le Blog de Claude Ribbe

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samedi 27 janvier 2007

Le Pensec a voté la « loi de la honte » et la déclaration de 1789 n’a pas aboli l’esclavage

Sous la pression du CollectifDom, la seule association à avoir déposé plainte contre Georges Frêche pour les propos tenus en novembre contre les footballeurs "noirs" de l’équipe de France, la commission nationale des conflits du parti socialiste vient, à l’unanimité, d’exclure le politicien raciste du PS. C’est une victoire et un tournant historique. Il convient maintenant que Ségolène Royal, qui a attendu plus de deux mois pour réagir à des propos appelant clairement à la discrimination raciale, en tire les conséquences en rayant Georges Frêche de la présidence d’un de ses comités de soutien. De passage à la Martinique, Ségolène Royal a désigné comme "loi de la honte" la loi du 23 février 2005 dont l’article 4 vantait le rôle positif de la colonisation. Dans ces conditions, elle ferait bien de réfléchir sur la nécessité de garder auprès d’elle M. Louis Le Pensec, ancien ministre des DOM TOM d’Edith Cresson. En effet, M. Le Pensec, aujourd’hui conseiller de Ségolène Royal pour l’Outre-mer l’a votée des deux mains cette loi honteuse conte laquelle le Collectif DOM a été la première association à se mobiliser aux côtés de Victorin Lurel ! Le CollectifDom a noté que Ségolène Royal opposait dans son discours la Code noir de 1685 et la déclaration des droits de l’homme de 1789, laissant entendre que la déclaration des droits de l’Homme aurait aboli l’esclavage. Pourtant, parmi les plus belles années de la traite française figurent les années 1790 et 1791 ! Ségolène Royal et Louis Le Pensec devraient savoir que la déclaration des droits de l’homme du 26 août 1789 ne s’appliquait pas aux esclaves et qu’il a fallu quatre ans et demi de lutte pour que la révolte des esclaves d’Haïti la rende enfin universelle. De même qu’il aura fallu deux mois de lutte pour que Georges Frêche soit enfin, sous la contrainte, exclu du parti socialiste.

vendredi 19 janvier 2007

Georges Frêche ministre de l’Outre-mer ou ministre des Sports ?

Le 14 novembre 2006, lors du conseil de l’agglomération de Montpellier qu’il préside, Georges Frêche, par ailleurs président socialiste de la Région Languedoc-Roussillon, et déjà connu pour avoir traité des harkis de « sous-hommes », déclarait " Bientôt, y'aura 11 noirs sur 11 en équipe de France. C'est une catastrophe pour le sport français…. Moi, ça me peine ! » Ces propos racistes ignobles ont immédiatement amené de CollectifDom à déposer plainte. En soulignant qu’il avait trahi la République, j’ai appelé le parti socialiste à exclure Georges Frêche et l’intéressé à démissionner de tous ses mandats. Le parti socialiste a effectivement saisi sa commission des conflits pour examiner l’exclusion du politicien négrophobe le 27 janvier, mais voici que l’intéressé, dans un courrier adressé mardi 16 janvier à François Hollande, a annoncé qu’il se « mettait en congé du parti socialiste » jusqu’à l’élection présidentielle pour « ne pas gêner la campagne de Ségolène Royal » dont il souhaite « ardemment» la victoire. Mercredi 17 janvier, Ségolène Royal s’est félicitée de la décision de Georges Frêche « Ce qu’il a fait est bien, on peut en rester là » a-t-elle déclaré, précisant qu’elle n’était en désaccord qu’avec les «mots» de Georges Frêche. Qu’entend-elle par « on peut en rester là » ? Cela signifie-t-il que Ségolène Royal ne tient aucun compte de la plainte actuellement en cours ? Est-ce une invitation adressée à la commission des conflits du PS à ne pas exclure Georges Frêche de son parti le 27 janvier ? Est-ce l’indication que Georges Frêche pourrait, une fois son congé terminé, devenir ministre de Ségolène Royal, et à la limite – pourquoi pas ? – ministre de l’outre mer ou ministre des Sports ?

vendredi 12 janvier 2007

Affaire Sevran : l'incident n'est pas clos.

Je tiens à manifester mon indignation face à l’attitude d’un homme qui persiste et signe en mobilisant de bien curieux amis (parmi lesquels on est surpris de ne pas voir figurer Alain Finkielkraut et Georges Frêche).

Pour banaliser les propos tenus dans l’interview donnée à Var Matin le mois dernier, Sevran voudrait faire croire, dans un article publié par Libération le 11 janvier, qu’il s’agirait d’un «incident clos». Il se fonde sur un accord conclu avec SOS Racisme qui valide, de fait, les propos tenus par l’animateur en lui proposant de se rendre en Afrique, ce qui est une véritable provocation puisque des pays africains, eux aussi, ont déposé plainte. Non seulement Pascal Sevran n’a pas cherché à contacter le CollectifDom, seul plaignant français dans cette affaire, et n’a donc jamais présenté la moindre excuse, mais il n’a jamais renié ses propos.

Comme témoin de moralité, Sevran convoque Roger Hanin. C’est plutôt malvenu. Le 16 février 2006, Roger Hanin déclarait au micro d’Europe 1, dans l’émission de Jean-Marc Morandini « Y'a pas assez de noirs ? Assez ! Arrêtez de pleurnicher ! … Quand je regarde la télé, je ne vois que des chanteurs noirs ! » Morandini lui faisant remarquer qu’ « Il y a un problème tout de même pour l'accès des minorités visibles à la télé », Hanin répondait : « Mais c'est n'importe quoi : Pourquoi pas aussi les bègues, les homos ou les nains ! »

Pour le moment, Pascal Sevran n’a pas été exclu de France Télévisions au motif que l’incident n’est pas survenu sur l’antenne du service public. C’est oublier qu’il s’agit d’une récidive. C’est bien sur l’antenne du service public (au cours d’une émission de Marc-Olivier Fogiel) que Sevran faisait déjà la promotion du tourisme sexuel en disant que c’était une bonne chose pour les pays pauvres. « Sinon qu’irions-nous faire dans ces pays infestés de moustiques » ironisait-il en direct le 8 janvier 2006.

RFO a pris ses responsabilités en supprimant de ses programmes l’émission de l’animateur qui s’affirme publiquement raciste et défend le tourisme sexuel et l’eugénisme. L’association des amis de Marcel Jouhandeau, présidée par le neveu de l’écrivain, a décidé d’exclure Pascal Sevran de ses membres. La récidive de l’animateur raciste nous amène à demander une nouvelle fois à Patrick de Carolis de supprimer l’émission de Pascal Sevran et à Jacques Chirac de lui faire retirer sa Légion d’honneur. L’incident n’est pas clos. Il ne fait au contraire que s’envenimer.

vendredi 5 janvier 2007

Normalien "noir" !

La radio RCJ vient de retransmettre une émission-conférence enregistrée par Alain Finkielkraut le 12 décembre dernier. La présentatrice s’alarme que je sois « la personne qui doit affronter Dominique Strauss-Kahn » à l’élection législative de Sarcelles. Elle juge «étonnant» qu’un parti politique me soutienne. Alain Finkielkraut intervient alors pour constater avec indignation que je suis un « normalien noir». De ce fait, il considère Le Crime de Napoléon, comme un livre illustrant « une nouvelle configuration de la haine » qui serait «exacerbée par le devoir de mémoire». Je révéle dans ce livre, preuves indiscutables et indiscutées à l’appui, que les bateaux français de l’expédition menée en Haïti en 1802 pour rétablir l’esclavage ont servi à gazer – non pas les esclaves comme l’indique faussement Finkielkraut - mais des militaires et civils français, hommes, femmes, vieillards, enfants triés sur un critère racial. Mais pour Alain Finkielkraut, un livre écrit par un «normalien noir» est forcément nourri par la « rage victimaire … pour dire aux juifs qu’ils occupent indûment la place de la victime et que celle-ci reviendrait aux descendants d’esclaves, descendants par ailleurs autoproclamés.» Bien évidemment, rien de tel dans mon ouvrage, qui est certes un pamphlet, mais rédigé d’un point de vue universel et antiraciste. J’y explique, au contraire, que les héritiers des victimes, quelle que soit la couleur de leur peau « sont liés par une fraternité de souffrance que l’histoire leur a imposée» Mais Alain Finkielkraut, aveuglé par son racisme viscéral, torturé par l’obsession communautariste qui le ronge et tourne à présent au pathologique, n’hésite pas à falsifier la réalité. Ce fut déjà le cas en 2006 lorsqu’il fit d’un accident qui a coûté la mort, à Saint-Martin, à un gendarme métropolitain, un épisode de « racisme anti-blanc». Dans Le Figaro du 3 mars, Il n’hésitait pas à mettre en cause mon livre, responsable, selon lui, d’un lynchage passif digne du Ku-Klux-Klan, lynchage qui n’a existé que dans son esprit dérangé. Finkielkraut ne supporte par qu’il y ait des normaliens « noirs » ni des candidats « noirs» aux élections, de même qu’il ne supporte pas, comme Georges Frêche, qu’il y ait des footballeurs «noirs». En fait, comme Pascal Sevran, il ne supporte pas les «noirs». Imagine-t-on ce qui se passerait si je disais qu’Alain Finkielkraut est un « normalien juif» ? C’est heureusement impossible, d’abord par ce que je ne suis pas raciste et ensuite parce que Finkielkraut, par incapacité et non pas par discrimination «anti-blanc», n’a jamais pu être reçu à ce concours. Sa haine est donc avivée par la jalousie, d’autant que ses essais prétentieux et ségrégationnistes, malgré la promotion éhontée que leur font les médias, ne se vendent pas. Au lieu de se focaliser sur mon dernier livre, Finkielkraut ferait mieux de s’inquiéter du prochain, Les Nègres de la République qui, censuré l’an passé, sortira enfin le 1er mars. Un chapitre entier lui est consacré.

L'enregistrement de l'émission (aller directement à 55.58)

La transcription des propos de M. Finkielkraut :

« - Nous avons appris, Alain Finkielkraut et moi-même, aujourd’hui que la personne qui allait affronter Dominique Strauss Kahn lors des élections législatives s’appelle Claude Ribbe. C’est une information étonnante de savoir qu’il va porter les couleurs de François Bayrou… - Oui, je crois qu’il faut parler de ce problème : Claude Ribbe et d’autres – parc e que cela fait partie de la nouvelle configuration de la haine, cette haine dont je parlais tout à l’heure et qui n’est pas, justement éteinte par la mémoire, le devoir de mémoire comme on dit, mais au contraire exacerbée, alimentée par celui-ci. Claude Ribbe, qui est normalien – noir ! – a publié, il y a quelques mois un livre, qui a rencontré malheureusement un grand succès, intitulé Le Crime de napoléon. De ce livre, il ressortait que, non seulement Napoléon avait rétabli l’esclavage, mais qu’en plus il avait inventé les chambres à gaz… - Qu’il a rétabli l’esclavage, c’est vrai… - Oui, mais il avait inventé les chambres à gaz, donc, dans les bateaux qui emmenaient les esclaves. Et ce livre a été très critiqué par les historiens, notamment Pierre Nora et c’est un livre de haine parce que c’est un livre, justement, inspiré si vous voulez, par une sorte de rage victimaire, une manière quand même de dire aux juifs qu’ils occupent indûment la place de la victime et que celle-ci revient aux descendants d’esclaves, descendants parfois d’ailleurs autoproclamés »