Allez, tout ça c’était pour rire. On passe l’éponge. Mais non, Zemmour n’est pas méchant. Il ne peut pas être méchant. On n’a pas le droit de l’attaquer, de toute façon. Bon, il s’est un peu lâché pour faire parler de lui, il a juste craché sur les nègres et les bougnoules. Mais comme on s’en fiche de ces sous-Français hors corps traditionnel, ça n’a pas d’importance. Et puis il a des excuses, Zemmour : il avait un livre en promotion. À 20 000 exemplaires nets vendus, vous avez vu, il s’est excusé. S’il avait été cupide, il aurait pu attendre encore un peu : 50, 100 000. Mais non, c’est un type honnête. Il a su s’arrêter. Il s’est mis ses cinquante mille euros dans la poche et basta ! Il a demandé pardon à la Licra. Que voulez-vous de plus ? C’est un héros. Et cultivé avec ça ! Il est même beau, vous ne trouvez-pas, les filles ? Comme j’aimerais lui ressembler ! Alors bravo Zemmour ! Bravo Fayard ! Bravo Claude Durand ! Bravo Lagardère junior ! Bravo France Télévisions ! Bravo Canal plus ! Bravo RTL ! Bravo Le Figaro ! Ah, évidemment, s’il avait été «noir» ou «arabe» et qu’il ait dit des méchancetés sur les «blancs», là ce serait différent. Six mois ferme ! Mais ce n’est pas le cas. Et puis Zemmour, Bilger l’aime bien. Vous ne savez pas qui c’est ? Mais c’est une référence, Bilger. Blogueur influent la nuit et le jour accusateur public ! Juge et partie : le rêve. Carte et blog tricolores ! Oh pardon Monsieur ! Il y a ceux qui dînent avec Bilger et puis les autres : vous et moi, par exemple. Donc si Bilger a dit que Zemmour était utile à la société et qu’il a raison de dénoncer les singes et les bicots qui vendent leur drogue, violent les femmes blanches et piquent les sacs des vieilles, il faut s’incliner. N’imaginez surtout pas que le procureur général le suspende. Non, il lui a juste dit d’être plus discret pendant quelques temps. On vous soutient, on pense comme vous, mais allez y mollo, quand même. En plus, Bilger a fait un distinguo. Il y a quelques gentils noirs et quelques gentils arabes, ceux qui sentent bon genre Audrey Pulvar, Harry Roselmack, Thuram ou Alexandre Djhouri. Même Lozès à la rigueur. Il fait semblant de nous critiquer, mais il est de la maison, comme on dit. Ceux là on ne touche pas, mais les autres Taïaut ! Je ne peux pas vous dire combien de temps ça va durer comme ça. Mais profitez-en, Messieurs. Le seul problème, ce sont les jeunes, les racailles, les sauvageons. Ceux qui sont déjà coupables, ceux sur qui vous crachez dans vos dîners, ceux que vos flics contrôlent le samedi quand ils osent s’approcher en «bandes ethniques» trop près des quartiers «blancs», ceux que vous embastillez dans vos prisons surpeuplées, ceux qui ne seront jamais hyperprésidents à cause de leur sales gueules d’enfants d’esclaves et de colonisés. Ceux qui n’ont pas de Rolex. On ne les tient pas, ceux là. Je tenais quand même à vous le dire. Peut-être un jour, promèneront-ils vos têtes au bout d’une pique. On ne sait pas, ça s’est déjà vu. Je vous dis ça comme ça. C’est vrai, je suis un mauvais nègre. Pardon, M. Bilger ! Pardon M. Zemmour. Non, ça m’a échappé. Je vous promets, je ne recommencerai pas. Ne me frappez pas ! Ne me mettez pas en prison ! Vous avez raison ! Dansez, faites la fête ! Soyez décomplexés ! O-O-Occident ! Le bras tendu ! Plus haut ! Boulogne boys vaincront ! Dumas tout blanc ! Les Français premiers servis ! Vive Zemmour ! Vive Bilger ! Vive Napoléon ! Que les autres crèvent en prison ! On fait de l’audimat, on vend des livres racistes, on a le pouvoir ! On est les meilleurs ! Champagne ! Sans rancune ! Zemmour président ! Bilger garde des Sceaux ! Poniatowski ministre de l’égalité des chances ! Karam ministre de la Culture ! Marine Le Pen à l’immigration ! Nazi Rock !