiner de près. Le contraire de la diversité, c’est l’unité. Les politiques parlent tous d’unité et le rassemblement, mais ils prônent en même temps la «diversité» et la séparation. Voilà qui est suspect. Qu’est ce qui serait donc « divers » et qu’il faudrait promouvoir en tant que tel ? J’ai beau réfléchir, je ne vois rien d’autre que la couleur de peau de ceux dont les politiques pensent qu’ils ne font pas partie du groupe de ceux qui méritent de faire de la politique. La «diversité» cela voudrait donc dire : les «arabes» et les «noirs». La promotion de la «diversité», ce serait la promotion non pas de tous les «arabes» et de tous les «noirs», mais de ceux qui sont gentils, acceptables. De préférence des femmes. De jolies femmes. En ce sens, la promotion de la « diversité » ne serait pas une nouveauté. On la pratiquait déjà dans les colonies esclavagistes, où il y avait énormément d’enfants résultant de ce type de promotion. Le problème, c’est qu’ils n’avaient pas les mêmes droits que les enfants légitimes des promoteurs. J’ai bien peur que la promotion de la «diversité» ne soit qu’une manière de réintroduire la «discrimination positive», qui revient à peu près au choix arbitraire par le raciste d’individus serviles pris dans le groupe opprimé et destinés à servir d’alibis et d’auxiliaires de l’oppression. Un exemple. Vous prenez un « noir ». N’importe lequel. De préférence le plus bête. Vous lui achetez une grosse voiture, de beaux costumes. Vous l’invitez là où il n’y a pas de « noirs » d’habitude, c'est-à-dire chez vous (vous êtes le politicien au pouvoir). On dira que vous n’êtes pas raciste, puisque vous recevez des « noirs ». Comme il n’y en a qu’un, on le remarquera d’autant plus. D’autre part, ce « noir » là, c’est sûr, dira que le racisme n’existe pas puisque lui est invité partout, même chez vous, possède une grosse voiture et de beaux costumes. Mais le plus subtil, le fin du fin, c’est de lui demander justement de parler de « racisme », de « diversité». Il en parlera mal, évidemment, puisqu’il ne sait plus de quoi il parle et qu’en plus il est bête. Là, il est mûr pour qu’on le nomme ministre de la Diversité. C’était juste une idée, comme ça, puisqu'on approche d’un remaniement…

jeudi 4 mars 2010

Auteuil-Boulogne : 1-0

J’ai beaucoup de mal à parler de football car même si je suis en mesure de comprendre l’enthousiasme des spectateurs et donc de le respecter, c’est un spectacle qui ne m’intéresse pas, ne m’a jamais intéressé et probablement ne m’intéressera jamais. Je ne suis jamais allé assister à un match de football. Je ne regarde jamais la télévision. J’ai rencontré Lilian Thuram lors du tournage d’un documentaire auquel je participais et j’étais très étonné de la sollicitude à son égard, car je ne savais pas qui c’était. Lors de la finale de la coupe du monde de football, j’avoue avoir été terrorisé par le phénomène d’hystérie collective de ces gens qui étaient tous devant un écran de télévision, ces gens qu'on ne voyait pas mais qu'on entendait crier ensemble à travers les murs pour saluer les buts, assez choqué d’entendre les cloches des églises de Paris sonner parce qu’un match avait été gagné. Quand on me dit que les supporters se massacrent sur les stades, je ne suis pas étonné. Le parc des Princes, pour moi, n’a jamais voulu dire autre chose qu’embouteillages les soirs de championnat. Mais je suis bien obligé de réagir lorsque j’entends des Finkilekraut et des Frêche critiquer certains joueurs au motif de leur couleur et encourager, de ce fait, le racisme de certains spectateurs. J’apprends qu’il y aurait au parc des Princes deux tribunes de supporters : une tribune Boulogne contrôlée en somme par de petits fascistes blancs de peau et une tribune Auteuil dont les supporters ne seraient pas filtrés au faciès et qui prôneraient l’antiracisme. Ceux de Boulogne auraient leur petite milice. Mais ceux d’Auteuil en auraient une aussi. Récemment, l’un des membres de la tribune Boulogne (les racistes) serait resté sur le carreau. Il devrait bien y avoir une manière de gérer la billetterie de telle sorte que les spectateurs ne puissent s’agglutiner par couleur ou par idéologie. Mais le Parc, qui peut accueillir 54000 spectateurs, est géré par une société contrôlée par des fonds d’investissements américains, ce qui veut dire que d’énormes intérêts financiers sont en jeu. Je suppose que le fait de tolérer le fanatisme et le racisme permet de vendre plus de billets. Au fait, n’y a-t-il pas une ministre des Sports ? Rama Yade a organisé un congrès sur le phénomène que je viens de décrire. Il me semble qu’il devrait y avoir des solutions plus radicales que de nommer des commissions et d’organiser des congrès lorsqu’il s’agit de combattre les phénomènes racistes sur les stades qui sont un trouble à l’ordre public. On peut parfaitement imaginer des sanctions contre les organisateurs allant jusqu’à la fermeture éventuelle d’un stade, sans s’occuper des conséquences financières pour les fonds d’investissements américains. Mais, je le rappelle, je n'entends rien au football.

mardi 2 mars 2010

« Racisme » un produit bien français

Parfois, il est bon de rappeler quelques banalités de base. J’entends souvent le mot de « racisme » employé à tort et à travers. Le terme de « racisme » semble avoir été inventé vers 1892 par le journaliste Gaston Méry qui l’aurait utilisé pour la première fois dans son roman Jean Révolte. Disciple de l’antisémite autoproclamé Édouard Drumont, (l’auteur du pamphlet haineux La France juive) Méry fut directeur du journal La libre parole, dont la devise était : « La France aux Français ! ». L’idée développée par le personnage de Jean Révolte qui utilisait le terme « racisme » était à la fois simple et curieuse : Le méridional, voilà l’ennemi ! Plus on va vers le sud, plus les gens sont bâtards, vilains et nuisibles. Plus on monte vers le nord, plus les gens sont légitimes, jolis et utiles. L'idéal serait de vivre au pôle nord s'il n'y avait pas d'Inuit (qui sont sûrement des immigrés). N’en déplaise à Georges Frêche, pour Méry, les Provençaux, les Languedociens et les Aquitains seraient aussi dangereux que les « juifs », la dangerosité des « juifs » allant de soi pour ce disciple du forcené Drumont. Le mot inventé par Méry fut ensuite repris et banalisé en France dans les années trente pour désigner les doctrines qui s’étaient répandues depuis le début du XIXe siècle avec la prétention d’être des vérités scientifiques. Selon ces croyances, l’humanité serait divisée en « races » humaines bien distinctes. Ces « races » seraient déterminées par des caractéristiques physiques. Au-delà de ces caractéristiques physiques, chaque «race» déterminerait intellectuellement et moralement les individus qui en feraient « partie ». Enfin, les «races» seraient inégales entre elles.

L’affirmation de l’inégalité des « races » entre elles est généralement critiquée. C’est ce type de comportement qui tombe sous le coup de la loi en France, à la condition expresse que le délit s’applique à un individu ou à un groupe d’individus nommément désignés. Le fait d’affirmer en général que les «races» sont inégales entre elles, comme le fait régulièrement d’ailleurs l’actuel président du Front national, ne tombe pas sous le coup de la loi, ce qui est assez significatif des non-dits du code pénal. On ne peut être condamné (en principe…) que si l’on dit ou écrit : « les « noirs » sont plus méchants, plus laids et plus bêtes que les « blancs ». En soi, le racisme n’est ainsi pas condamnable en France en tant que théorie, tant qu’il ne vise personne en particulier. La réalité c’est que le racisme, en tant qu’il désigne les théories affirmant la suprématie de certaines « races » sur d’autres, vise principalement les humains à la peau noire, souvent considérés par une partie de l’élite économique des humains à la peau claire comme le type d’humanité le plus exploitable, donc le plus inférieur et le plus haïssable. L’humanité aurait d’autant plus de valeur qu’elle s’éloignerait de ce type inférieur voué à la servilité.

Vient ensuite l’assignation de caractères intellectuels ou moraux à chaque « race ». Cette thèse est généralement contestée, mais implicitement tolérée en France tant qu’elle n’est pas péjorative. Le fait de dire que tous les «noirs» seraient bêtes ou paresseux peut être condamné (oh, très légèrement) par un tribunal. En revanche, il ne semble pas que le fait d’affirmer comme vrais des stéréotypes tels que : les «noirs» dansent mieux que les « blancs », sont plus doués pour le sport ou même sont plus « qualifiés » pour être ministres des sports ait jamais donné lieu à la moindre condamnation.

Quant à l’affirmation que l’humanité serait divisée en « races » bien distinctes, ce qui est une thèse odieuse qui n’a aucun sens du point de vue scientifique, non seulement elle n’est pas condamnée en France, mais elle est majoritairement admise. Il suffit, pour s’en rendre compte, de constater que les correcteurs typographes et notamment ceux des journaux Libération et Le Monde, s’attachent souvent à mettre une majuscule lorsqu’ils écrivent « un noir » alors que l’usage tolère tout autant la minuscule (voir sur ce point l’ouvrage de référence Le bon usage de Grévisse qui admet la minuscule dans les dernières éditions, alors qu’il ne l’admettait pas dans les éditions précédentes...). Faut-il ajouter que l’usage de la majuscule au substantif « noir » vient des années trente ? On met la majuscule dès qu’il s’agit d’un groupe humain, pour ne pas dire d’une «race». Or les « noirs », en France, pour les élites, forment bien une « race » humaine, quel que soit le degré de pigmentation, l’origine ou la catégorie sociale. Obama, Soumaré, Dieudonné, Kémi Seba, Thuram et moi sommes des « noirs». Alexandre Dumas, lui, est un « blanc ». Pour les Français racistes, c’est une évidence qui ne mérite même pas d’être démontrée. Il est bien certain qu’à partir du moment où l’on met des gens dans le même sac, sans aucune autre raison que les préjugés, toutes les dérives sont permises. Assez curieusement, quiconque mettrait la majuscule au substantif « juif » (un « juif ») serait peut-être aujourd’hui passible de poursuites pénales au motif que l’idée d’une « race » juive serait raciste (ce qui est vrai) tandis que l’idée d’une race « noire » ne le serait pas (ce qui est faux). Ainsi, dans Libération, comme dans Le Monde, un «juif» s’écrit toujours avec une minuscule (alors que les éditions anciennes du Grévisse admettent que l’usage est « partagé ») tandis qu’un «noir» s’écrit systématiquement avec une majuscule. Il s’agit bien d’un choix idéologique. L’idée implicite, on l’aura compris, c’est que les «juifs» appartiennent à la «race» blanche et qu’un distinguo au sein de cette «race» blanche serait raciste. En revanche, distinguer la «race» blanche de la «race» noire ne serait absolument pas raciste. La preuve ? Les «noirs» se reconnaîtraient aisément à leur couleur. Ils n’ont pas besoin d’étoile jaune. Personne d’autre que moi n’a jamais fait cette remarque au sujet de la typographie. Pour avoir levé le lièvre auprès de la médiatrice du Monde, Véronique Maurus, qui soutient avec une curieuse opiniâtreté la légitimité de la majuscule au substantif « noir », et se retranche derrière la prétendue opinion des correcteurs de ce journal, un journaliste du Monde (un des rares qui ne me soient pas hostiles) m’a avoué que j’étais persona non grata pour certains membres de la rédaction de ce journal, que mes tribunes n’y seraient plus publiées et que je serais d’autant plus haï que j’aurais «du style». Ceux-là, s’ils lisent ces lignes, auront la preuve que je n’ai pas besoin de cela pour exister. Mon dernier article publié dans Le Monde remonte au 1er mars 2006. J'avais adressé une tribune pour rappeler que c'était le bicentenaire du général Dumas. Le titre était Le général Dumas, un héros oublié. Quand j'ouvris le journal, le titre que j'avais choisi était devenu le suivant (sans m'avoir préalablement averti) : Un héros noir oublié. Depuis, on m'a fait comprendre que s'il ne reconnaît pas qu'il appartient à une «race» et qu'ils s'oppose aux statistiques ethniques, un «noir», surtout s'il a des connaissances, du style et qu'il écrit sur les «noirs» est a priori impubliable. Ses ouvrages seront systématiquement attaqués ou passés sous silence. C'est comme ça. Je m'y suis habitué et j'ai renoncé, dans mon propre pays, à toute reconnaissance. je n'écris donc que pour mes lecteurs, ce qui a le mérite d'être plus sain. Tout cela pour dire que le racisme est tout simplement la thèse selon laquelle on admet qu’il y aurait sur terre plusieurs « races» d’hommes distinctes selon des caractéristiques physiques visibles. Admettre cette thèse sous entend forcément qu’on suppose des différences morales, intellectuelles, ainsi que des différences d’aptitudes entre les être humains en fonction de leur couleur, ce qui est une énormité. Par ailleurs, la thèse de la différence des « races » sous entend forcément que l’on compare les « races » entre elles. Il suffit de feuilleter les magazines de mode féminine pour voir quels sont les critères de beauté que l’idéologie raciste et sexiste dominante des descendants de Gaston Méry impose de manière subliminale aux femmes dès leur plus jeune âge. Une jolie fille doit avoir dix-huit ans, avec la peau laiteuse, les cheveux clairs et raides. Elle doit être grande et maigre. Si on a la peau noire, qu’on est grosse, petite, et vieille avec les cheveux crépus, en France, pour les esprits aliénés, c’est qu’on n’a pas eu de chance. J’ajouterai que ceux qui parlent d’une «communauté noire» ne font que reprendre toutes les thèses d’un racisme viscéral qu’ils n’ont pas inventé. Cela amuse beaucoup les Français racistes de voir les revendications de prétendus «noirs» représentatifs qui sont toujours d’ailleurs présentés comme des «immigrés». C’est la raison pour laquelle les promoteurs de ces revendications - qui sont implicitement porteurs d’un rassurant brevet de sottise - sont généralement très visibles dans les médias parce qu’ils flattent le racisme des élites. Ce sont eux qui pérennisent le maintien de la majuscule au substantif « noir » et qui justifient l’invention du «racisme anti-blanc». On en aura la preuve à travers une récente anecdote. Dans la polémique sur le racisme évident du film L’Autre Dumas, que j’ai été l’un des premiers, sinon le premier à dénoncer, les médias ont rapidement donné la parole à celles et à ceux qui soutenaient la thèse selon laquelle il aurait fallu donner le rôle à un comédien «noir». C’était une manière de désamorcer la critique engagée en discréditant cet argument évidemment incompréhensible pour la plupart des gens qui ignorent tout des origines d’Alexandre Dumas et qui s’en fichent éperdument car les seuls mousquetaires qu’ils connaissent, ce sont ceux du supermarché où ils vont acheter leur cubi de gros rouge. Pour ma part, j’ai dit que le choix de Depardieu, raciste en soi, n’était que l’aboutissement d’un parti pris plus général du film qui consistait à dénigrer Dumas. On retirait sa négritude au romancier (en niant son père) pour la donner à Maquet en se fondant sur l'horrible utilisation du mot «nègre» en littérature. Dès lors, le choix du comédien « gaulois » s’imposait. On aurait même pu donner le rôle de Maquet à Jacques Martial. Je m'étonne qu'ils n'y aient pas pensé. Tout le monde aurait crié au chef d'oeuvre. Ma critique, certainement plus subtile, était de ce fait beaucoup plus dérangeante, d’autant qu’elle venait d’une personne connue pour avoir apporter du neuf (c'est le moins que l'on puisse dire) à la connaissance historique de la famille Dumas et pour lutter dans ce sens depuis plusieurs années. La censure médiatique s’imposait. Je suis flatté de cet honneur qui vaut mieux que tous les éloges. Je ne parlerai pas des mots « mulâtre» ou «quarteron» qui sont des termes racistes et injurieux inventés par les esclavagistes de Saint-Domingue. Quant à celui de « métis», il vient du latin mixtus (mêlé). Désignant à l’origine les enfants issus, aux Amériques colonisées et esclavagisées, d’ « indiens» et de colons à la peau blanche, il est aujourd’hui utilisé par les racistes (conscients ou inconscients) pour parler des êtres humains qui viendraient de deux « races » différentes. je ne suis pas raciste puisque mon fils ou ma fille est « métis ». J'ai déjà entendu ça. Mais pardonnez-moi, j'alliais oublier que je ne suis pas compétent pour en parler. Bref, cet épithète de « métis» est autant à proscrire que le terme odieusement raciste de mariage « mixtes » (ce qui est une évidence : pour se marier, il faut deux personnes qui sont donc forcément différentes). J’entends les racistes et les aliénés (les victimes du racisme qui ont intériorisé les préjugés de leurs maîtres) me dire : comment désigner les « métis », alors, si on ne peut pas non plus utiliser le mot « mulâtre » ? Voici ma réponse : qu’auriez vous donc à désigner, hormis votre ignorance et vos préjugés ? La couleur ? Pourquoi est-ce donc si important pour vous ? Et si l’on envisageait votre obsession du point de vue des maladies mentales ? Et si vous alliez voir quelqu'un pour en parler tranquillement ? Le médiateur de la République vient de rendre un rapport où il s'alarme du fait que les Français auraient actuellement un problème collectif d'ordre psychologique. Je me demande s'il n'a pas un peu raison.

lundi 1 mars 2010

Racisme français : pour en finir avec l’expression de « nègre» en littérature

Au moment où sort le film de Roman Polanski, The Ghost Writer, adapté du roman de l’auteur britannique Robert Harris The Ghost (L’homme de l’ombre) il s’avère que le distributeur et le producteur délégué du film, qui n’ont pas osé utiliser Le Nègre comme titre, semblent ne pas vouloir se priver, curieusement, dans la version française et dans la version originale sous-titrée d’utiliser le mot «nègre». C’est un véritable scandale. La France est le seul pays au monde à utiliser le mot «nègre» dans le sens d’esclave littéraire. Ce terme, dont la connotation raciste est tellement évidente que plus personne n’ose l’utiliser au sens littéraire qu’avec des guillemets, fait en effet allusion au statut d’esclave du collaborateur surexploité qui fait le travail d’un autre. Il est apparu au XVIIIe siècle, au moment où la France surexploitait ses colonies en y déportant des millions d’Africains qui mouraient en quelques années. En ce sens, il véhicule la glorification la plus éhontée de l’esclavage et du racisme le plus primaire, car l’expression «nègre littéraire» est également un terme de mépris, correspondant au mépris qu’on vouait aux esclaves et qui s’attache encore trop souvent aux personnes à la peau noire, bien longtemps après que l’esclavage a été aboli. L’expression «nègre» au sens de collaborateur littéraire a été répandue en France en 1845 par Maison Alexandre Dumas & Cie, fabrique de romans, un pamphlet raciste du prêtre défroqué Jean-Baptiste Jacquot qui se faisait appeler Eugène de Mirecourt. Ce texte ordurier et calomnieux, qui visait Alexandre Dumas, a valu à son auteur, à la demande d’Alexandre Dumas, d’être condamné à six mois de prison et à une forte amende, alors que n’existait même pas encore le délit de diffamation à caractère raciste. Mirecourt éprouvait évidemment une jouissance particulière à utiliser le mot «nègre» à propos d’Alexandre Dumas, homme à la peau colorée et fils d’esclave. On a vu récemment réapparaître la même jouissance dans les textes de journalistes racistes qui défendaient le recours à Gérard Depardieu pour interpréter le rôle de Dumas et prenaient un plaisir évident à colporter les thèses de Mirecourt selon lesquelles Dumas n’aurait pas été capable d’écrire ses livres sans l’aide d’hommes à la peau blanche. On sait que ces débordements, qui font appel aux instincts les plus abjects des Français, ont eu pour effet direct de faire monter de plus de deux points les intentions de vote pour le Front national aux élections régionales. Ces dérives doivent à présent cesser. Près de dix ans après que la France a déclaré l’esclavage crime contre l’humanité, il n’est plus supportable que l’expression de «nègre» soit encore utilisée au sens d’esclave dans un film destiné au grand public, alors que l’usage est d’avoir désormais recours au terme de «plume», de «collaborateur», d’écrivain fantôme ou de «ghost writer». Il me semble qu’au XXIe siècle, il est plus que temps de faire entrer dans la tête des Français que le mot « nègre » ne peut plus, en aucun cas, être utilisé impunément pour désigner un être humain qu’on exploite d’une manière ou d’une autre et qui serait méprisé du fait de cette exploitation. Je demande donc au producteur et au distributeur du film The Ghost Writer d'appliquer aux sous-titres et à la version française la même doctrine que celle qu’ils ont appliquée au titre et de s’abstenir de véhiculer gratuitement en France un racisme qui n’est pas dans l’esprit de l’œuvre dont est tiré le film. Faute de rectification immédiate dans ce sens, j’en appelle toutes celles et tous ceux qui luttent contre le racisme a ne pas aller voir ce film et à lui appliquer le même boycott qu’à L’Autre Dumas qui a été un échec retentissant dès la première semaine.