Le racisme, (mon adversaire principal, vous l’aurez compris) est contraire à deux valeurs fondamentales de la République : l’égalité, dans la mesure où les préjugés entraînent toujours, tôt ou tard, des discriminations, mais aussi la fraternité. Si des organismes existent, fonctionnant plus ou moins bien, pour garantir un minimum de liberté et d’égalité dans mon pays (vraiment un minimum) en revanche j’observe que personne n’est chargé de défendre ni de promouvoir la fraternité. Aucun parti politique n’en parle. Elle semble passée de mode depuis qu’elle est apparue dans le discours politique français, furtivement au moment de la Révolution, plus durablement dans la constitution française, depuis 1848. Or il me semble que le lien moral qui unit les citoyens ou, au sens le plus large, les habitants d’un même pays, est fondamental pour que chacun soit vraiment respectueux de la liberté et de l’égalité des autres. Sans doute est-il préférable de s’attacher au plus petit dénominateur commun entre les êtres humains que d’être à l’affût de ce qui les différencierait. Il est bien difficile d’exacerber les différences et de demander ensuite de se rassembler autour de ces différences. L’avantage, avec la fraternité, c’est que c’est une valeur universelle aisément exportable. Évidemment, la fraternité ne fait peut être pas très bon ménage avec le terme, extrêmement dangereux, de «diversité». Il faudra tout de même y penser, avant de le rajouter dans la constitution, comme cela a été annoncé. Puisque nous en sommes aux grands débats, un débat national sur la fraternité ne serait pas inutile. Alors, salut et fraternité ! comme on disait en 89.