mercredi 24 février 2010
Le "noir" délinquant et la "blonde aux gros seins".
Par Claude Ribbe, mercredi 24 février 2010 à 12:06 :: General
J’ai lu sous la plume de Luc Bronner, journaliste au Monde, auteur d’un article sur l’affaire Soumaré, une phrase qui m’a fait beaucoup réfléchir :
« La polémique risque de porter atteinte aux efforts déployés par les promoteurs de la diversité pour pousser les partis à ouvrir leurs listes aux candidats issus des minorités visibles.»
Est-ce que la vraie question est de «promouvoir la diversité», ce dont se font forts tous les partis, ou tout simplement de lutter contre le racisme effroyable qui gangrène la société française, ce qu’aucun parti ne condamne ?
Promouvoir la «diversité» veut dire que l’on imposerait en fait des quotas à la couleur. Il faudrait tant de «noirs» sur la liste du PS, tant de «noirs» sur la liste de l’UMP. Un «noir», dans ce cas, en vaudrait un autre puisque ce serait la couleur qui compterait plus que le reste. Noah pourrait jouer le chevalier de Saint-George à la place des vrais comédiens et Thuram signer des livres à la place des vrais écrivains. Je pourrais me mettre au sport ou attaquer des banques. Ce serait sans importance. Les incompétents devant, les bons à la queue (ou au pilori). Telle est la politique pratiquée de tous temps par l'Occident dans les colonies racistes esclavagistes. L'avantage avec les incompétents, c'est qu'ils sont plus faciles à critiquer : Ah, comme il joue mal ! Ah comme il est inculte ! Regardez son casier judiciaire ! Je n’ai pas de commentaire à faire sur le choix d’Ali Soumaré, mis à part le fait que la manière dont il est attaqué est très certainement liée à la couleur de sa peau. Je ne pense pas, en effet, que M. Poniatowski oserait traiter M. Devedjian, qui a été le secrétaire général du parti auquel il appartient, de «repris de justice multirécidiviste» ni qu’il se dirait «outré» du fait qu’il soit ministre. Je n’ai pas non plus le sentiment que Valérie Pécresse soit dérangée par le fait que le numéro 2 de la liste parisienne de l’UMP, Patrick Karam, qu’elle présente à tort comme un représentant de la «diversité», soit actuellement exposé à des poursuites judiciaires.
Ceci dit, M. Soumaré était-il le meilleur candidat que le parti socialiste puisse désigner pour conduire la liste du Val d’Oise aux régionales ? A-t-il été choisi à cause de ses compétences ou parce que la couleur de sa peau et ses origines l’inscrivaient dans une politique de «quotas», après que d’autres candidats au passé peut-être plus inattaquable, mais qui n’étaient pas les copains de Pupponi, le satrape local, eurent été écartés ? C’est une question qui mérite d’être posée. Pour obtenir le label «diversité», faut-il, outre la couleur de peau, avoir grandi à Villiers-le-Bel et avoir eu une jeunesse tumultueuse ? Je connais des gens qui ont grandi à Villiers-le-Bel, qui sont à la fois noirs de peau, brillants, socialistes et qui n’ont pas été condamnés pour vol. Mais peut être ceux là font-ils peur aux caciques du PS qui préfèrent barrer la route à ceux qui pourraient atteindre les sommets. Nous savons tous qu'un politicien brillant qui aurait échappé aux discriminations liées à la couleur, que pratiquent insidieusement tous les partis français, pourrait aujourd'hui atteindre la magistrature suprême, du fait du précédent américain. Sa couleur serait un avantage de plus. Si nous le savons tous, les chefs de partis le savent aussi et ils ne sont pas pressés de voir apparaître ce genre de phénomène qui les ramènerait à la réalité de leur médiocrité.
L’idée de «promouvoir la diversité» peut conduire à toutes les dérives. En l’occurrence, il est clair qu’on en arrive à des clichés du type : « noir = étranger = banlieue = football = délinquance». Lorsque je suis choqué de voir une femme traitée injustement par rapport à un homme, l’idée ne me vient pas de parler de «promotion des femmes». J’en appelle simplement à la justice. À travail égal, à compétences égales, une femme ne doit pas être discriminée parce que c’est une femme. Il en va de même pour les Français dont la couleur de peau déplaît à certains imbéciles. On ne doit pas être discriminé, à travail égal, à compétences égales, à cause de la couleur de sa peau. Or les partis politiques, l’UMP, tout comme le parti socialiste, pratiquent ce type de discrimination. Au bout du compte, on tente de nous faire croire, après avoir discriminé les gens compétents que, faute de gens compétents, il faut «promouvoir la diversité», c’est à dire en fait pratiquer une politique de quotas. C’est comme si après avoir éliminé du conseil d’administration d’une grande entreprise une femme compétente parce que c’est une femme, on se rendait compte qu’on ne se retrouve, au moment de la photo, qu’avec une assemblée de vieux schnocks et qu’on désigne à la hâte n’importe quelle femme, sans vérifier ses compétences, pour n’être pas taxé de sexisme. Dans ce cas là, on choisira de préférence une fille jolie, blonde et avec de gros seins. Je ne suis pas sûr que ce soit ni juste ni efficace.