Rachid Arhab, membre du CSA, déclare qu’il va regarder « de très près » le cas Zemmour. Très bien. J’espère que Christine Kelly est également attentive à cette affaire. Mais ce qui importe, ce n’est pas de regarder de très près, c’est que Zemmour soit interdit d’antenne et vite. Et en particulier d’antenne sur le service public. Comment tolérer qu’un raciste autoproclamé diffuse sa doctrine sur les fréquences attribuées par le CSA au motif que ses victimes ne seraient que des «noirs» ou des «arabes» ? Il ne s’agit pas d’une opinion mais d’un délit aggravé. Le fait d’affirmer l’existence de «races» humaines, de faire allusion à des «statiques ethniques», interdites et contraires aux principes de la République est une abomination. C’est d’autant plus odieux lorsque ce provocateur miné par la rancoeur tient de pareils propos pour promouvoir l'un des torchons où il consigne ses élucubrations. On se souvient du tollé contre l’écrivain Renaud Camus lorsqu’il avait publié son journal La campagne de France en 2000, parce qu'il se plaignait qu’il y ait trop de « collaborateurs juifs » à France-Culture. Renaud Camus avait parlé à ce propos de « groupe ethnique» et c’était devenu une affaire d’État. Pourquoi l’idée de groupes ethniques aurait-elle plus de sens lorsqu’il s’agit des «noirs» ou des «arabes», au demeurant assimilés à des criminels ? Pour Zemmour, faut il tergiverser ? Non ! L’affaire est entendue et une décision immédiate s’impose. Zemmour diffuse en France l’idéologie de la « race ». Il se sert, pour sa propagande, de la radio et de la télévision, et en particulier des stations de service public, financées par la redevance. Cela ne peut plus durer. Lorsque Pascal Sevran avait proféré ses propos ignobles en 2006, j’ai le souvenir que Patrick de Carolis, en ma présence, avait annoncé publiquement que désormais toute déclaration raciste d’un collaborateur de France Télévisions, même tenue en dehors de l’antenne, entraînerait rupture de contrat. Qu’est-ce qu’on attend avec Zemmour ? Pourquoi le protègerait-on ? Quand j’étais lycéen, je fus l’élève de Marc Boyon dans un grand lycée parisien. C’était un honnête professeur de la République qui avait des valeurs et n’aurait jamais toléré des propos racistes dans sa classe. Ces valeurs, il me les a transmises. J’espère que son fils, Michel Boyon, aujourd’hui président du CSA, est sur la même longueur d’ondes et qu’il soutiendra Rachid Arhab avec toute la fermeté qui s'impose.