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CLAUDE RIBBE INTERVIEWE PAR L'EST REPUBLICAIN

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INTERVIEW DE CLAUDE RIBBE

 

DANS L'EST REPUBLICAIN 18 février 2010


 

« Un rendez-vous manqué »

Pour l'écrivain Claude Ribbe, Nicolas Sarkozy n'a pas fait le geste que les Haïtiens attendaient.

Claude Ribbe. - PHOTO DR

- Pour la première fois, un président de la République s'est rendu à Haïti. N'est-ce pas un symbole fort ?
- Dans ce que Nicolas Sarkozy a annoncé, je ne vois pas de symbole fort. On a toujours saupoudré l'île d'argent, et d'autres pays ont donné, certains de façon plus importante.
- Qu'aurait-il fallu faire ?
- Un geste qui n'aurait rien coûté ! Ce n'est pas en signant des chèques que la France va retrouver ses marques en Haïti. C'est un message concernant le passé que les Haïtiens attendaient. Rendre par exemple justice au général franco-haïtien Alexandre Dumas, le père du célèbre romancier, en lui attribuant à titre posthume la Légion d'honneur. Il est le seul général de l'histoire de France à en avoir été privé à cause de la couleur de sa peau et parce qu'il était né esclave, fils d'esclave. La pétition que j'ai lancée pour qu'il soit réintégré dans ses droits a déjà recueilli plus de 5.000 signatures. Si Nicolas Sarkozy n'en a pas parlé, c'est par choix. L'autisme a des limites. La polémique autour de Gérard Depardieu qui incarne l'écrivain dans « L'Autre Dumas » en témoigne. Les Français ont voté avec leurs pieds. Ils ne sont pas allés voir le film.
- Vous voulez que la France entre en repentance ?
- Il n'est pas question de repentance ! Il est question d'effacer les traces du racisme, qui sont les traces laissées par l'esclavage, y compris en France métropolitaine. J'aurais aimé en tant que Français que le président montre qu'il l'avait compris. Non pas qu'il fasse profil bas mais qu'il tourne la page. Dommage qu'il soit si mal entouré.
- Nicolas Sarkozy a exhorté les Haïtiens « à définir un véritable projet national et ensuite à le conduire »...
- C'est une tautologie. Qu'est-ce qu'on dirait si le président haïtien René Préval venait à Paris nous dire la même chose ! Les Haïtiens ont démontré depuis 1804 qu'ils étaient indépendants. Ils n'ont pas besoin qu'on le leur rappelle.
- Haïti n'est-il pas passé dans l'orbite américaine ?
- Essayez de brancher votre rasoir et vous verrez ! Et pourtant, c'est un pays normalement francophone, mais à 90 minutes de Miami en avion. Les Américains qui viennent n'apprennent même pas le français mais directement le créole. Cette visite « historique » de Nicolas Sarkozy est un rendez-vous manqué. Pourquoi donner 326 millions d'euros et pas 21 milliards ? C'est l'équivalent aujourd'hui des 150 millions de francs-or échelonnés sur un siècle que les Haïtiens ont dû payer à la France pour la perte de ses esclaves. Une somme qui a ruiné l'île.

Propos recueillis par Michel VAGNER

 

L'historien Claude Ribbe demande la Légion d'honneur pour le général Dumas (AFP)

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L'historien Claude Ribbe

 

demande la Légion d'Honneur

 

 

pour le général Dumas

 

AFP 16.02.10 | 20h50

L'historien Claude Ribbe demande au président Nicolas Sarkozy, à la veille de sa visite en Haïti, de "rendre justice" au général franco-haïtien Alexandre Dumas, père du célèbre romancier, en lui attribuant à titre posthume la Légion d'Honneur, dans une lettre ouverte diffusée mardi.

Claude Ribbe a déjà lancé une pétition sur ce sujet qui a obtenu 3.814 signatures.

Le général Thomas-Alexandre Davy de La Pailleterie, dit Alexandre Dumas rappelle-t-il, est "le seul général de l'histoire de France à avoir été privé" de la Légion d'Honneur "à cause de la couleur de sa peau et parce qu'il était né esclave, fils d'esclave".

Claude Ribbe rappelle que "l'ordre de la légion d'Honneur a été créé le 19 mai 1802 et l'esclavage rétabli le lendemain, que les militaires +noirs+ et +de couleur+ furent bannis de l'armée française et assignés à résidence par deux arrêtés consulaires secrets du 29 mai 1802".

Il ajoute que le général Dumas avait reçu de la part de Bonaparte un "sabre d'honneur" au moment de la bataille d'Alexandrie et que tout détenteur du sabre d'honneur était admis de droit dans l'ordre de la Légion d'Honneur. Mais les décrets sur les gens de couleur l'ont empêché de faire valoir son droit.

Déjà, le 27 novembre dernier, le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, Yazid Sabeg, avait formulé la même demande pour le général Dumas, "une des figures héroïques qui ont symbolisé la diversité du peuple français".

"Né esclave et métis, le général Dumas est devenu par son courage et son talent le premier général d'armée antillais qui devint un héros de la Révolution. Gardien des marches alpines, il est le créateur des chasseurs alpins. En 1794, il démissionna avec éclat de l'armée de l'Ouest afin d'épargner les civils vendéens et préféra briser son sabre que trahir sa conscience", écrivait M. Sabeg au président de la République.

"Son parcours exemplaire, sa ferveur républicaine, son attachement à l'idée nationale et sa fierté d'être français méritent d'être honorés pour effacer l'affront causé par la législation xénophobe de 1802, qui fut contraire aux droits de l'homme et à la dignité de cet homme", ajoutait-il.

Le général Dumas (1763-1806), né en Haïti et mort à Villers-Cotterêts (Aisne), est le père du romancier Alexandre Dumas à qui il aurait inspiré le personnage de Porthos, un des Trois Mousquetaires.





 

Haïti, l’insupportable souffrance (préface de Claude Ribbe)

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Haïti, l’insupportable souffrance
Randall Robinson
Préface de Claude Ribbe
Directeur et fondateur de la collection Ethiopica


Claude Ribbe12 janvier 2010. L’une des catastrophes les plus meurtrières qu’on ait connues depuis longtemps s’abat sur Haïti. L’opinion mondiale s’émeut, évoquant le surnaturel.

Malédiction ! Haïti serait-elle le pays damné de la terre ? Pourquoi ne s’intéresse-t-on jamais à cette nation, la plus pauvre d’Amérique, que pour parler des malheurs qui la frappent ? Pourquoi n’évoque-t-on qu’à voix basse son histoire, dont une longue partie est pourtant commune avec celle de la France ?

 

Haïti, l’insupportable souffrance

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HAÏTI  L'INSUPPORTABLE SOUFFRANCE, de Randall Robinson

sortie : 18 février 2010

Préface de Claude Ribbe


Directeur et fondateur de la collection Ethiopica


Ethiopica

 

Une thèse originale, appuyée sur une mise en perspective historique très documentée, qui explique la situation actuelle d’Haïti

Haïti, l’insupportable souffrance, relate l’histoire tragique d'Haïti, depuis  les origines jusqu'à nos jours et analyse la cause de tous les maux de ce pays.

Ecrit par un américain spécialiste de la question, très actif sur le sujet, préfacé par Claude Ribbe, un ouvrage de référence et d’actualité à l’heure où Haïti éprouvée par un tremblement de terre, reçoit la visite du président Sarkozy

 

Les amis du général Dumas à tous les responsables politiques, économiques, sociaux et culturels français

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 Les amis du général Dumas à tous les responsables politiques, économiques, sociaux et culturels  français.

Paris (France) février 2010.

Le président de la République française, M. Nicolas Sarkozy,

avant de fouler le sol d’Haïti,

doit avoir rendu justice au général Alexandre Dumas !

Le président de la République française s’apprête à se rendre en Haïti, à la suite du cataclysme qui a frappé ce pays, faisant plus de deux cent mille morts. C’est la première fois qu’un chef d’État entreprendra une telle visite qui est lourde de sens quand on sait le rôle peu glorieux que la France a joué dans cette île depuis le traité de Ryswick en 1697. La France a martyrisé HaÏti pendant quatre siècles. La compassion un peu forcée affichée aujourd’hui ne saurait le faire oublier.

1. La traite, tout d’abord.

Un million d’hommes, de femmes et d’enfants, ont été déportés d’Afrique en Haïti par la France, entre 1697 et 1791, laissant au cours des opérations de traite cinq millions de victimes en Afrique.

2. L’esclavage ensuite.

Ces déportés ont été exploités en Haïti dans des conditions qui furent les plus dures de toute l’histoire de l’esclavage aux Amériques. L’espérance de vie d’un esclave déporté par la France en Haïti n’était que de quelques années. Heureusement les esclaves se révoltèrent et devinrent citoyens français en 1794. Avant l’abolition, ils faisaient vivre un Français sur huit et assuraient l’équilibre du commerce extérieur de ce pays. Les richesses procurées aux Français par le travail criminellement infligé aux esclaves se chiffrerait en dizaines de milliards d’euros. Ce préjudice n’a jamais été réparé, ni seulement regretté.

3. Les crimes contre l’humanité de 1802-1803. 

En 1802 et 1803. La France, bafouant les acquis de la Révolution, a tenté de rétablir l’esclavage en Haïti. Devant l’impossibilité de ce rétablissement, un génocide a été tenté avec des moyens qui rappellent parfois les heures les plus sombres du XXe siècle. La guerre civile et les exactions commises par la France pendant la période 1802-1803 ont causé autant de victimes parmi les Haïtiens que le tremblement de terre de 2010.

 


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