On ne peut que se réjouir, à l’occasion de la journée de la femme, que la plupart des discriminations ne soient plus liées au sexe en tant que tel, du moins si l’on en croit le dernier rapport de la Halde, la haute autorité française de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. En effet, selon ce rapport, hormis les cas où la grossesse est encore, hélas, un facteur d’inégalité devant l’emploi, près d’un tiers des discriminations ayant donné lieu à saisine de cette instance, créée en 2004, concernent principalement l’origine, pour ne pas dire la couleur de peau. Il s’agit, la plupart du temps, de problèmes liés à l’embauche et à la carrière dans le secteur privé. Ce rapport révèle ce que l’on savait déjà, à savoir que, pour les personnes originaires du sud de la Méditerranée, il est bien difficile de trouver un emploi et, lorsqu’on l’a trouvé, non seulement d’obtenir des perspectives de carrière correspondant aux compétences, mais tout simplement de le conserver. Ce qui est particulièrement navrant lorsqu’il s’agit de jeunes diplômés qui ne trouvent pas de travail parce que leur figure déplaît. Le rapport ne nous dit rien des cas de discrimination où la victime serait une jeune femme d’origine subsaharienne, obèse et enceinte. Ceci dit, reste à savoir si la Halde, qui semble agacer le gouvernement au point qu’il est question de la mettre sous tutelle - ce qui est un bon signe d’indépendance - a vraiment les moyens de réduire les discriminations. L'accumulation des affaires traitées - plus de dix mille l’an passé pour moins de cent personnes employées à la Halde- laisse penser que sans une augmentation significative de son budget de fonctionnement et un renforcement de ses pouvoirs, cette nouvelle institution risque d’être, tôt ou tard, aussi engorgée que les tribunaux. En cinq ans, le nombre de dossiers déposés a été multiplié par dix. Il est dit que cette explosion ne serait pas liée à l’augmentation de la discrimination en France, mais à la notoriété croissante de la Halde. Cela reste à prouver, n’en déplaise aux provocateurs qui plaident pour sa suppression.