Il est édifiant de constater le décalage incroyable entre l’ébullition causée par l’affaire Guerlain, facile à constater sur le web et, certainement, dans les derniers rapports de ventes des produits Guerlain-LVMH qui ont du se ressentir des déclarations racistes, négationnistes et négrophobes de l’héritier Guerlain, et la relative indifférence de la presse mainstream sur ce sujet, déjà considéré comme classé dans certaines rédactions, sans parler du silence assourdissant des politiques. Certains journalistes ne comprennent pas l’ampleur de la réaction, née spontanément sur Facebook, relayée sur Tweeter, et alimentée chaque minute par de nouveaux témoignages. La colère gronde. Les têtes ne se baisseront plus. Le rassemblement organisée par le collectif « Moi non plus je ne veux pas bosser comme un nègre », fort d'un millier de sympathisants sur Facebook et très actif, a été minimisé. Les communiqués ont fait part d’une centaine de personnes. Mais les photos et les témoignages attestent qu’il s’agissait en réalité d’un demi-millier de manifestants, ce qui est beaucoup pour une mobilisation de dernière minute. Un signe qui ne trompe pas non plus, la présence des charognards, en quête de récupération du mouvement. En particulier les émissaires du cabinet noir : trois ou quatre personnes financées par qui-vous-savez, sous couvert de quatre « associations » bidon et répugnantes, se sont précipitées vers les caméras pour lesquelles tous les nègres se ressemblent et qui ont fait leurs offres de services en tentant d’identifier les responsables du mouvement. Le problème, c’est qu’on les reconnaît sur les vidéos, les maladroits. Succulents, les retours d’information avec les nervis habituels qui menacent de casser le mouvement si on ne leur donne pas la première place et qui feraient mieux, pour certains, de s’occuper plutôt de leur prochaine comparution en correctionnelle. Admirables, leurs propositions de jouer les intermédiaires entre le mouvement et Nicolas Sarkozy ou Bernard Arnault. On les aurait préférés plus discrets. Ce que ne comprennent pas tous ces gens de basse police - dont le maître-chien a effectivement été formé dans les officines barbouzardes - c’est que cette fois la coupe est pleine et qu’ils ne contrôleront rien. Dieudonné non plus, dont on espère qu’il n’a rien à voir avec les précédents, ne récupérera que couic et ne réussira pas, cette fois, à faire passer l'affaire pour les gesticulations antisémites d'une bande de singes. Et désolé pour Benoît Hamon, qui a payé samedi - un peu trop à mon goût, soyons honnêtes ! - pour tout les politiques inscrits durant toute la semaine aux abonnés absents. Mais les plus fins observateurs - et en particulier les argus étrangers -ne s’y sont pas trompés. Les jeunes et les femmes étaient là samedi. Et ce n’est qu’un début. L’ère des Pétré-Grenouilleau, Finkielkraut, Zemmour, Carrère d’Encausse, et autre Sevran servis par les médias est bien révolue. Le décès de Frêche, survenu symboliquement peu après que la mairie de Montpellier eut fermé la porte au nez de Guerlain, a étrangement coïncidé avec la fin d'une époque. Le racisme décomplexé a vécu. Les manipulateurs tentent bien de détourner la colère des «nègres» vers France Télévisions, comme si c’était de là que venait le problème. Mais LVMH, où deux conseillers de Nicolas Sarkozy tiennent une place de premier plan, pourra difficilement échapper à l’affaire. Tôt ou tard, les «bamboulas» vont débarquer dans la très respectable avenue Montaigne, numéro 22 (décidément...). Alors, le président de la République retirera-t-il à Jean-Paul Guerlain la Légion d’honneur qu’il lui a remise en 2008 pour la décerner, cette fois, au général Dumas ? Les chiens de garde du cabinet noir vont-ils prendre le risque, s’ils ont été repérés, de venir traîner dans la prochaine manif ? Suite du feuilleton au prochain numéro.