À Lorient, ancien port négrier, ce n’est certainement pas la première fois qu’on voit des joueurs de biniou ou de bombarde qui ne ressemblent pas aux Le Pen. Au XVIIIe siècle déjà, un magistrat lorientais,, Laënnec (le père du médecin) dressait un courageux réquisitoire contre le racisme et l'esclavage. Si, au XXIe siècle, Yannick Martin, un homme à la peau sombre, a envie de jouer du biniou, ou de la bombarde, j’applaudis, même si, personnellement, je préfère le violon. Mais je vais me soigner. Yannick Martin est lorientais. Comme moi je suis à moitié creusois. Il n’a pas plus à rendre compte de sa couleur que les Le Pen. D’où il vient, peu me chaut. Il est breton s’il veut. Il joue du bombarde si ça lui plaît. Le problème, c’est qu’il en joue bien. Très bien même. Mieux que les Le Pen, certainement qui, eux, ne jouent que des coudes et du menton. Alors évidemment, ça les dérange, les esprits dérangés. Car il y en a, des excités d’extrême droite à six doigts de pieds, en Bretagne comme ailleurs. Ils ont le droit d’exister, les pauvres et d’être imbibés de sottise et de vinasse. Mais qu’ils se plaignent sur leur site de la couleur de Yannick Martin, là je dégaine. Les braques de Bretagne s’appellent Breizh Atao. Ils essaient de faire croire que les indépendantistes sont racistes et que tous les Bretons sont aussi bêtes qu’eux. Tout cela est bien navrant. Mais Yannick Martin a déposé une plainte. Et il a raison, Yannick. Ne te laisse pas impressionner par ces petits dégénérés, mon frère ! Continue la bombarde ! Tu es breton comme moi je suis creusois, Yannick, et nous, les nègres bretons, les nègres creusois, tous ces dégénérés racistes, on les emmerde !